Le Département des Alpes-Maritimes aux côtés des enfants et familles, blessés ou témoins, de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice

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L'Assemblée départementale extraordinaire du 22 juillet 2016 adopte le plan de soutien aux victimes

Image en taille réelle, .JPG 1.3Mo fenêtre modale Assemblée départementale extraordinaire du 22 juillet 2016 - Minute de silence © Département06

La barbarie a frappé la France, une fois de plus. Une fois de trop.

Cette fois, c’est notre département qui a en été la cible, à Nice, sur la Promenade des Anglais, où près de 30 000 personnes étaient réunies ce soir du 14 juillet pour assister au feu d’artifice. Des hommes, des femmes, des familles, des enfants, des bébés… L’horreur absolue de la haine, l’assassinat d’innocents, la volonté de détruire notre nation.

84 personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles 10 enfants. 330 personnes ont été blessées et, au 22 juillet, 70 sont toujours hospitalisées. Le pronostic vital est engagé pour 19 d’entre elles.

Des milliers de personnes traumatisées, dont de très nombreux enfants qui ont vu l’innommable.

Dès les premières heures qui ont suivi ce terrible attentat, une équipe sociale d’urgence du Département constituée de deux psychologues et d’un médecin a été mobilisée à la Maison du Département (MDD) de Nice, à quelques pas du lieu du drame, pour accueillir les victimes de l’attaque.

Depuis le 15 juillet, plus de 50 agents médico-sociaux du Département sont présents au quotidien sur les sites du Centre Universitaire Méditerranéen (CUM) et à la Maison d’Accueil des Victimes (MAV), rue Gubernatis, pour assurer des permanences de soutien et d’écoute de victimes, familles, proches ou témoins de l’horreur, en renfort des équipes d’urgence médico-psychologiques, qui reçoivent plus de 300 visites par jour.

Les enfants, très nombreux ce soir là, sont particulièrement victimes de ce drame. Un tel événement peut produire des conséquences post-traumatiques importantes pour les familles et les enfants qui en ont été les témoins. Ces conséquences peuvent se manifester jusqu’à plusieurs semaines, voire plusieurs mois après l’exposition à la scène traumatique. Elles peuvent prendre la forme d’angoisses chez l’enfant, d’insomnies ou d’agitations nocturnes, mais également de prostration ou de dépression.

Face à l’ampleur des besoins et à la gravité des traumatismes, le Département, dans le cadre de sa compétence en matière de protection maternelle et infantile ainsi que de protection de l’enfance, souhaite aller plus loin en adaptant son dispositif social.

Vendredi 22 juillet 2016 à 15 heures, M. Eric Ciotti, Député, Président du Département des Alpes-Maritimes, a présidé l’Assemblée départementale extraordinaire au cours de laquelle a été présenté et adopté le plan départemental de soutien aux victimes de cet attentat. Un plan d’action rapide, ambitieux et coordonné pour répondre aux besoins des victimes directes et collatérales, qui vient compléter l'aide de l'Etat.

Cet engagement passe d’abord par l’expression de la solidarité avec les enfants devenus orphelins de père ou de mère, lors de cet attentat. A cet effet, un dispositif spécifique de soutien est proposé afin d’apporter une aide matérielle aux enfants ayant un lien avec le Département, qui ont perdu un parent lors de l’attentat. Une allocation mensuelle de 500 euros sera versée, sous vérification des conditions d’éligibilité » lors de l’examen du dossier, au détenteur de l’autorité parentale jusqu’à la majorité de l’enfant qui se verra également accorder la qualité de pupille du Département. Le Département agira également envers le très grand nombre d'enfants présents sur la Promenade des Anglais ce soir là.

Le plan d’action proposé vise à prendre en charge, dans la durée, les conséquences post-traumatiques de l’attentat pour les familles et les enfants qui en ont été les témoins. Il comprend quatre axes opérationnels :

Premier axe d’action

Depuis le jeudi 21 juillet, une cellule d’écoute et d’accompagnement dédié aux enfants et aux familles est installée en deux lieux d’accueil et d’écoute :

  • à l’ouest de la Promenade des Anglais : le centre de protection maternelle et infantile de Sainte-Hélène, situé au 172 avenue de la Californie ;
  • à l’est de la Promenade des Anglais : la Maison du Département de Nice-Centre, située au 26 rue Saint-François de Paule.

Les familles peuvent y trouver :

  • un lieu d’écoute et de diagnostic, grâce à la présence des professionnels de la petite enfance, de la jeunesse et des familles (psychologues, médecins, éducateurs spécialisés, assistantes sociales) du Département ;
  • une information sur l’ensemble des dispositifs de droit commun ;
  • une orientation sur les dispositifs d’aide aux victimes (soutien psychologique et juridique) ;
  • la mobilisation du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infrastructures (FGTI).

L’Association Française des Victimes du Terrorisme (AFVT) installera une permanence au sein de la Maison du Département de Nice Centre.

Deuxième axe d'action

Il vise à mettre en place un accompagnement collectif des familles, à travers l’organisation de groupes de paroles et d’écoute organisés à l’Ecole des Parents de Nice et du Cannet, en partenariat avec l’Unicef.

Troisième axe d'action

Il porte sur la mise en place d’une unité de psychologues spécialisés qui seront spécifiquement formés à la gestion des situations post-traumatiques.

Quatrième axe d'action

Il concerne l’accompagnement des professionnels de l’enfance, de la protection maternelle et infantile jusqu’à la protection de l’enfance. Une campagne d’information et de sensibilisation sur les troubles post-traumatiques rencontrés chez les mineurs sera menée en direction des professionnels de la petite enfance (Aide Sociale à l'Enfance, lieux accueils petite enfance et assistants maternels) et de ceux qui ont en charge les enfants confiés au Département au titre de l’Aide Sociale à l’Enfance.

 

Au-delà de ce plan d’action, le Département s’engage à mobiliser toutes les aides individuelles présentes dans le règlement départemental d’action sociale pour venir en aide aux victimes qui en exprimeraient le besoin.

Enfin le Département s’associera financièrement à la réalisation d’un mémorial d’hommage aux victimes, en lien avec la ville Nice, dès lors que ce projet sera engagé.

Par ailleurs, cet attentat fait peser, sur l’activité économique du département des Alpes-Maritimes une menace certaine. Comme cela s’est produit à Paris, à la suite des deux dernières vagues de terrorisme, l’ensemble des acteurs économiques en lien avec le tourisme ont connu une baisse de fréquentation brutale et durable.

En relation étroite avec le Comité régional du Tourisme, présidé par David LISNARD, le Département renforcera les actions de communication en faveur de la destination Côte d’Azur et se tiendra en mesure d’apporter un soutien spécifique aux secteurs économiques les plus affectés.

 

Après l’horreur, il va nous falloir lutter, relever la tête, vaincre le terrorisme, et retrouver l’espoir. Citons les mots si justes de Georges Bernanos qui écrivait en 1945 :

« L'espérance est un risque à courir (…)
On ne va jusqu'à l'espérance qu'à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l'espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu'au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore
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