Exposition

Enfers et fantômes d’Asie

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Exposition du 1er août au 30 novembre 2020.

Image en taille réelle, .JPG 397Ko (fenêtre modale)

Plongée dans le monde des esprits, de l’épouvante et des créatures fantastiques, l’exposition « Enfers et Fantômes d’Asie » présentée en 2018 au musée du quai Branly – Jacques Chirac s’empare des histoires de fantômes en Asie Orientale et du Sud-est du XVIe siècle à nos jours.

Un parcours aux frontières du réel, où se croisent principalement le cinéma, l’art religieux, le théâtre, la création contemporaine, le manga ou le jeu vidéo.

Des estampes d’Hokusai à Pac-Man, des peintures bouddhiques au J-Horror – cinéma d’horreur japonais des années 1990-2000 – avec le film « Ring », du culte des esprits en Thaïlande au manga d’horreur, la figure du fantôme hante l’imaginaire asiatique depuis des siècles.

En Chine, en Thaïlande ou au Japon – terrains d’étude de l’exposition – l’engouement populaire pour l’épouvante est bien réel, imprégnant une grande diversité des productions culturelles.

Esprits errants de la forêt, femmes-chats vengeresses, revenants des enfers affamés (« walking dead »), vampires sauteurs ou yokaïs (créatures fantastiques du folklore japonais), leurs apparitions sont multiples et se jouent des époques et des supports artistiques.

Le vernissage de cette exposition s'est déroulé vendredi 31 juillet 2020 en présence de Charles Ange Ginésy, Président du Département des Alpes-Maritimes.

Jeu « chasse aux fantômes »

Une chasse aux fantômes en réalité augmentée vous est proposée dans la rotonde du musée durant l'exposition.

Tarif :

5 euros les 15 minutes

Cliquez ici pour en savoir plus sur l'exposition...

Pour mieux en saisir les codes, l’exposition ENFERS ET FANTÔMES D’ASIE propose d’explorer leur représentation dans les arts du spectacle, le cinéma ou encore la bande dessinée. Car si le bouddhisme a contribué à la construction de cet imaginaire, c’est bien en marge de la religion, dans l’art populaire et profane, que la représentation des spectres s’est surtout développée.

Le parcours suit une approche thématique et géographique. Il mêle les époques pour montrer la continuité des représentations de fantômes. Le dialogue entre art religieux ancien, théâtre, cinéma, jeux vidéos et bande dessinée, illustre l’idée que le fantôme ne meurt jamais et que ses manifestations sont imprévisibles. Les spectres apparaissent par-delà les époques et les supports artistiques.

Une place est aussi donnée à la création contemporaine : installations reproduisant les enfers des temples de Thaïlande, production de mannequins et de décors scénographiques par un studio d’effets spéciaux thaï, création d’œuvres pour l’exposition par des artistes contemporains asiatiques, montages vidéos, apparitions fantomatiques en hologramme, etc.

Masque de Nô, XVIIIe siècle, Japon, bois sculpté et peint© musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Sandrine Expilly

Fantômes errants & vengeurs

- Image en taille réelle, .JPG 2,27Mo (fenêtre modale)Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), Le spectre d’Asakura Togo, 1851, Japon, impression xylographique polychrome sur papier© musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain

Les histoires d’épouvante les plus célèbres proviennent de la tradition orale et de la littérature, et se sont majoritairement développées dans l’art populaire et profane, notamment au théâtre et au cinéma. C’est par exemple le cas d’Oiwa et Nang Nak.

Traditionnellement, l’apparition d’un défunt parmi les vivants n’a lieu que suite à une mort violente ou anormale ou si les rites funéraires n’ont pas été effectués correctement. Animé par la rancœur, le fantôme erre entre deux mondes, afin de hanter les vivants pour obtenir réparation ou accomplir son destin interrompu.

À partir du début du XVIIe siècle, le Japon entre dans une ère de paix durant laquelle les arts et divertissements florissent autour d’Edo (Tokyo), la nouvelle capitale. La bourgeoisie d’Edo se passionne pour les histoires fantastiques (kaidan) tirées de la littérature, adaptées au théâtre et illustrées dans les estampes.

