Exposition

Genèse de l'Empire Céleste

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  • Du au

au musée départemental des Arts asiatiques à Nice - Entrée libre

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L'exposition en quelques lignes

Genèse de l’Empire céleste est une exposition inédite en France coproduite par le musée départemental des arts asiatiques (Nice) et la Fondation Baur (Genève), avec le généreux soutien de M. Sam Myers.

La collection Myers comprend un des plus importants ensembles de jades archaïques chinois conservés en Europe.

Conservateur général honoraire du patrimoine, Jean-Paul Desroches est le commissaire invité de l’exposition. Il offre au public une vision originale de l’histoire du jade en Chine.

Genèse de l'empire Céleste

Du fait de sa dureté, le jade est engagé dans la pérennité. Lors de fouilles archéologiques, les précieuses gemmes constituent les vestiges culturels les mieux conservés. Les premiers outils pour couper découverts sur le site de Xiaogushan à Haicheng (province du Liaoning) auraient 12 000 ans. Quant aux jue, anneaux fendus en jade utilisés comme boucles d’oreilles, ils ont été exhumés en nombre dans les cultures de Xinglongwa (env. 6200–5200 av. J.-C.) et Zhaobaogou (env. 5200–4500 av. J.-C.). Dès lors, beaucoup considèrent aujourd’hui que le travail du jade aurait une histoire de quelque 8 000 ans.

Depuis le Néolithique, la Chine entretient un lien fondamental avec le cosmos. Le monde repose alors sur le binôme Ciel-Terre, et l’Homme, impuissant, assiste à leurs échanges incessants. Avec l’émergence des premières dynasties royales (XVIIᵉ–IIIᵉ siècles av. J.-C.), chamanes, sorciers, devins, philosophes, sages s’affairent à mettre le monde en ordre. Procédant par analogie, ils donnent une forme concrète à leurs spéculations en recourant à un bestiaire fantastique. Sous les dynasties impériales (221 av. J.-C.–1911 apr. J.-C.), s’impose la triade Ciel-Terre-Homme. Bien qu’observateur attentif au cœur de cet univers, l’Homme est désormais appelé à l’immortalité. L’exposition est une invitation à parcourir sur plus de quarante siècles cet itinéraire émaillé d’œuvres rares, façonnées dans une pierre d’éternité, le jade.

Révélant et épousant les évolutions de cette vision métaphorique du monde, les objets en jade montrent une profonde évolution plastique : le ciseleur devient sculpteur à part entière, engageant ses créations dans les trois dimensions. Si, au départ, les représentations frôlent l’abstraction, au fur et à mesure se fait jour un langage qui ondule en surface, avant de pénétrer la matière jusqu’à la façonner en la transformant de l’intérieur, pour faire surgir un réalisme puissant fondé sur une observation attentive.

LA COLLECTION MYERS

Un panorama en jade

Les quelque cent-cinquante pièces réunies dans le cadre de cette exposition sont habituellement conservées dans leurs précieux écrins à l’abri du regard. Leur présentation constitue un évènement, invitant le public à découvrir des oeuvres emblématiques mais également des pans méconnus de la civilisation chinoise.

En effet, la grande ancienneté de certaines œuvres, réalisées il y a 4 000 ans, s’explique par la noblesse du matériau utilisé. Les jades présentés dans l’exposition sont en néphrite, ou ruanyu (jade tendre) en chinois. Il s’agit d’un silicate de calcium et de magnésium avec des cristaux prismatiques allongés en fibre caractérisés par des plans de clivage faisant un angle proche de 125°. À la fois fragile et résistant, ce minéral doit être façonné par érosion.

Trait d’union depuis le Néolithique, le jade est un incomparable miroir de la Chine. Sa beauté tout intérieure enchante autant qu’elle  interroge : elle recèle et révèle les fondements de sa longue histoire. Chaque objet est comme une fenêtre ouverte sur un monde à découvrir.

