Candidature au patrimoine mondial de l'UNESCO "Les Alpes de la Méditerranée"

Le Département est co-candidat de l’inscription des « Alpes de la Méditerranée » au Patrimoine mondial de l’UNESCO, conduite par le groupement Européen de Coopération Territoriale « Parco Alpi-Marittime / Mercantour ».

© Département06

Un site exceptionel

© Parc National du Mercantour

Le site objet de la candidature, en Bien coeur s’étend sur une superficie d'environ 200 000 ha. C’est un site transfrontalier, sériel (8 périmètres), axé sur les valeurs géologiques selon les critères de l'UNESCO (critère VIII) et constitué par un périmètre à la fois terrestre et marin appartenant à 3 États : Monaco, Italie et France. L’État monégasque est concerné par une emprise marine.

Ce site transfrontalier est situé au sud de la chaîne alpine, entre les Départements des Alpes-Maritimes et des Alpes-de-Haute-Provence dans le sud-est de la France et les Régions du Piémont et de la Ligurie dans le nord-ouest de l’Italie. C’est un espace préservé qui  englobe des zones naturelles protégées limitrophes telles que le Parc Européen Alpi Marittime/Mercantour, le Parc Alpi Liguri, les sites d’intérêt communautaire de la Province d’Imperia et du Département des Alpes-Maritimes, ainsi qu’un domaine marin englobant une vaste portion de la marge continentale entre Villefranche sur Mer, Monaco et Vintimille.

Les origines géologiques de la région remontent à 400 millions d’années ; le site montre, au sein d’un même lieu et d’une manière claire, la formation de deux chaines de montagnes (Varisque et Alpine)  auxquelles se superpose, vers -30 millions d’années, le phénomène tectonique de l’ouverture de la Méditerranée Occidentale. Ce dernier phénomène tectonique conduit à la rupture transversale d’une chaîne de montagnes encore jeune, les Alpes occidentales, par l’ouverture d’un bassin océanique : la Méditerranée occidentale.

Le site étant très facile d’accès au grand public, il est possible d’observer une grande diversité de roches et de structures de déformation qui constituent un extraordinaire témoignage pour la science et pour sa transmission au grand public.

Le territoire  des « Alpes de la Méditerranée » abrite une histoire géologique unique à fort gradient altitudinal dont la valeur exceptionnelle s’étend sur huit espaces en séries.

Ces 8 domaines renferment les différents attributs qui déclinent l’histoire géologique et l’originalité de la valeur universelle exceptionnelle :

Carte et plan du Bien et de la zone tampon

Carte générale des zones concernées par la candidature au patrimoine de l'UNESCO - Image en taille réelle, .JPG 1,45Mo (fenêtre modale)

La zone 1 - Argentera-Mercantour :

- Image en taille réelle, .JPG 1,68Mo (fenêtre modale)Paysages des terres noires Jurassiques de la fenêtre tectonique de Barcelonnette le long du trek Mercantour© Parc National du Mercantour

C’est la mémoire, dans les Alpes maritimes, du cycle géologique le plus ancien (« cycle Varisque » entre -400 et -290 millions d’années) à l’origine de la plus grande chaîne de montagnes que la Terre ait jamais connu. Cette zone s'étendant sur 98 043 ha correspond essentiellement au Parc Européen Alpi Marittime/Mercantour constitué par :

  • Le Parco naturale delle Alpi Marittime +  Natura 2000 italienne adjacente, largement dominés par les habitats rocheux, environ 47 % de leur surface ;

  • Le Parc national du Mercantour dont 62 660 ha sont en « zone cœur » du Bien c'est-à-dire sous statut spécial de protection. 

La zone 2 - Daluis :

- Image en taille réelle, .JPG 2,01Mo (fenêtre modale)Pélites du Daluis© Département06

C’est une réserve géologique déjà identifiée qui montre les témoins de la transition (entre -290 et -235 Ma) entre le cycle ancien (Varisque) et la formation de la future chaîne des Alpes avec des sédiments qui résultent de l'érosion de la chaîne géante.