C’est à cette époque que l’iconographie du yûrei apparaît, notamment de la main de Maruyama Ôkyo (1733-1795) et Katsushika Hokusai (1760-1849), qui s’inspirent du théâtre kabuki. Le yûrei de l’époque d’Edo, échevelé et vêtu d’un linceul, a traversé l’histoire du cinéma, depuis les premiers films inspirés du théâtre jusqu’à la vague de la « J-Horror ».

À la différence des estampes de fantômes, qui sont petites et se cantonnent surtout aux scènes de théâtre kabuki, les peintures de yûrei (yûrei-ga), réalisées sur des rouleaux de soie ou de papier, représentent des spectres pratiquement à taille humaine. 

Maruyama Ôkyo (1733-1795), l’un des premiers peintres de yûrei, se serait inspiré des visions qu’il avait de sa défunte épouse, Oyuki. La version du fantôme d’Oyuki conservée au musée du quai Branly – Jacques Chirac est un exemple typique de la représentation classique de la femme fantôme, aux cheveux en désordre et vêtue d’un linceul.L’iconographie inverse les codes du portrait féminin idéal tel qu’on peut le voir sur les estampes, qui se caractérise par un grand soin apporté à l’apparence et à la tenue. 

Les peintures de fantômes apparaissent à l’époque d’Edo, avec l’engouement pour les récits fantastiques (kaidan) provoqué par les « veillées aux cent bougies ». Ce sont des soirées où des convives se réunissaient pour se raconter des kaidan et, à la fin de chaque histoire, une bougie doit être éteinte, de manière à plonger progressivement la pièce dans l’obscurité. Comme des séances de spiritisme, ces veillées sont supposées à la manifestation d’un esprit ou d’une créature fantastique.

- Image en taille réelle, .JPG 4,51Mo (fenêtre modale)Fantôme (yûrei), XIXe siècle, Japon, encre et couleurs sur soie© musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain- Image en taille réelle, .JPG 3,04Mo (fenêtre modale)Maruyama Okyo (1733-1795), Le fantôme d’Oyuki, 2de moitié du XVIIIe siècle, Japon, encre et couleurs sur soie© musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain

Un nouveau genre au cinéma : la "J-HORROR"

Affiche du film « Arima Neko (Ghost-Cat of Arima Palace) » de Shigeru Kito, 1937, Japon, impression en couleurs sur papier © Shinko Kinema Oizumi/DR _ musée du quai Branly- Jacques Chirac, photo Claude GermainAffiche du film « Ngeun pak phi » (l’argent dans la bouche du fantôme), 1981, Bangkok, lithographie© musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain _ Droits Réservés

Les spectres de l’époque Edo ont connu une renaissance lors des années 1990-2000 par le biais de la nouvelle vague de l’horreur japonaise (ou « J-Horror).

Désormais, les femmes fantômes hantent les écoles, les immeubles vétustes et même les téléviseurs.
La terreur est quotidienne et l’on ne peut échapper à la malédiction de Sadako dans The Ring, de Kayako, dans Ju-on ou de la glaciale apparition de Kairo. Avec les cinéastes Hideo Nakata et Kiyoshi Kurosawa, le Japon prenait des allures de pays lugubre et oppressant au cinéma. Symptômes de la peur du millénaire, les spectres japonais aux longs cheveux vont essaimer dans toute l’Asie et l’on trouvera des soeurs de Sadako en Chine, en Thaïlande, en Corée et ailleurs.

Les fantômes superstars au japon

La tradition des histoires de fantômes de la fête des morts (O bon) se perpétuent aujourd’hui au Japon, avec les magasins de bande-dessinées qui mettent en avant des mangas d’horreur ou les vidéo-clubs qui présentent sur leurs étalages les classiques des années 1950 ou les dernières productions de J-Horror, pour l’occasion. Il n’est pas un art qui ne soit hanté par les longues dames blêmes en quête de rétribution, les femmes-chats et les autres spectres de l’époque d’Edo. Les plus connues sont Oiwa (Yotusaya kaidan/
Les Fantômes de Yotsuya), Yuki onna (la femme des neiges) et Sadako (The Ring) ou Kayako (Ju-on).