Ciel et Terre

Le manuscrit Hengxian (L’avant immuable) décrit au IVe siècle av. J.-C. la création du Ciel et de la Terre en ces termes : « Au début, dans l’Immuable, il n’y avait rien, tout était écru, inerte, vide. Dans ces immensités écrues, inertes et vides, paisiblement sans contrainte, quelque chose s’activa. Ce quelque chose étant advenu, advinrent aussi le souffle, puis l’existence, puis un commencement, puis un déploiement… Puis les souffles lourds engendrèrent la Terre, les souffles légers engendrèrent le Ciel. Divin est ce souffle. Il engendre les choses avec générosité et emplit le Ciel et la Terre. »

La cosmologie chinoise traditionnelle représente le ciel comme une enveloppe sphérique, sans épaisseur, comprenant en son centre la terre dont la surface carrée flotte sur les Quatre Mers. Les constellations se répartissent dans le ciel selon une division en Cinq Palais, correspondant à la région circumpolaire, et aux Quatre Orients auxquels sont associés l’Oiseau vermillon pour le Sud, le Dragon vert pour l’Est, la Tortue noire pour le Nord et le Tigre blanc pour l’Ouest.

Cette conception aurait donné lieu à un culte ancestral dès le Néolithique, attesté par les disques bi et les cylindres cong. En témoignent les vestiges découverts en Chine septentrionale dans l’aire de la culture de Hongshan (env. 4700–2900 av. J.-C.) ainsi qu’en Chine méridionale dans l’aire de la culture de Liangzhu (env. 3300–2200 av. J.-C.).

Le Bi et le Cong

Figure animale majeure de l’ancien panthéon chinois, la tortue symbolisait le cosmos sous la dynastie Shang (env. 1600–1100 av. J.-C.) : le plastron représentait la Terre, plate, surmontée de la voûte céleste en forme de dôme – la carapace de la tortue – soutenue aux angles par les quatre « piliers du Ciel » – les pattes de l’animal. De plus, sous les Shang, les plastrons de tortue étaient couramment utilisés lors des séances de divination effectuées pour les rois avides d’obtenir des réponses aux questions qu’ils posaient à leurs ancêtres et aux divinités. Le cercle et le carré sont deux formes symboliques puissantes que l’on retrouve dans les jades de la culture de Liangzhu (env. 3300–2200 av. J.-C.). Cette dernière présente un haut degré de complexité sociale qui se reflète dans les nécropoles de l’élite : les tombes sont richement ornées de jades et souvent enfouies sous des tumulus, près de plateformes carrées surélevées qui ont très probablement servi d’autels pour l’accomplissement de rituels.

Le répertoire des jades Liangzhu comprend divers types d’ornements, des emblèmes statutaires, des lames cérémonielles et deux objets spécifiques considérés comme des jades rituels, étant donné leur nature non fonctionnelle : le disque bi et le cylindre cong. Alors que les disques bi sont des formes géométriques pures, généralement dépourvues de tout décor de surface, les cylindres cong se caractérisent plutôt par la présence de masques d’animaux et d’hommes stylisés, sculptés aux angles. Sur la base de fragments de textes des IVe et IIIe siècles av. J.-C., le bi et le cong sont traditionnellement interprétés comme des représentations symboliques, en jade, du Ciel circulaire et de la Terre carrée.

Le disque céleste

Plus qu’un simple artefact, le disque bi est un objet qui traverse l’histoire de la Chine, du Néolithique à nos jours. Son usage funéraire rituel originel reste méconnu en raison de l’absence de sources textuelles pour la période préhistorique. Sans aucun doute bien de prestige, peut-être associé au Ciel, le bi néolithique est un anneau-disque épuré et nu qui se démarque dans des environnements matériels dédiés à la sédentarisation et à l’agriculture. Il constitue une véritable prouesse compte tenu du niveau technologique de l’époque.

Avec l’avènement de la métallurgie et l’émergence des premières sociétés étatiques dans les plaines de la Chine centrale, la production d’objets en bronze remet en question le choix du jade comme matériau privilégié de l’expression du pouvoir de l’élite. Le disque bi reste particulièrement important : son lien avec le Ciel est établi dans des textes et sa présence est maintenue dans les tombes, notamment dans des parures complexes. Sa surface voit apparaître des motifs sculptés et ciselés qui étaient auparavant absents.

