Route des jardins

Jardin Botanique de la Villa Thuret

Le botaniste Gustave Thuret crée un parc paysager du second empire avec l’aide d’Edouard Bornet. Sa création fut aisée car cet espace possède plusieurs microclimats et un sol riche.

Par la suite, les lieux commencèrent peu à peu à être délaissés. D’ailleurs, Georges Sand dénoncera ce délabrement dans « Lettre d’un voyageur » en 1868 :

“Placé sur une langue de terre entre deux golfes, il offre un groupement onduleux d’arbres de toutes formes et de toutes nuances, qui sont assez élevés pour cacher les premiers plans du paysage environnant [...] On est dans un Eden qui semble nager dans l’immensité. Rien, absolument rien entre cette immensité sublime et les feuillages qui vous ferment l’horizon de la côte, cachant ses pentes arides, ses constructions tristes, ses mille détails prosaïques [...]. Il est à craindre que dans quelques années les arbres grandissant ne cachent la mer. Quelques années de plus et ils cacheront les Alpes [...]. Ce ne sera plus qu’un beau jardin botanique.”

L’issue finale sera la légation à l’Etat mettant le jardin sous la tutelle de l’INRA. Ce dernier a constitué un jardin rempli de végétaux ligneux, subtropicaux et de plantes de zone tempérée chaude parmi lesquels des raretés comme le cyprès de Guadalupe. Les possibilités botaniques de la région se sont enrichies grâce à l’introduction de ces végétaux, et notamment avec des plantations dans l’Estérel en collaboration avec l’ONF.

Ici, on se trouve au cœur du laboratoire de l’adaptation, au climat de la Riviera, des arbres des zones subtropicales du monde entier. Une grande partie de la luxuriance végétale de la région, l’une de ses caractéristiques dominantes, est redevable aux travaux des botanistes et à leurs expérimentations de l’acclimatation des espèces importées.

Ainsi cohabitent sans difficulté dans le jardin, de grands végétaux provenant des îles Canaries, d’Afrique du Sud, de Nouvelle-Zélande, de Californie et de certaines parties de l’Inde, de la Chine, du Japon, de l’Australie, du Mexique, du Brésil, du Chili et de quelques autres régions du globe où s’exerce ce que l’on nomme le climat méditerranéen.Tracé par Gustave Thuret, le parc de type irrégulier est occupé par un ensemble végétal d’une grande diversité de port, de teinte et de texture. Depuis le début des plantations, quelque quatre-vingt mille végétaux ligneux ont été testés dans le jardin de 3,5 hectares, où sont rassemblés en permanence dans les deux mille six cents plants d’espèces et de variétés différentes.

À la vocation initiale du Jardin Thuret d’introduction de végétaux des pays chauds et par la suite, d’intégration horticole de nouvelles espèces dans la région, a été ajouté en 1938 un service de pathologie végétale que les horticulteurs peuvent consulter. Les recherches du service de botanique s’orientent également vers la reconstitution de la forêt méditerranéenne décimée par les incendies, et vers le rétablissement du couvert végétal des zones dégradées par l’érosion naturelle, par l’action des embruns que suractive la pollution et par l’urbanisation.