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Le Camp des Fourches

Lieu de mémoire des batailles des Alpes : le Camp des Fourches est un élément du dispositif mis en place par la France après la défaite de 1871 pour protéger la frontière des Alpes-Maritimes.

Image en taille réelle, . octets (fenêtre modale)

Baraque de troupe, 2015

Le Camp des Fourches, un haut lieu de mémoire

Mémoire d’un des corps les plus prestigieux de l’armée française, celui des chasseurs alpins, qui s’est toujours illustré par son courage et son dévouement dans les conflits connus par notre pays. Personne n’a oublié le rôle déterminant des « Diables Bleus » dans la Grande Guerre, qui a coûté la vie à 40 000 d’entre eux, dont 2 000 originaires de notre département.

Mémoire d’une époque, celle qui a vu, à partir de 1860, le secteur de la Bonette devenir un enjeu stratégique pour la défense du territoire. Conservant Tende, La Brigue et une partie des territoires de communes de la Vésubie, les Italiens étaient maîtres des hautes cimes et des passages alpins et pouvaient facilement descendre sur le territoire français. L’attention des militaires se portait principalement sur les ouvrages d’art, ponts et tunnels, et des dispositifs de mines permettaient, en cas d’invasion, de les détruire.

C’est ainsi pour répondre aux « Alpini » qu’a été développée la présence des chasseurs alpins (en hivernage dès 1889, et au quotidien à partir de 1892) : au fort de Restefond en descendant vers Jausiers, et au Camp des Fourches notamment.

La construction du Camp des Fourches a été achevée en 1896. Composé de 26 baraquements, il abritait un bataillon de 4 compagnies soit environ 1 000 hommes. Tout était prévu pour une autonomie totale : sanitaires, four à pain, cuisines, écuries pour les mulets, et même un téléphérique. Des fresques réalisées par des chasseurs alpins au début du siècle dernier illustrent leur présence. Elles traduisent le besoin d’évasion des hivernants : les frises présentent des pas d’escalade, des alpins évoluant en cordée ou à ski, ou leurs mésaventures avec humour. Une autre pièce est décorée de scènes montrant des danses légèrement vêtues. Une des expressions graphiques évoque Joséphine Baker et sa célèbre ceinture de bananes.

La rénovation du camp : un engagement pris par le Département en 2014

Le site du Camp des Fourches appartient au Département.  Il y a 5 ans, des travaux de sécurité ont été réalisés, notamment pour éviter les chutes de pierre (bâtiments en ruine).

Fin 2014, le Camp des Fourches a fait l’objet d’un diagnostic précis. Sur cette base, une proposition de travaux a été établie selon 3 axes :

  • restauration (reconstruction du clos et du couvert) ;
  • sauvegarde (préservation des éléments structurels) ;
  • évocation du bâti (empreinte au sol des éléments de bâti ayant existé).

Aujourd’hui, ces travaux ont permis la rénovation et la mise en valeur de ce patrimoine militaire exceptionnel, témoin de l’histoire particulière de la frontière dans les Alpes-Maritimes.

Le calendrier de l’opération :

  • Octobre 2014 : premiers travaux de mise en sécurité ;
  • De mi-juin à fin août 2016 : consolidation du bâtiment 1 et réfection de la couverture du bâtiment 15 (travaux réceptionnés début septembre) ;
  • Début septembre 2016 : début de la restauration des fresques du bâtiment 16 (travaux en cours) ;
  • Mi-septembre 2016 : début de la sauvegarde et de la restauration des bâtiments 2 à 7 (travaux en cours) ;
  • Été et automne 2017 : traitement des autres bâtiments.

Image en taille réelle, .JPG 1.1Mo (fenêtre modale)|Septembre 2016 : Visite au camps des fourches© DR

Image en taille réelle, .JPG 1.2Mo (fenêtre modale)|Septembre 2016 : Visite au camps des fourches© DR

Image en taille réelle, .JPG 1.5Mo (fenêtre modale)|Septembre 2016 : Visite au camps des fourches© DR

Image en taille réelle, .JPG 1.2Mo (fenêtre modale)|Septembre 2016 : Visite au camps des fourches© DR

Le contexte historique

Un verrou défensif de l’Ubaye

Image en taille réelle, .JPG 1.1Mo (fenêtre modale)|Carte des positions défensives autour du camp, début du XXe siècle
Source : Service historique de l'Armée de terre

Le Camp des Fourches est un élément du dispositif mis en place par la France après la défaite de 1871 pour protéger la frontière des Alpes-Maritimes.