C’est à la dynastie des Han (206 av.–220 apr. J.-C.) que revient le mérite d’avoir mené le travail du jade à son sommet dans la Chine ancienne. Son exploitation de la forme plurimillénaire du disque bi est marquée du sceau de l’inventivité et du raffinement. Cet objet devient alors un support sculptural à part entière, varié dans ses formes et porteur de nombreux décors. Artefact emblématique et symbolique, le disque de jade continue par la suite d’occuper une place privilégiée dans le vocabulaire artistique chinois. Pouvant être remployé, retaillé, inscrit a posteriori, façonné « dans le style de », installé sur des présentoirs précieux, il est signe de sinité et d’archaïsme, plus que tout autre objet.

Les quatre animaux sacrés

La Chine a toujours été sensible à la philosophie naturelle et aux spéculations cosmologiques. Aussi pourrait-on assigner à sa pensée le rôle qui est celui de la théologie en  Occident. Comme dans le livre de la Genèse, plusieurs écrits classiques anciens, en particulier le Lijing (Livre des rites), évoquent les premiers moments de l’univers. Simultanément, le géant Pangu et les Quatre animaux sacrés (l’Oiseau vermillon, le Dragon vert, le Tigre blanc, la Tortue noire) émergent du chaos originel. Le Shanhaijing (Livre des monts et des mers) est quant à lui plus explicite puisqu’il mentionne montagnes, cours d’eau, mers, ainsi que ressources végétales et animales. Il présente les Quatre animaux s’affairant à la création du monde puis devenant des animaux souverains, et la Licorne jaune (qilin), symbolisant le cinquième élément, la Terre.

Les immortels

Invisibles aux hommes sous leur véritable aspect, les immortels, devenus des êtres surnaturels grâce à une certaine hygiène de vie et l’absorption de drogues, apparaissent en Chine du Nord au milieu du Ier millénaire avant notre ère. Dénommés habituellement xianren, ils étaient censés vivre dans les montagnes, en particulier à l’ouest sur le Mont Kunlun, mais également à l’est au milieu de l’océan sur trois îles : Penglai, Fangzhang et Yingzhou. Le premier empereur Qin Shihuang envoya plusieurs ambassades à leur rencontre, qui jamais ne revinrent. Encore appelés zhenren (homme accompli), shengren (homme saint) ou shenren (homme divin), ils incarnent l’indifférenciation de l’origine première.

Zhuangzi les décrit ainsi : « leur peau s’apparente à la neige brillante. Ils sont délicats comme des vierges. Ils ne mangent aucune des cinq céréales, mais hument le vent et boivent la rosée. Ils montent sur les nuées et chevauchent les dragons volant pour aller au-delà des Quatre mers. » Ge Hong ajoute que : « parfois des ailes poussent sur leur corps… Ils ont des pupilles carrées, des lobes immenses, et même une tête de serpent, et ils portent un habit de plumes. »

Les mortels

Xu Zheng (220-265) fonde l’apparition de l’homme sur le mythe de Pangu : « Le monde serait né d’un oeuf. De son éclosion apparurent le ciel rond, la terre carrée, et le géant Pangu accompagné des Quatre animaux sacrés. Lorsque Pangu mourut, ses yeux formèrent le soleil et la lune, son sang les rivières et les mers, son souffle le vent et les nuages. Enfin, de ses parasites, seraient nés les hommes. » Tous ces êtres se sont formés au croisement du Ciel et de la Terre et portent en eux-mêmes une part céleste et une part terrestre. Du Ciel, ils ont reçu l’esprit de vie jingshen ; de la Terre, l’enveloppe charnelle xingli. L’homme prend alors conscience qu’il est doté de plusieurs âmes, hun (les âmes célestes) et po (les âmes terrestres), la mort étant précisément le moment de leur séparation. Ainsi, les rituels funéraires vont s’organiser autour de ce concept dualiste.