La zone 3 - Marguareis-Toraggio :

- Image en taille réelle, .JPG 1,46Mo (fenêtre modale)Strates sédimentaires plissées du Marguareis© Parc du Marguareis

Elle montre des roches et des structures qui décrivent la genèse des Alpes, depuis un océan jusqu’à une chaîne de collision. C’est le cycle alpin sensu-stricto (entre -230 et -28 Ma). 

Cette zone couvre les parcs naturels régionaux du Marguareis, Alpi-Ligurie et une partie du parc Alpi-Marittime, ainsi qu'une zone Natura 2000 italienne et française, et une petite réserve biologique française de l'ONF.

La zone 4 - Peira-Cava :

- Image en taille réelle, .JPG 1,63Mo (fenêtre modale)Plis sédimentaires de Peira-Cava© E. Vincette - Département06

C’est le lieu historique de définition de la « séquence de Bouma » (du nom du grand géologue néerlandais qui l’a identifiée) qui sert de série sédimentaire de référence mondiale pour la définition des bassins sédimentaires marqueurs de la collision alpine. 

La zone 5 - Ours-Grammondo :

- Image en taille réelle, .JPG 1,17Mo (fenêtre modale)Vue du Mont Agel du Grand Mont© L. Dalstein-Richier

Elle contient les structures tectoniques alpines ré-activées et déformées  pendant le début de l’histoire de la Méditerranée occidentale  (il y a -28 Ma). Les Alpes-Maritimes sont le seul lieu de toute la chaîne alpine au sein duquel les structures alpines sont ainsi déformées et donc réorientées à cause de l'ouverture de la Méditerranée. Elles comprennent les zones Natura 2000 du Careï et du Mont Grammondo.

La zone 6 - Cap Ferrat-Canyon de la Roya :

- Image en taille réelle, .JPG 1,35Mo (fenêtre modale)Plage de la Mala à Cap d'Ail© Philippe Mondielli

C’est la Méditerranée (océan liguro-provençal) avec ses 3 zones tampons (Roquebrune Cap-Martin, Cap d’ Ail, Villefranche) qui font le lien terre/mer et qui renferment les attributs démontrant la lacération transversale des Alpes par un jeune bassin océanique (entre -28 Ma et l’actuel). Elle comprend les zones Natura 2000 marines du Cap Ferrat et de Roquebrune Cap-Martin et les eaux territoriales françaises, italiennes et monégasques.

La zone 7 - La Grande Corniche :

- Image en taille réelle, .JPG 1,52Mo (fenêtre modale)Vue Eze et Cap Ferrat depuis le parc naturel départemental de la Grande Corniche© L. Dalstein-Richier

Elle contient les attributs qui démontrent l’inversion de la marge océanique liguro-provençale et donc la fermeture future de la Méditerranée en réponse à la cinématique Afrique-Europe. C ‘est un nouveau cycle géodynamique qui s’annonce. Cette zone comprend le site Natura 2000 de la Grande Corniche.

La zone 8 - Peille-Peillon :

- Image en taille réelle, .JPG 1,64Mo (fenêtre modale)Faille de Peille© E. Vincette - Département06

Elle correspond à la faille active de Peille-Laghet. C‘est la structure tectonique (et sismique) la plus connue aujourd’hui dans les Alpes-Maritimes. Cette zone, toute petite, démontre que les Alpes sont toujours actives et qu'elles ont donc été découpées avant la fin de leur "cycle de vie".

Justification de la valeur universelle exceptionnelle(1) de la future proposition d'inscription dans son ensemble :

Le Bien proposé a une valeur universelle dans la mesure où il modifie la compréhension qu’ont les géologues de l’histoire et du fonctionnement géodynamique de la planète Terre. Cet exemple permet de compléter la vision générale du fonctionnement de la dynamique terrestre. Il est un témoin exceptionnel de la tectonique mondiale dans la mesure où il améliore de façon significative notre compréhension de l’histoire de la Terre.     