Ce sont les superstars du Japon des ténèbres.

Revenants affamés, spectres de la forêt et autres phi de Thaïland

La croyance aux esprits (phi) coexiste avec le bouddhisme dans les croyances populaires thaïes. Le concept de phi désigne plusieurs types d’entités surnaturelles : génies de la nature ou du sol, spectres et revenants affamés. Les phi les plus importants sont associés à des esprits d’ancêtres, gardiens des différents échelons de la société : maison, quartier, temple, ville, province, etc. D’autres résident dans des éléments naturels, comme les arbres, les cours d’eau ou les pierres. Généralement, les phi attachés à un lieu sont civilisés et font l’objet d’un culte régulier qui consiste d’abord en offrandes de nourriture. En revanche,
les phi sauvages, dont la plupart errent dans la forêt, ne peuvent être nourris. Ces esprits, souvent issus
de morts anormales ou violentes, cherchent à posséder leurs victimes et à leur transmettre des maladies.


PHI PRÊT : « WALKING DEAD »
Dans le bouddhisme, renaître sous la forme d’un damné famélique (phi prêt) est la dernière et la plus misérable des formes de réincarnation. Yama, le juge des enfers, a condamné ces créatures difformes à souffrir de la faim en conséquence de leurs mauvaises actions passées. Selon la croyance populaire, l’âme d’un défunt peut aussi se changer en phi prêt si le rituel funéraire et les offrandes de nourriture ne sont pas respectés. Le Traité des Trois Mondes décrit le corps mutilé de ces créatures à la bouche « petite comme le chas d’une aiguille » qui les empêche de se nourrir. Elles n’absorbent d’ailleurs que la fumée qui se dégage des aliments et apprécient surtout les plats fumants cuits à la vapeur. Comme les phi prêt résident dans le premier enfer, juste en dessous du monde des humains, ils errent parfois parmi les vivants.

Affiche du film « Phi ta bo » (le fantôme aveugle), 1981, Bangkok, lithographie © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain _ Droits Réservés

Le cinéma d'horreur Thaïlandais

Le cinéma thaïlandais est très friand d’histoires de fantômes et de créatures folkloriques, au point de participer de leur popularité et de faire vivre leurs histoires plus longtemps. C’est le cas de Nang Nak, une jeune femme morte en accouchant de son fils alors que son mari, Mak, venait de partir à la guerre. À son retour, il retrouve Nang Nak et son fils, sans voir que ce sont des fantômes.
L’adaptation de cette histoire au cinéma a permis de fortement populariser l’histoire de Nang Nak et de voir une forme de culte à la jeune femme se former dans sa banlieue d’origine à Bangkok.

Certaines créatures malfaisantes ont aussi leurs films, comme Phi Krasüe, spectre vorace qui s’en prend aux nouveau-nés ou Phi Pop, un esprit maléfique de la forêt qui éventre ses victimes pour leur foie. Ce dernier est généralement le sujet de films d’horreur-comédie comme la série Ban Phi Pop (Le Village de Phi Pop).

- Image en taille réelle, .JPG 4,54Mo (fenêtre modale)Affiche du film « Mè nak phra Khanong » (La femme fantôme), Fin des années 1970, Bangkok, lithographie© musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Claude Germain _ Droits réservés- Image en taille réelle, .JPG 3,93Mo (fenêtre modale)Affiche du film « Phi pop » (Le revenant), 1991, Bangkok, lithographie © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain _ Droits réservés

La chasse aux fantômes

Expulser des esprits dangereux ou entrer en leur possession relève de rituels magico-religieux complexes, dont le caractère ésotérique renforce l’efficacité. Ainsi les diagrammes et écritures magiques, dont les significations ne sont connues que des spécialistes, jouent-ils un rôle de protection contre les entités invisibles. Selon un principe d’opposition symbolique, les objets associés à la pureté et à l’ordre universel sont de nature à chasser les esprits néfastes. Cependant, le moyen le plus efficace de chasser les fantômes et de convertir les défunts en figures protectrices reste le rituel et le culte funéraires.