Conçu par le général Séré de Rivières, le système défensif comprenait à la fois des forts verrouillant les passages et des positions de résistance aménagées en altitude pour permettre aux troupes mobiles d’opérer au plus près de la frontière.

Afin de verrouiller la vallée de l’Ubaye, l’état-major français décida d’y aménager quatre petits ouvrages défensifs, de type blockhaus, sur le mont des Fourches et la cime de Pelouse, entre 1897 et 1899, ainsi qu’un casernement, le Camp des Fourches, à partir de 1889, permettant de loger des compagnies de chasseurs alpins.

Image en taille réelle, .JPG 1.4Mo (fenêtre modale)|Défilé des chasseurs alpins à Grasse, 1916
Source : Fonds Luce, ADAM

Tout savoir sur le contexte historique...

Un lieu de mémoire pour les chasseurs alpins

Les baraques du camp restent habitées par le souvenir des hommes qui y ont séjourné. Des milliers de chasseurs alpins se sont succédé dans ce lieu en été, pour des manoeuvres dans la zone frontalière.

A partir de 1888, cinq bataillons de chasseurs alpins occupaient la frontière des Alpes, se répartissant en cinq secteurs. Pourtant, quand la première guerre mondiale éclata, ce ne fut pas sur cette frontière que les Alpins combattirent mais dans les Vosges où l’histoire a retenu leurs hauts faits d’armes, autour des sommets du Reichsackerkopf et du Linge.

Dans l’entre-deux-guerres, les menaces qui continuaient de peser sur la frontière des Alpes-Maritimes nécessitèrent une modernisation des fortifications françaises avec la construction d’ouvrages de type Maginot, puissamment blindés. Le Camp des Fourches conserva son rôle de sentinelle d’altitude jusqu’en juin 1940.

Image en taille réelle, .JPG 1.5Mo (fenêtre modale)|Monument aux chasseurs alpins morts pour la France, cimetière de Caucade, Nice© Patrice Pelliccia, CD 06

Image en taille réelle, .JPG 1.8Mo (fenêtre modale)|Fresque intérieurs© Patrice Pelliccia, CD 06

Des bâtiments adaptés à l’altitude

Image en taille réelle, .JPG 1.6Mo (fenêtre modale)|Coupe d'une baraque, 1908
Source : Service historique de l'Armée de terre

Les premières baraques étaient construites en pierres maçonnées à l’aide de « mortier » de terre, avec une couverture en bardeaux et en carton bituminé. Une réfection complète de l’ensemble des constructions fut entreprise de 1895 à 1913.

Les murs furent alors repris en mortier de chaux, et les couvertures remplacées par des ardoises de zinc.

Dans l’entre-deux-guerres, une modernisation des installations fut opérée, visant à rendre le camp habitable en hiver : installation d’un téléphérique, d’un groupe électrogène et de l’électricité, amélioration du chauffage, de l’adduction d’eau.

Ce n’est qu’en 1932 que l’on envisagea d’y installer en permanence un détachement de 80 hommes du 11ème BCA.

Image en taille réelle, .JPG 1.8Mo (fenêtre modale)|Baraque de troupe, 2015© Patrice Pelliccia, CD 06

Un casernement d’été

Image en taille réelle, .JPG 1.9Mo (fenêtre modale)|Plan du camp, 1930.
Source : Service historique de l'armée de terre

Image en taille réelle, .JPG 1.4Mo (fenêtre modale)|Le Camp des Fourches en hiver, fin du XXe siècle
Source : ADAM

À 2 280 m d’altitude, le Camp des Fourches ne pouvait être occupé qu’en été.

Les militaires y accédaient depuis Jausiers, par une route stratégique longue de 23 kilomètres franchissant le col de Restefond.

Les 26 bâtiments accueillaient les chasseurs alpins en manoeuvre, ainsi que leurs mulets pour lesquels des écuries avaient été aménagées. Ponctuellement, une section d’éclaireurs-skieurs stationnait en hiver dans le camp recouvert par la neige.