Le Bien proposé est également exceptionnel et unique car il offre sur un seul territoire de dimensions réduites, la réunion d’attributs géologiques résultant de la succession de trois cycles géodynamiques « dit de Wilson » témoignant d’une l’histoire géotectonique continue, au cours des derniers 400 millions d’années.

(1) Dans le cas de biens transnationaux et transfrontaliers, toute modification nécessitera l’accord de tous les États parties concernés.

Dans le cadre de l’expertise du dossier de candidature UNESCO « Alpes de la Méditerranée », visite des experts de l’UICN entre le 13 et le 21 septembre 2018

JOUR 1 : Arrivée des experts, accueil protocolaire.

- Image en taille réelle, .JPG 12,27Mo (fenêtre modale)Jour 1 : Présentation du dossier - professeur G.Guido© DR

Thermes de Valdieri - Jeudi 13 septembre 2018

Jeudi 13 septembre 2018, deux experts de l’UICN international ont été accueillis aux prestigieux Thermes royaux de Valdieri en Italie où un accueil protocolaire avec des représentants des trois États a été prévu. Cette nouvelle étape a permis à l’ensemble des intervenants transfrontaliers italiens, monégasques et français de présenter de façon pragmatique les atouts géologiques et naturels de la Candidature intitulée « Alpi-Marittime-Les Alpes de la Méditerranée ».

Les Alpes de la Méditerranée  sont exceptionnelles pour au moins trois raisons :

  • Tout d’abord, elle expose sur une distance d’à peine 70 km, trois cycles géodynamiques successifs remarquables et facilement visibles et accessibles.
  • Ensuite, le «Bien proposé » permet ainsi d’accéder à l’histoire de la Terre  sur plus de 400 millions d’années.
  • Enfin, autre particularité unique et formant le cœur de cette candidature, ce « Bien candidat » est le seul à offrir un découpage transverse d’une chaine de montagne de collision non encore érodée (Les Alpes) par l’ouverture d’un espace océanique : la Méditerranée occidentale. Une particularité que les scientifiques porteurs du projet n’hésitent pas à qualifier « de véritable trésor scientifique sous les pieds des habitants ». Les « Alpes de la Méditerranée » présentent un nouveau type de transition tectonique entre chaîne de montagnes et bassin océanique, ce qui conduit la communauté des  géologues à reconsidérer la compréhension classique qu’elle a  du cycle géotectonique terrestre.

Pour les jours qui ont suivi en Italie,  trois parmi les huit sites territoriaux ont été parcourus  sous un ciel virant entre le plomb et le bleu azur. A pied ou en empruntant des pistes frontalières en 4x4,  les Parcs naturale régionale  Alpi Maritime, Marguareis et Alpi Ligurie, ainsi que toutes les zones Natura 2000 de la CARF ont été examinés par les experts. Ils représentaient  une partie des  points culminants d’une candidature dont le dénivelé cumulé voisine avec les 5000 mètres : des hauteurs de l’Argentera aux fosses abyssales des fonds marins de Monaco.

Huit sites sont pratiquement connectés entre eux par leur zone tampon qui ont le mérite  d’agréger des valeurs géologiques communes  et d’assurer la connectivité pour  la  conservation des attributs  géologiques formant ces grands ensembles paysagers (montagnards, valléens et marins) aussi divers que variés. Cette candidature a su associer au sein d’un projet à résonance mondiale, une gouvernance transfrontalière partagée, ce qui mérite d’être souligné.

JOUR 2 : Les Grands attributs du cycle varisque

- Image en taille réelle, .JPG 2,02Mo (fenêtre modale)Jour 2 : Visite du site Alpi Marittime à pied et en hélicoptère© L.Dalstein-Richier

- Image en taille réelle, .JPG 5,55Mo (fenêtre modale)Jour 2 : Visite du site Alpi Marittime à pied et en hélicoptère © PNRAM

Alpi Marittime et Mercantour - Vendredi 14 septembre 2018

Cette journée est au cœur de la partie terrestre du Bien proposé. Les Parcs Alpi Marittime- Mercantour reflètent la mémoire du plus ancien cycle géodynamique varisque (entre -400 et -290 millions d’années). Caractérisé par le massif granitique de l’Argentera, ce sont des espaces sauvages magnifiques qui s’offrent à la vue des experts.