TAOÏSME ET EXORCISME EN CHINE
L’exorciste taoïste (fashi) maîtrise les esprits malveillants qui n’ont pas reçu de rituel funéraire. À l’aide de talismans et d’objets magiques, il cherche d’abord à les identifier, avant de les combattre en invoquant des généraux célestes, chasseurs de démons.
Les souffles spirituels et corporels qui animent la personne se dispersent après la mort. Les premiers (shen) rejoignent le ciel, où ils peuvent être divinisés, les seconds (gui) rejoignent la terre. Si les gui ne sont pas nourris par le culte des ancêtres, ils engendrent de dangereux fantômes affamés ou des démons.


« KUNG-FU ZOMBIES » OU LES PRÊTRES TAOÏSTES CONTRE VAMPIRES SAUTEURS (ET AUTRES ESPRITS MALÉFIQUES…)
Au début des années 1980, l’acteur et producteur de cinéma hongkongais Sammo Hung crée le genre «kung-fu zombies », qui met en scène le combat de prêtres exorcistes (fashi) contre des vampires sauteurs (jiangshi), personnages fantastiques, décrits dans la littérature depuis le XVIIIe siècle, qui se nourrissent du sang et du souffle vital (qi) des vivants. Ils sont reconnaissables à leurs habits de mandarins et au fait qu’ils sautent à pieds joints, car il était d’usage d’attacher les chevilles des cadavres pour éviter qu’ils ne
reviennent parmi les vivants. C’est avec Mr Vampire, une « kung-fu comedy » produite par Sammo Hung, que le jiangshi est devenu célèbre. Pour le contrôler ou le combattre, le prêtre exorciste, Mr. Vampire, use de la magie taoïste : charmes en papier, miroirs, diagrammes magiques et sabres à sapèques. Dans la culture populaire, il est dit que si l’on croise un jiangshi, il faut cesser de respirer car ces vampires sentent le souffle vital des humains et s’en nourrissent. Le symbole du yin yang, le riz gluant et le saké repoussent les jiangshi, à l’instar des gousses d’ail et des crucifix utilisés en Occident.


LES FANTÔMES DANS LES JEUX VIDÉOS
Le thème de la chasse aux fantômes a traversé les différentes générations de jeux vidéo, de PacMan jusqu’aux jeux de survival horror inspirés de films de la « J-Horror ».
Pac Man est un jeu d’arcade sorti en 1980, qui se distingue des jeux de balles ou de tirs, inspirés de Pong et de Space Invaders, qui dominaient les salles d’arcade, avec un nouveau type de gameplay : poursuivi par des fantômes, Pac Man doit manger toutes les pac-gommes d’un labyrinthe. Cependant, des super pac-gommes disséminées sur son parcours lui donneront temporairement le pouvoir de les chasser à son tour.

La représentation de fantômes dans les jeux vidéos ne s’est pas arrêtée à Pac Man – fort heureusement – et des sorties plus récentes comme Sleeping Dog : Nightmare in North Point (Square Enix, 2013, Xbox 360) reprennent le thème de leur chasse avec des ajouts et des références à l’imaginaire asiatique sur le sujet. L’univers de Sleeping Dog Nightmare rend en effet hommage aux films hongkongais de « kungfu zombies » des années 1980 et à leurs vedettes : les vampires sauteurs (jiangshi), qui sont présents dans le jeu.

De même, le jeu Ju-On (The Grudge) – développé par Feelplus en 2009 et édité par AQ Interactive et Rising Star Game – raconte l’histoire d’un fantôme vengeur qui poursuit ses victimes sans relâche. Produit sous la direction artistique de Takashi
Shimizu, le réalisateur du premier film Ju-On, il reprend les codes de la « J-Horror ».