Supposé détenir des qualités apotropaïques, le jade devient dès le Néolithique le matériau par excellence des inhumations. Plus qu’un simple médium, il reflète les préoccupations métaphysiques des élites dirigeantes. Dans l’aire de la culture de Liangzhu (env. 3300–2200 av. J.-C.), on assiste à de véritables inhumations dans le jade.

Son engouement est tel que dans cette culture comme dans celle de Hongshan (env. 4700–2900 av. J.-C.), les gisements sont épuisés dès l’âge du bronze. Cette pratique perdure durant le Ier millénaire avant notre ère, sous les Shang, les Zhou et les Han, au point qu’il devient nécessaire de recourir à d’autres sources en Asie centrale. Aux riches parures des aristocrates des Zhou succède un traitement de plus en plus sophistiqué. On obture les neufs orifices du corps avec du jade afin de maintenir les derniers souffles. Le masque de jade fait partie de l’équipement rituel du service funéraire, qui s’étend jusqu’au yuyi, un linceul de jade, privilège des princes sous les Han (206 av.–220 apr. J.-C.).

La quête d'immortalité

Premiers experts en immortalité, les fangshi vivaient au IVe siècle avant notre ère et disaient connaître les montagnes où résidaient les immortels et être en possession de drogues conférant l’immortalité. L’empereur Wudi des Han, dès le début de son règne (141–87 av. J.-C.), influencé par l’impératrice douairière Dou, taoïste convaincue, porte un vif intérêt aux techniques d’immortalité. Un fangshi fameux, un certain Li Shaojun, l’incite en 133 à pratiquer des offrandes au dieu du Fourneau pour effectuer ce qui passe pour être la première transformation alchimique connue. Toutefois, le premier vrai théoricien fut Ge Hong (283–343) qui rassemble un corpus de textes sur l’immortalité et ses techniques.

Transcender son enveloppe charnelle et prolonger la vie sont des leitmotive qui traversent l’histoire chinoise. Cette alchimie extérieure (waidan) est supplantée à partir du Ve siècle par une vision mystique dont les techniques de méditation et de visualisation permettent de fonder sous les Song (960-1279) celles de l’alchimie intérieure (neidan).
Le commun des mortels, pour guérir des maux ou assurer le salut des défunts, a coutume de s’adresser à un prêtre taoïste, seul capable de conduire cette démarche et de porter la requête aux divinités adéquates. Il dresse alors un autel, avec l’indication symbolique des Cinq directions pour établir l’aire sacrée et il installe un brûle-parfum pour initier le rite et le clore.

Métaphore parfaite et tangible de l’immortalité en raison de sa dureté et de sa résistance, le jade est le matériau idéal pour sculpter des
objets de bon augure, à placer dans une tombe, et pour donner vie aux créatures surnaturelles qui habitent le monde des esprits. Ingérer du jade - comme le font les immortels - et laisser le corps absorber sa substance contribuait, croyait-on, à prolonger la vie. Poudre de jade et rosée composaient l’élixir que buvait régulièrement l’empereur Wudi dans sa quête d’immortalité. Objets de luxe adaptés au statut de leurs propriétaires, les coupes de jade finement décorées, agrémentées parfois de montures en bronze doré, servaient très probablement à entreposer et à boire les élixirs de longue vie préparés par les alchimistes, les sorciers et les magiciens que consultaient les empereurs et les nobles.

L'astronomie

L’univers est un système précis où l’espace et le temps, les êtres et les choses obéissent au principe de résonance ganying. La cosmologie calendaire développée dans le cadre de cette philosophie est fondée sur les Douze branches terrestres et les Cinq éléments, l’usage populaire associant les Douze branches terrestres aux douze signes du zodiaque. La combinaison des Douze branches et des Cinq éléments détermine une notation du temps en un cycle récurrent de soixante ans. Les douze signes du zodiaque correspondent également aux douze veilles, découpant la journée en douze sections de deux heures.

Les douze signes du zodiaque figurent fréquemment dans les tombes. Ils adoptent l’apparence d’animaux (rat, bœuf, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien, cochon). Leur présence dans les sépultures indique une volonté de recréer un espace cosmique idéal pour permettre au défunt d’atteindre l’au-delà.