Devant l’ampleur et la complexité géographique des huit sites concernés (200 000 ha), l’hélicoptère a été le moyen de transport le plus approprié pour offrir une nécessaire vue d’ensemble de la candidature. Ce vol, effectué sous une météo qui s’est avérée malheureusement capricieuse, a précédé des excursions de terrain ciblant les particularités géomorphologiques des thématiques propres à chaque journée, en l’occurrence le cycle varisque : Piano del Valasco, Lac de Valscura, Caserne de la Baisse du Druos puis redescente vers le lac del Claus pour arriver enfin au singulier et bien mérité refuge : le Pavillon royal de chasse de Valasco.

En complémentarité, l’Unesco demandait à ce que les experts rencontrent chaque jour les acteurs du territoire et abordent des thématiques différentes : élus locaux et représentants ministériels, acteurs des espaces naturels concernés, opérateurs du tourisme alpin, bergers, éleveurs,  chasseurs, commerçants et résidents, etc. L’objectif étant de vérifier que la candidature s’appuyait bien sur un tissu local, conscient des futurs enjeux de leur territoire. Chaque journée est systématiquement articulée et structurée autour des mêmes partenaires : les personnes impliquées dans l’organisation de la visite du site, la délégation permanente du Groupe projet et enfin, les intervenants à la journée issus de chaque lieu visité.

Des acteurs de terrain ont été interrogés précisément sur « ce qu’ils attendaient de la reconnaissance de ce patrimoine géologique par l’Unesco » (fréquentation, portage local, implication, etc.).

- Image en taille réelle, .JPG 1,54Mo (fenêtre modale)Jour 2 : Visite du site Alpi Marittime à pied et en hélicoptère © PNRAM

JOUR 3 : Les grands attributs du cycle alpin

Marguareis-Toraggio - Samedi 15 septembre

Le site de Marguareis-Toraggio possède la particularité de permettre l’observation des roches et des structures qui décrivent la genèse des Alpes. Il illustre non seulement dans sa totalité le cycle alpin (entre -230 et -28 millions d’années) mais aussi la formation des sédiments alpins lors de l’ouverture du bassin océanique.

A nouveau, à travers des paysages quasi  mystiques, les arguments des scientifiques ont permis de rappeler aux experts de l’Unesco que la Candidature s’étayait avant tout sur une rigoureuse et véritable démonstration géologique le long des parois vertigineuses franco-italiennes allant de Vernante à Triora en passant par le refuge de Don Barbera.

L’arrêt à Monte Saccarello a permis la rencontre avec les représentants de l’association d’alpinisme et le maire de Briga Alta. Sur Triora, le thème abordé de cette journée concernait « les opérateurs du tourisme, des administrateurs locaux, des représentants des barrages hydroélectriques sur le thème des échanges de communication transfrontaliers entre les collectivités locales italienne et française: la Brigue, Tende, Triora, Limone. ».

- Image en taille réelle, .JPG 3,48Mo (fenêtre modale)Jour 3 : Paysages du Marguareis, de Ligurie et des zones Natura 2000 franco-italiennes transfrontalières© L.Dalstein-Richier

- Image en taille réelle, .JPG 3,39Mo (fenêtre modale)Jour 3 : Paysages du Marguareis, de Ligurie et des zones Natura 2000 franco-italiennes transfrontalières© L.Dalstein-Richier- Image en taille réelle, .JPG 3,02Mo (fenêtre modale)Jour 3 : Paysages du Marguareis, de Ligurie et des zones Natura 2000 franco-italiennes transfrontalières© L.Dalstein-Richier

- Image en taille réelle, .JPG 3,10Mo (fenêtre modale)Jour 3 : Paysages du Marguareis, de Ligurie et des zones Natura 2000 franco-italiennes transfrontalières© L.Dalstein-Richier- Image en taille réelle, .JPG 2,17Mo (fenêtre modale)Jour 3 : Paysages du Marguareis, de Ligurie et des zones Natura 2000 franco-italiennes transfrontalières© L.Dalstein-Richier

JOUR 4 : Transition entre les cycles varisque et alpin.

