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Corps célestes

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Les nouvelles aventures de l'Explorateur par Christelle GARRIC au Musée des Arts Asiatiques

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Dans le cadre de "Photographes en Asie", le musée des arts asiatiques accueille l'artiste Christelle Garric avec l'exposition "Corps célestes, les nouvelles aventures de l'explorateur", du 15 octobre 2020 au 1er mars 2021.

Dans cette série, réalisée à Bangkok en janvier 2020, la photographe met en scène la rencontre d’un voyageur cosmique avec une jeune Thaï dans différents quartiers de la mégapole. Empruntant les codes du conte, cette fiction mêle des plans de cinéma et la narration du roman-photo dans une atmosphère feutrée et fantastique au cœur d’un Bangkok vibrant et contemporain.

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La genèse de l'explorateur

Partie d’un vieux casque de sableur abandonné, l’histoire commence après la personnalisation de l’accessoire et la création d’un costume lors d’une résidence de recherche artistique à Villematier en juillet 2018. À l’instar d’un Garcin acteur de son mini-théâtre ou d’un Méliès qui voyage sur la lune depuis son studio de Montreuil, Christelle Garric incarne elle-même l’Explorateur, un spationaute suivant une quête futuro-philosophique à travers les dimensions.

Étapes artistiques depuis 2018

Un premier épisode de « l’Explorateur » est réalisé entre Barcelone et Toulouse en 2018. Le projet, dans un premier temps photographique, donne également lieu à un court-métrage de 14mn intitulé « épisode 1 : ode au futur intérieur ».

Le second volet se déroule à Bangkok et met en scène la rencontre d’un voyageur cosmique avec une jeune Thaï dans différents quartiers de la mégapole, depuis les buildings de Huai Kwang jusqu’aux khlongs de Hua Mak en passant par les chantiers de Bang Sue et les temples de Thonburi. Le personnage y traverse des portes lui permettant de passer d’un monde à l’autre en jouant de flux énergétiques mystérieux. C’est ce projet narratif, empruntant aux codes du conte, du roman-photo, du cinéma et de la bande dessinée, qui est, en partie, présenté au musée départemental des arts asiatiques.

Une nouvelle étape doit encore compléter ce projet. L’ensemble des images doivent, en effet, être montées et animées autour d’une bande son originale et prendre la forme d’un film photographique ou d’un diaporama sonore.

Derrière l'explorateur

Qu’il s’agisse des grands explorateurs ou des acteurs de la conquête spatiale, rares sont les figures féminines dont on relate les aventures et dont on célèbre les exploits.

Bien que notre imaginaire et notre mémoire soient profondément marqués par l’empreinte masculine, notre époque connait un tournant avec la réhabilitation de femmes scientifiques, sportives, aventurières ou encore artistes.
Par le biais de L’Explorateur, qui est en fait une exploratrice, l’artiste interroge le spectateur sur l’identité, le genre et le statut du personnage et cherche une figure universelle au-delà du genre.

Pas de rampe de lancement, ni de vaisseaux spatiaux. L’Explorateur ne semble pas bénéficier de technologies sophistiquées pour se déplacer et seuls un casque et une lampe constituent son équipement. Ce parti pris laisse une large part au fantasme et à l’imagination du spectateur, car, plutôt que les attributs de la science-fiction même, ce sont davantage le fantastique et l’onirisme que recherche la photographe.

Aspects techniques

Les 20 photographies exposées sont un extrait de cette histoire constituée de 12 chapitres comprenant plus de 130 images.

Pour les réaliser, Christelle Garric a utilisé un reflex numérique plein format (Pentax K1). Souhaitant tirer parti autant que possible des éclairages urbains de cette ville active jour et nuit ainsi que pour des raisons de mobilité, l’artiste n’a embarqué qu’un matériel lumière minime pour cette série.

Les photographies sont imprimées sur papier Canson Baryta contrecollé sur Dibond.