Le Ciel, initialement résidence des dieux et honoré en ses temples, fait simultanément l’objet d’observations attentives. Aussi n’est-il pas surprenant de trouver de précieux relevés astronomiques, des cartes célestes comme celle découverte lors de la destruction du Longfusi à Pékin en 1977, qui recensait quelque 1 420 étoiles. Ces figures célestes complexes sont attestées dès le Ier millénaire avant notre ère.

L’astronomie chinoise aurait débuté il y a 5 000 ans, avec la mesure de la longueur des ombres à l’aide d’un gnomon associé à une règle de jade. Du fait de cet intérêt précoce, certains savants ont par le passé interprété certains objets néolithiques en jade à ouverture circulaire et bord cranté comme des instruments de visée. Bien que cette hypothèse soit aujourd’hui contestée, il est certain que les Chinois n’ont cessé de scruter le ciel et d’enregistrer ses phénomènes, qu’il s’agisse du passage des comètes, du mouvement des  étoiles ou de la fréquence des éclipses.

Les parures de jade

Sous les Zhou de l’Ouest, au IXe siècle av. J.-C., en raison des qualités apotropaïques supposées du jade, on commence à coudre sur les linceuls des plaques aux formes géométriques. Sur le visage, ces éléments assemblés revêtent l’aspect d’un masque dont on distingue les contours ainsi que les yeux, le nez, la bouche. Quant au corps du défunt, il est recouvert d’opulentes parures, un phénomène qui va en s’amplifiant au point que le jade commence à manquer.

Pour faire face à cette pénurie, on se met non seulement à retailler des pièces anciennes, mais on introduit également des matériaux nouveaux, comme la cornaline, la turquoise ou la faïence, qui vont servir à façonner des perles. Désormais, la sculpture en ronde bosse est remplacée par la gravure qui se limite à un trait creusé de biais, ce qui permet d’esquisser des motifs. Le huang en arc de cercle est la forme la plus répandue. Décoré d’un dragon au IXe siècle av. J.-C., il est constitué de deux dragons imbriqués au VIIIe siècle av. J.-C., qui évoluent vers la forme d’un tigre au siècle suivant.

Le linceul de jade

Les archéologues ont longtemps cru que les costumes funéraires en jade de la dynastie Han relevaient du mythe jusqu’au jour où, en
1968, dans une tombe de la province du Hebei, à Mancheng, ils en ont exhumé deux exemplaires complets reliés avec des fils d’or. Peu
après, en 1970, est découvert dans la tombe de Tushan à Xuzhou, au Jiangsu, un linceul aux liens d’argent. En 1983, la dépouille de Zhao Mo, deuxième roi des Yue du Sud (mort entre 128 et 117 av. J.-C.), est mise au jour à Canton, enveloppée dans un linceul relié avec des fils de soie rouge.
Le costume de jade cousu de fils d’or constitue le mode d’inhumation le plus élevé dans le rituel funéraire des Han. Il représente la dernière étape d’une longue évolution qui, dans un premier temps, se manifeste par l’obturation des orifices du visage et du corps pour garantir la préservation physique des chairs, empêcher le souffle qi de s’échapper et favoriser l’immortalité de l’âme. À compter du IIe siècle av. J.-C., un véritable vêtement enveloppe le défunt et, au siècle suivant, l’usage de ce linceul est régi par une stricte  réglementation dépendant du statut de la personne inhumée.

Le costume de jade cousu de fils d’or devient par la suite l’apanage de l’empereur, les rois se voyant parés d’un vêtement de jade cousu d’argent.