Réserve Naturelle Géologique Régionale de Daluis - Dimanche 16 septembre 2018

En ce dimanche 16 septembre, c’est au tour de l’équipe française de prendre le relais pour accueillir le groupe et les experts arrivés par les gorges de Daluis en direction du Pont de Berthéou.

Le site des gorges de Daluis vient témoigner à son tour de la transition (entre -290 et -235 millions d’années) entre le cycle ancien (varisque) et la formation de la future chaîne des Alpes. Il est un des lieux les plus favorables à l’observation des sédiments qui résultent de l’érosion de la chaîne de montagne (varisque) et de l’ouverture de l’océan, période où la mer envahit le continent.

C’est sous la houlette passionnée d’un géologue, d’un minéralogiste et de la conservatrice de la Réserve que le groupe a gravi, à pas mesuré, ce canyon localement appelé le « petit Colorado niçois », caractérisé par sa couleur spécifique due à la présence de pélites, roches sédimentaires d’un rouge violacé.

Après un pique-nique au spectaculaire Point Sublime, la descente s’est effectuée vers la Citadelle Saint-Elme de Villefranche-sur-Mer où de nombreux représentants d’associations de protection du patrimoine et de l’environnement, de l’Institut de la Mer et des élus locaux sont venus accueillir le groupe. Si la Candidature aboutit, ce haut lieu de l’architecture militaire devrait en effet être l’écrin du futur centre marin d’interprétation  et de rencontre qui permettra alors de visualiser par une scénographie de pointe,  les failles et canyons abyssaux marins , aboutissements de la démonstration scientifique du déroulé géologique.

Après la visite du site, le groupe de dirige ensuite vers la salle des mariages de la mairie où le thème de la discussion concernera « la justification de la sérialité du périmètre en fonction de la V.U.E, de la protection du patrimoine géologique et de l’éducation et sensibilisation à la géologie au niveau scolaire et grand public. »

- Image en taille réelle, .JPG 2,31Mo (fenêtre modale)Jour 4 : Paysages du site n°2 RNR de Daluis© L. Dalstein-Richier

- Image en taille réelle, .JPG 5,27Mo (fenêtre modale)Jour 4 : Paysages du site n°2 RNR de Daluis© L. Dalstein-Richier- Image en taille réelle, .JPG 5,82Mo (fenêtre modale)Jour 4 : Détail des Pélites© L. Dalstein-Richier- Image en taille réelle, .JPG 4,47Mo (fenêtre modale)Jour 4 : Explication géologique par le Professeur Jean-Marc Lardeaux© L. Dalstein-Richier

- Image en taille réelle, .JPG 2,26Mo (fenêtre modale)Jour 4 : Site n°6 marin avec baie de Villefranche-sur-mer et Cap-Ferrat© L. Dalstein-Richier

JOUR 5 : La lacération transversale des Alpes par la Méditerranée et l’inversion de la marge

Parc de la Grande Corniche - Cap Ferrat - Canon de la Roya - Monaco - Lundi 17 septembre 2018

En ce début de semaine, la zone de bordure côtière avec ses interfaces et ses failles marines vient prendre le relais de la Citadelle Saint-Elme en illustrant la jonction du continent et de la Mer Méditerranée. C’est le seul secteur marin qui renferme les attributs démontrant la lacération transversale des Alpes par un bassin océanique très récent et postérieur.

C’est avec le parc de la Grande corniche et une superbe vue sur Èze que commence cette cinquième journée de visite. C’est le moment où chacun constate que la montagne accomplit le grand saut dans la mer.