ESPRITS DES LIEUX
Pour protéger un lieu, on peut donner des pièces de théâtre, comme par exemple dans le sud de la Chine avec
les théâtres populaires dixi et nuoxi, en plein air, qui convoquent des divinités exorcistes. Au Japon, on fait appel
au lion mythique shishi, gardien dont la danse a des vertus répulsives contre les entités malfaisantes au début du
printemps. Enfin, la procession masquée des Phi Ta Khon de Thaïlande représente quant à elle la venue des esprits
du sol pour qu’ils apportent pluie et fertilité.


MAGIE ET CULTE DES ESPRITS EN THAÏLANDE
Les moines thaïlandais utilisent des amulettes réalisées selon des techniques secrètes pour concentrer leur pouvoir.
Elles prennent une multitude de formes : cachets bouddhiques en terre cuite, effigies d’animaux mythiques, diagrammes magiques gravés sur feuille d’or. Certaines amulettes, en forme de foetus, renferment un esprit (ange gardien » que son propriétaire doit adopter.

Ces amulettes s’inscrivent dans une tradition thaïlandaise d’objets du quotidien à vertus magiques, comme les couteaux d’officiant (mit mo) qui s’utilisent lors des exorcismes pour tracer un diagramme de protection sur le sol.
Leur efficacité contre les créatures néfastes est renforcée par une gravure d’ascète et de formules sur le manche. D’autres artefacts, appelés « tissus de protection », se suspendent au mur ou au plafond, idéalement au-dessus de la tête de la personne à protéger, et chassent les esprits malveillants. Les chemises magiques ou de protection, se portent quant à elles, sous les vêtements et jouent le même rôle protecteur que les tatouages magico-religieux, dont elles reprennent les diagrammes (yantra) et les syllabes (mantra) magiques.


RITES FUNÉRAIRES ET CULTES DES ANCÊTRES (CHINE, VIETNAM ET THAÏLANDE)
La mort ne suffit pas pour produire des ancêtres. Ce sont les rituels qui permettent de convertir les défunts en entités bénéfiques. D’ailleurs, le manquements aux cérémonies funéraires sont souvent en cause dans l’apparition de fantômes affamés et autres spectres maléfiques.
Le fantôme et l’ancêtre sont des figures opposées. Le premier erre entre deux mondes, sans lieu propre, et souffre de ne pas pouvoir rejoindre un lignage. Le second protège une famille et son inscription sur un territoire. L’ancêtre incarne le sang et le sol, c’est-à-dire le maintien d’un groupe de filiation dans le temps et dans l’espace. La peur des fantômes est peut-être à la mesure de l’importance qu’une société accorde au culte de ses ancêtres.


RETOUR DANS LE CYCLE DES RÉINCARNATIONS

Les bodhisattvas sont des êtres qui ont atteint l’éveil et ont donc la possibilité d’accéder au nirvãna, mais qui choisissent de rester dans le monde pour permettre à la majorité d’atteindre l’éveil à son tour. Cela s’inscrit dans le bouddhisme mahayana («Grand Véhicule »), qui cherche à garantir l’éveil du plus grand nombre, répandu en Asie orientale.
L’un des bodhisattva les plus connus est appelé Avalokitésvara en Inde (« le seigneur qui regarde le monde d’en bas »). Particulièrement apprécié en Extrême-Orient, il incarne la compassion du Bouddha de l’Ouest Amitabha, qui accueille les âmes des morts sur la « Terre Pure » de ses paradis. Avalokitésvara est appelé Guanyin en Chine, Kannon au Japon, où il apaise les fantômes affamés d’une goutte tombée de son aiguière.

Le Jizô japonais, appelé Dizang en Chine, est aussi un bodhisattva de compassion très populaire. Cet éternel pèlerin parcourt les chemins des deux mondes pour apaiser les êtres en souffrance, les âmes errantes et les torturés des enfers. Il a souvent des traits enfantins, est coiffé d’un bonnet et vêtu d’un tablier rouge. Il protège les enfants dans la vie présente et dans la mort.

© DR

Jeu « chasse aux fantômes »

Une chasse aux fantômes en réalité augmentée vous est proposée dans la rotonde du musée durant l'exposition. 

Tarif :

5 euros les 15 minutes