Le camp comprenait à la fois un casernement en dur, constitué de 26 baraques, et des emplacements pour les tentes.

L’organisation du camp répondait aux nécessités de la vie militaire :

  • Des espaces de logement : 9 baraques de troupe permettant de loger un total de 180 hommes de troupe ; 1 baraque de sous-officiers ; 6 chambres individuelles pour officiers ; une infirmerie ;
  • Des espaces de vie commune : cuisines et réfectoires des officiers, sous-officiers et hommes de troupes, foyer du soldat, paneterie, laverie, douches, lavabos et urinoirs ;
  • Des annexes et des ateliers : écurie, chenil, forge, atelier de menuiserie ;
  • Des espaces de commandement : bureau de compagnie et Sergent Major ; bureau du génie ;
  • Des espaces de stockage : magasins pour les munitions, les vivres ;
  • Divers aménagements techniques : poste optique ; poste du gardien civil ; téléphone ; recette du téléphérique ; groupe électrogène et accumulateurs ;

Image en taille réelle, .JPG 1.7Mo (fenêtre modale)|Le camp des Fourches, 2015© Patrice Pelliccia, CD 06

Le projet

Image en taille réelle, .JPG 2.3Mo (fenêtre modale)|© DR

Exemple d'évocation

Image en taille réelle, .JPG 1.5Mo (fenêtre modale)|Etat initial

Image en taille réelle, .JPG 1.4Mo (fenêtre modale)|Etat projeté

 

Exemple de sauvegarde

Image en taille réelle, .JPG 1.5Mo (fenêtre modale)|Etat initial

Image en taille réelle, .JPG 1.5Mo (fenêtre modale)|Etat projeté

 

Exemple de restauration

Image en taille réelle, .JPG 1.3Mo (fenêtre modale)|Etat initial

Image en taille réelle, .JPG 1.3Mo (fenêtre modale)|Etat projeté

 

BAT 001 : |sauvegarde| Four-paneterie

Image en taille réelle, .JPG 804Ko (fenêtre modale)|Etat initial

Image en taille réelle, .JPG 771Ko (fenêtre modale)|Etat projeté

Le bâtiment 1, un ancien four à pain, est très dégradé dans la partie nord, la façade coté sud est toutefois encore en place.

Les travaux de sauvegarde se déclinent comme suit :

  • Confortement de ce qui devait être la gueule de l'ancien four à pain et de son arc en briques par un bouchement en maçonnerie de blocs de béton enduit,
  • consolidation de la maçonnerie des 3 pignons, par dépose ponctuelle et repose, plus chape en mortier de chaux hydraulique et résine d'étanchéité pour protéger l'arase,
  • reprise de la maçonnerie de parement au sud sur dessus de la bair cotéouest,
  • blocage en moellons au dessus de la porte coté est,
  • refection et blocage en arase des murs nord & sud plus chape de protection,
  • rejointoiement très ponctuel de parement trop dégradé,
  • condamnation des ouvertures avec des grilles métalliques,
  • déblaiement des détritus intérieurs,
  • stockage à l'intérieur de tous les moellons trouvés autour du bâti

BAT 015 : |restauration| Cuisine, laverie, cabanon vivres

Image en taille réelle, .JPG 0.9Mo (fenêtre modale)|Etat initial

Image en taille réelle, .JPG 851Ko (fenêtre modale)|Etat projeté

Le bâtiement 15, l'ancienne cuisine est en assez bon état, couvert partiellement en tôles et en bandeaux de bois, bâtis accolés couverts de dalle en béton.

Les travaux de restauration se déclinent comme suit :

  • déblaiement des détritus,
  • stockage à l'intéreur de tous les moellons trouvés autour du bâti,
  • dépose des bardeaux en bois en conservation, de tôles au nord,
  • maçonnerie de moellons pour recalage d'arase et en recherche,
  • reprise de fissures avec remaillage de maçonnerie notamment le mur de refend avec coulis de chaux pour confortement et rejointoiement de parement et souche de cheminée,
  • fourniture et pose de pannes en mélèze, de voliges à clair voie et couverture en tôles galvanisées avec débords,
  • accord en ciment sur toitures en béton avec surfaçage et application de résine d'étanchéité,
  • condamnation des fenêtres coté ouest avec des grilles métalliques.