Avec la visite des vestiges du volcan éteint du Cap d’Ail qui suivra (Pointe des Douaniers),

 et après un déjeuner aux Jardin des Douaniers, c’est ensuite au tour de la Principauté de Monaco de prendre le relais de cette visite des experts de l’Unesco par une réunion très technique au Musée océanographique consacrée à « la protection et l’intégrité des sites terrestres et marins (Natura 2000) et les menaces potentielles ».  Pour cela, de nombreux intervenants spécialisés et représentants des accords Ramoge et Pelagos, des sites Natura 2000 terrestres et marins ainsi qu’un éminent professeur de droit international ont donc répondu aux interrogations des deux experts.

Le retour vers St Jean Cap-Ferrat où seront hébergés les participants se fera par bateau, moyen le plus approprié pour la perception de l’emprise du site marin (entre Cap-Martin/Monaco et Cap-Ferrat ) en surplomb du canyon de Monaco dont les profondeurs abyssales ne pouvaient que se laisser deviner à travers d’indispensables cartes marines et l’argumentaire de l’expert marin.

Cette journée à nouveau bien remplie, se terminera  par le tour de la pointe du Saint Hospice au Cap-Ferrat afin de visualiser les attributs et les failles encore visibles sur cette zone côtière.

- Image en taille réelle, .JPG 1,76Mo (fenêtre modale)Jour 5 : Explications géologiques de Jean-Marc Lardeaux © PNAM

- Image en taille réelle, .JPG 1,91Mo (fenêtre modale)Jour 5 : Visite du site n°7 de la Grande Corniche
© L.Dalstein-Richier
- Image en taille réelle, .JPG 3,31Mo (fenêtre modale)Jour 5 : Visite du site n°7 de la Grande Corniche© L.Dalstein-Richier

- Image en taille réelle, .JPG 2,97Mo (fenêtre modale)Jour 5 : Visite du site n°6 de Cap d’Ail et Cap-Ferrat © L.Dalstein-Richier- Image en taille réelle, .JPG 1,85Mo (fenêtre modale)Jour 5 : Visite du site n°6 de Cap d’Ail et Cap-Ferrat © L.Dalstein-Richier- Image en taille réelle, .JPG 2,64Mo (fenêtre modale)Jour 5 : Visite du site n°6 de Cap d’Ail et Cap-Ferrat © L.Dalstein-Richier- Image en taille réelle, .JPG 1,53Mo (fenêtre modale)Jour 5 : Explications géologiques de Messieurs Jean-Marc Lardeaux et Jean Mascle et assistance de Monsieur Philippe Mondielli© L.Dalstein-Richier

- Image en taille réelle, .JPG 2,94Mo (fenêtre modale)Jour 5 : Visite du site n°7 de la Grande Corniche© L.Dalstein-Richier

- Image en taille réelle, .JPG 4,78Mo (fenêtre modale)Jour 5 : Visite du site n°6 de Cap d’Ail et Cap-Ferrat © L.Dalstein-Richier

JOUR 6 : Un haut lieu de l’histoire des Sciences de la terre et une faille active

Lucéram – Peira-cava – Mont Ours-Grammondo – Peille/Peillon - Mardi 18 septembre 2018

Cette  zone stratigraphique de Lucéram/Peira-Cava  est un des lieux historiques, au niveau mondial, de définition de la séquence dite de « Bouma », où l’on peut observer le mécanisme de formation des sédiments (séquence dite turbiditique).

Avec Mont Ours-Grammondo,  si les zones Natura 2000 sont à nouveau  présentes, ce site possède avant tout la particularité de permettre l’observation de la superposition des structures tectoniques alpines et méditerranéennes.

« Qu’est ce que la candidature va apporter comme avantage et quels seront les défis futurs ? » C’est autour de cette thématique que s’est ensuite déroulé le repas champêtre offert par les municipalités de Peille, Peillon et Lucéram  au Col de la Madone sur la commune de Peille. Les experts ont ainsi pu questionner, écouter, appréhender les attentes locales à travers les acteurs de la chasse, du monde sportif et touristique, des aubergistes, commerçants, techniciens des risques naturels du département 06 et des élus locaux.