L'artiste : Christelle Garric

Biographie

Née en 1973, Christelle Garric vit et travaille en Occitanie. Alors qu’elle étudie aux Beaux-Arts de Caen, elle fait ses premiers pas en photographie en 1992 à l’aide d’un Pentax P30.

Rapidement elle partage son temps entre peinture et photographie, tournant ses recherches vers un dialogue entre les deux médiums. Elle photographie des éléments peints et peint sur ses photographies, cherchant à provoquer le trouble du spectateur sur la réalité du sujet...

En savoir plus sur l'artiste...

En complément de son diplôme national d’expression plastique, elle suit un Master en nouvelles applications Internet. Alliant ses compétences artistiques et ses connaissances en code et gestion de projet, elle travaille dans le domaine de l’interface et du web design.

En 2000, elle est recrutée par une start-up française installée à Pékin comme responsable du studio web. Elle arpente alors la ville avec son reflex, stimulée et fascinée par ce pays en pleine mutation.

De retour en France en 2002, elle s’installe à Toulouse et effectue des séjours au long cours à travers l’Asie et l’Amérique du Sud. Son travail photographique est alors principalement axé sur le voyage et occasionnellement sur des supports de communication.

Gagnée par l’envie de revenir à une pratique artistique, elle quitte son poste pour se consacrer entièrement à la photographie. Poussée par une frénésie créative, elle enchaîne les projets.
La même année, elle rencontre la scientifique Audrey Dussutour, spécialiste du blob au CNRS de Toulouse. De cette rencontre naissent les séries « Phisarum polycephalum » et « Be blob » dans lesquelles elle photographie l’unicellulaire au fil de ses transformations.

La même année, elle participe à un workshop de photojournalisme avec l’agence Zeppelin qui enrichit son approche de la photographie et démarre un sujet sur les raves-parties qu’elle poursuit aujourd’hui sous l’intitulé « Rave me ».

En 2018, elle lance « la tribu », une fiction mêlant portraits de studio et prises de vue réalisées en Équateur. Elle sera projetée au
Festival Manifesto de Toulouse et exposée à l’ambassade d’Uruguay à Paris en 2019. À l’été 2018, elle participe à une résidence de recherche artistique à Villematier d’où émerge le personnage de l’Explorateur.

Le projet prend la forme d’un court-métrage utilisant des séquences de studio et des captations sur site prises à Barcelone et à Toulouse.

En 2020, elle réalise la suite de la série à Bangkok sous la forme d’un conte photographique.

Démarche artistique

J’interviens dans les champs de la photographie et de la vidéo. J’aime raconter des histoires mêlant fiction et réalité, issues à la fois de mes rêves d’enfant et de mes préoccupations de femme du XXIe siècle. Nourrie par l’art et la pop culture, mes narrations visuelles puisent dans la science et utilisent un langage et une esthétique qui me sont propres.

Adepte de la « création-improvisation-recyclage », j’utilise autant que possible ce que j’ai sous la main ; une plante verte devient jungle, un casque abandonné se transforme en couvre-chef cosmique d’un genre low-tech assumé. On parle souvent de page blanche mais
la mienne est plutôt noire du fait de mon attachement au clair-obscur qui me vient de mon amour pour la peinture flamande des XVIe et XVIIe siècles et pour des maîtres comme Caravage ou De La Tour. Jouant avec la mise en scène et la postproduction numérique, je
fais surgir de l’ombre des figures étranges ou irréelles qui interrogent la visibilité de la femme dans l’histoire, le rôle des technologies, la place de l’homme dans l’univers ou encore l’idée de communauté avec des projets tels que « la Tribu » ou « Rave Me ».

D’autre part, je continue mes recherches en narration photographique ou séquence photographique, terme emprunté au photographe Duane Michals, pour aboutir à une forme personnelle de roman-photo. Pleinement consciente des maux de notre époque, je m’attache – avec le précieux secours de l’humour – à porter autant que possible un regard positif sur le monde et sur l’avenir.