 

 

Programmation culturelle

JOURNÉES DE L’ARCHÉOLOGIE

Samedi 19 et dimanche 20 juin

  • Visite de l’exposition Genèse de l’Empire céleste

Samedi 19 juin à 11 heures et dimanche 20 juin à 15 heures 30
Réservez votre visite (5 euros / 2.50 euros - 10 personnes maximum)

  • Visite en famille « Précieuses chimères » - à partir de 7 ans

Samedi 19 juin à 14 heures
Pars à la découverte des œuvres en jade de l’exposition et devine grâce à ton sens de l’observation et aux indices de la médiatrice les représentations et les fonctions de ces pièces délicates aux formes parfois énigmatiques.
Réservez votre visite (5 euros / 2.50 euros - 10 personnes maximum)

  • Sonorités de pierres : rencontre autour du lithophone

Samedi 19 juin à 15 heures
Instrument à percussion composé de plusieurs pierres sonores frappées, le lithophone se retrouve sur tous les continents. Qu’il soit  fait de marbre, de jade ou de néphrite, il joue avec la sonorité de ces éléments naturels. Idriss Damien, musicien, s’est depuis  longtemps intéressé à cet instrument parmi les plus anciens au monde. Lors de cette rencontre, il présentera l’histoire de l’usage de la pierre et ses propriétés acoustiques puis jouera avec les tonalités de différents lithophones qu’il a lui-même fabriqués.
Réservez votre visite (gratuit)

  • Conférence « Le jade, une pierre immortelle » par Adrien Bossard

Samedi 19 juin à 16 heures 30
Depuis cinq millénaires, le jade est utilisé en Chine pour la création d’objets porteurs de sens religieux, philosophiques ou politiques. Commissaire de l’exposition Genèse de l’Empire céleste, Adrien Bossard proposera un parcours à travers la collection de jades présentée au musée afin de présenter l’histoire de cette pierre, sa relation avec l’empire du Milieu ainsi que les conceptions et
motifs qui y sont liés.
Réservez votre visite (gratuit)

CONCERTS

  • Concert de Guzheng, cithare traditionnelle chinoise, par Sissy Zhou

Samedi 26 juin à 15 heures
Native de Wuhan, berceau de la musique traditionnelle chinoise, Sizzy Zhou a, dès l’âge de 6 ans, suivi l’apprentissage du Guzheng, cette imposante cithare à corde pincées dont l’origine remonte à plus de 3 000 ans. Par sa sensibilité troublante et sa maîtrise de l’instrument, cette jeune chanteuse instrumentiste offre une plongée dans le royaume de la Chine antique.
Réservez votre concert (gratuit)

  • Concert de flûte traversière par Idriss Damien

Samedi 18 septembre à 15 heures 30
Formé au conservatoire de Lyon, Idriss Damien a collaboré avec de nombreux artistes à travers le monde et s’est intéressé à la musique ancienne et sacrée. Joueur de flûte traversière mais aussi d’un grand nombre de flûtes du monde, il reprend à l’occasion de ce concert des mélodies issues du répertoire de la musique traditionnelle chinoise.
Réservez votre concert (gratuit)

VISITES GUIDÉES

  • Visites guidées de l’exposition

Réservez votre visite (5 euros / 2.50 euros - 10 personnes maximum)
Samedi 19 juin à 11 heures
Dimanche 20 juin à 15 heures 30
Samedi 26 juin à 15 heures 30
Dimanche 4 juillet à 15 heures 30
Samedi 10 juillet à 15 heures 30
Samedi 17 juillet à 11 heures


Dimanche 25 juillet à 15 heures 30
Samedi 31 juillet à 15 heures 30
Dimanche 8 août à 15 heures 30
Samedi 21 août à 15 heures 30
Dimanche 29 août à 15 heures 30
Samedi 11 septembre à 15 heures 30

ATELIERS

  • Atelier « Longue vie à la pharmacopée chinoise ! »

Par l’association « Les Arts du Tao »
Dans la conception taoïste, élixir d’immortalité, mouvements respiratoires et diététique doivent assurer la longévité des hommes. On raconte d’ailleurs qu’ingérer de la poudre de jade avait ce pouvoir. La médecine traditionnelle chinoise s’inspire de ces concepts et s’intéresse notamment aux bienfaits de la nature pour notre corps. Grâce à cet atelier, découvrez la pharmacopée chinoise et réalisez une décoction naturelle qui, à défaut de vous rendre immortel, vous procurera des bienfaits.
Dates à venir.
Réservez votre atelier (10 euros / 5 euros - 12 personnes maximum)

  • Atelier « Dragon ajouré, entre ciel et terre » (1 heure 30)