Puis le groupe s’est dirigé vers la faille active de Peille-Laghet qui s’est laissée progressivement dévoiler par un chemin romain, au fond d’un vallon  boisé. En fin d’après-midi, dans la continuité de cette particularité géologique, c’est aux abords d’un autre vallon discret que s’est présenté un autre aspect de la faille active de Peille/Peillon sous la forme d’une « faille » inclinée de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Plusieurs  d’entre elles se trouvent dans ce même vallon. C’est l’une des plus connues dans les Alpes du Sud.

- Image en taille réelle, .JPG 2,83Mo (fenêtre modale)Jour 6 : Visite du site n°4 à Peira-Cava (séquence de Bouma)© PNAM- Image en taille réelle, .JPG 2,96Mo (fenêtre modale)Jour 6 : Visite du site n°5 ( Natura 2000 Ours-Grammondo) © PNAM

- Image en taille réelle, .JPG 3,29Mo (fenêtre modale)Jour 6 : Visite du site n°8 - Failles de Peille-Peillon© PNAM

JOUR 7 : Parc National du Mercantour.

- Image en taille réelle, .JPG 2,75Mo (fenêtre modale)Jour 7 : Visite du site n°1 - Parc National du Mercantour - Lac Nègre© L. Dalstein-Richier

- Image en taille réelle, .JPG 4,15Mo (fenêtre modale)Jour 7 : Visite du site n°1 - Parc National du Mercantour - Lac Nègre© PNAM

Col de Salèse – Lac Nègre - Mercredi 19 septembre 2018

Sur une  proposition du géologue -qui a été relevée par les experts-, la journée du 19 septembre a été consacrée à une randonnée d’une journée dans le parc national du Mercantour. Du col de Salèse au lac Négre, les démonstrations scientifiques ont été à nouveau martelées. Un choix « pédagogique » pertinent pour souligner la cohérence et la rigueur démonstrative de la Candidature lors de cette dernière journée de terrain. C’est à nouveau,  une  plongée dans le cycle géodynamique varisque.

- Image en taille réelle, .JPG 2,99Mo (fenêtre modale)Jour 7 : Visite du site n°1 - Parc National du Mercantour - Lac Nègre© PNAM

JOUR 8 : La gouvernance transfrontalière et la stratégie de cogestion.

Journée officielle de clôture à l’Hôtel du Département des Alpes-Maritimes. - Jeudi 20 septembre 2018

Avec ce jeudi 20 septembre, les journées d’arpentage de  terrain s’achèvent. Mais tous reconnaissent leurs richesses et le caractère remarquable du patrimoine parcouru, certes, dans une concentration  continue et un stress non dissimulé mais toujours dans un esprit convivial conforté par l’accueil chaleureux.

Un départ matinal des hauteurs de  Saint-Martin-Vésubie pour rejoindre le littoral en vue d’aborder une journée de réunion sur les thématiques « d’approfondissement de la stratégie de cogestion dans le cadre de la gestion future du patrimoine géologique et les relations fonctionnelles entre les territoire marins et terrestres. »

Au final, c’est donc une étape  franchie en attentant les deux dernières: l’avis du panel d’expert de l’UICN au mois de janvier et mars et la décision finale à Bakou en Azerbaïdjan en juin-juillet 2019.

Cette journée s’est ensuite prolongée par un dîner de clôture à la Principauté de Monaco suivi d’une nuitée au sanctuaire de Laghet. 

JOUR 9 : Retour et avis des experts

Hôtel du Département des Alpes-Maritimes - Vendredi 21 septembre 2018 (matinée)

En comité restreint, cette dernière demi-journée avant le départ des experts et du comité aura eu pour objet de réaliser une synthèse de la mission de terrain et de faire un débriefing sur les premiers retours d’évaluation.

C’est sur ces nombreux domaines de réflexion que les participants se séparent provisoirement.