Villa Rothschild

Située à deux pas du parc Vallombrosa, la villa Rothschild s’élève au centre de l’ensemble des jardins plantés par les Anglais venus s’installer à l’ouest du petit port de pêche de Cannes qui, en 1834, séduisit Lord Brougham.

À présent bibliothèque municipale, la villa Rothschild est un lieu d’accueil fort apprécié des Cannois. Resté intact, le jardin témoigne du savoir-faire paysager anglais adapté aux terrains souvent accidentés et peu étendus de la Riviera. L’architecte Charles Baron dessina les plans du Cercle nautique (1863) et du grand Théâtre de Cannes (1880) avant d’œuvrer ici pour James de Rothschild. La villa rappelle les grandes maisons de plaisance du XVIIIe siècle en Italie. Comme celles-ci, elle comporte une avancée en hémicycle du côté de la vue sur le domaine mais à l’arrière, le porche d’entrée couvert est un apport du XIXe siècle. Selon Stephen Liégeard, son implantation donna lieu à quelques bouleversements du terrain : “(...) luxueuse habitation assise, à coups de millions, par un architecte habile, sur l’aire nivelée de chalets détruits, de rious mis à sec, de chemins déclassés qui sont devenus des bosquets”. Le plan du jardin est très simple : la grande maison domine une pelouse centrale légèrement creusée, que délimitent des allées courbes de tracé fluide, propices à la promenade. Ces allées qui suivent la périphérie du jardin, permettent de percevoir l’architecture de la demeure sous tous ses angles, en une série de séquences cadrées par les troncs des grands arbres et par les collections de végétaux subtropicaux.

Douze espèces ou variétés de palmiers, trois de cycas, sept de conifères, trois de magnolias, auxquels se joignent arbousiers, catalpas, paulownias et de nombreux spécimens précieux formant à des niveaux différents, un boisement exotique plus ou moins dense. Seconde richesse du jardin : ses éléments aquatiques. Au nord de la maison, une petite cascade enveloppée de plantes humifères se fait entendre dans la cour d’entrée. Issu du canal de la Siagne alimentant Cannes depuis 1868 (travaux financés par une société anglaise), le flux d’eau disparaît pour resurgir du côté ouest où son cours rocailleux serpente sous les cycas et les chamérops. Petites constructions originales, un colombier de bois émerge d’une touffe de bambous près de la conciergerie, un réservoir est traité en tourelle pittoresque dans l’angle opposé du jardin et, tout en bas, un ancien passage rocheux en escaliers permettait autrefois un accès à la route de Fréjus, pour rejoindre une venelle menant à la plage du Midi.