À partir des œuvres présentes dans l’exposition, vous dessinerez le dragon de votre choix avant de le reproduire sur une plaque d’argile blanche. Puis, à l’aide d’outils de sculpture et selon la technique des jades ajourés, vous cisèlerez la forme voulue pour créer une représentation toute en finesse laissant apparaitre vides et pleins.
Dimanche 27 juin à 14 heures 30
Dimanche 18 juillet à 14 heures 30
Réservez votre atelier  (10 euros / 5 euros - 12 personnes maximum)

  • Atelier de calligraphie chinoise

Samedi 17 juillet à 14 heures 30
Samedi 11 septembre à 14 heures 30
Réservez votre atelier  (10 euros / 5 euros - 12 personnes maximum)

ACTIVITÉS FAMILLE

  • Visite en famille - à partir de 6 ans

À travers la superbe collection de jades présentée dans l’exposition, cette visite vous emmène à la découverte de la Chine ancienne et de ses croyances. Contes et légendes donneront vie à ces représentations parfois énigmatiques. En fin de visite, inspirés par ces récits, vous vous amuserez à réinventer une nouvelle histoire de votre imagination !
Samedi 17 juillet à 14 heures 30
Dimanche 1er août à 14 heures 30
Samedi 28 août à 14 heures 30
Réservez votre activité  (5 euros / 2,50 euros - 10 personnes maximum)

  • Visite créative « précieuses chimères » - à partir de 7 ans

Les œuvres en jade de l’exposition recèlent de représentations d’animaux tous aussi fantastiques les uns que les autres : phénix, cochon-dragon zhulong, licorne qilin ou encore fauves à tête de dragon bixie. Après les avoir rencontrés lors de la visite, dessinez la chimère de votre choix en mixant tête, corps et pattes de plusieurs animaux connus.
Samedi 3 juillet à 14 heures 30
Mercredi 21 juillet à 14 heures 30
Mercredi 11 août à 14 heures 30
Réservez votre activité (5 euros / 2,50 euros - 10 personnes maximum)

  • Atelier « potion magique »

Par l’association « Les Arts du Tao »
Dans la Chine ancienne, certains hommes cherchaient à devenir immortels. On raconte d’ailleurs, qu’un lapin résidant sur la lune connaissait la recette de l’élixir d’immortalité ! Sans avoir ce pouvoir, la médecine traditionnelle chinoise s’intéresse aux bienfaits de la nature pour notre santé. Découvrez quelques-unes des plantes utilisées dans la pharmacopée chinoise et faites le plein d’énergie avec la création d’une décoction (presque) magique.
Date à venir
Réservez votre activité (10 euros / 5 euros - 12 personnes maximum)

  • Atelier origami « zoo-diaque »

Créez vos pliages en papier et donnez forme à certains des animaux du zodiaque chinois.
Samedi 26 juin à 14 heures 30
Samedi 24 juillet à 14 heures 30
Samedi 21 août à 14 heures 30
Réservez votre activité (10 euros / 5 euros - 12 personnes maximum)

  • Atelier « animo-lino » (1 heure 30)

Initiez-vous à la linogravure en vous inspirant des animaux et êtres fantastiques de l’exposition. Vous imaginerez votre propre version du cochon-dragon zhulong, du phénix ou du dragon puis le graverez sur gomme pour en faire un tampon.
Mercredi 7 juillet à 14 heures 30
Mercredi 12 août à 14 heures 30
Réservez votre activité (10 euros / 5 euros - 12 personnes maximum)

Informations programmation et conditions d’accès :

Horaires :

  • Du 19 mai jusqu’au 30 juin : du mercredi au lundi, de 10 heures à 17 heures
  • Du 1er juillet au 31 août : du mercredi au lundi, de 10 heures à 18 heures 

Pour de meilleures conditions de visite, nous vous conseillons de privilégier les heures de moindre affluence : de 10 heures à 14 heures

Conditions :

Port du masque obligatoire, respect des gestes barrière, nombre de personnes limité dans le musée selon les paliers de jauge ainsi que pour les activités (visites guidées et ateliers sur réservation), mise à disposition de gel hydroalcoolique.