Les Alpes-Maritimes au XIXe siècle

L’expansion des villes

Pour assurer l'accueil des hivernants et répondre à la croissance démographique, les villes du littoral s'agrandissent. Dès 1820, Nice déborde des limites de son site historique et franchit le Paillon.

Pour planifier cette extension et éviter qu’elle ne devienne anarchique, les autorités locales dressent un plan appelé régulateur, pour définir les orientations de la ville. Ce plan fixe un tracé des rues en damier sur la rive droite du Paillon. En 1832, on établit une commission chargée de veiller au respect de ce projet, le « Consiglio d’ornato » ou conseil d’ornement. Cet organisme approuve les projets des bâtiments à construire, veille à la conservation et à l’amélioration des rues, places et monuments publics, assure l’actualisation du plan régulateur. On lui doit notamment le quai du Midi (actuel quai des États-Unis), le projet d’aménagement du faubourg Saint-Jean-Baptiste et la configuration de la place Masséna avec des portiques rappelant ceux de la rue de Rivoli à Paris. La ville nouvelle s'étend ensuite par étapes successives. Entre 1870 et le début du XXe siècle, les quartiers des Musiciens et de Beaulieu sont urbanisés puis ceux de Saint-Etienne, Saint-Maurice, Saint-Barthélemy, Riquier et Saint-Roch. Cette expansion s'accompagne de grands travaux d'urbanisme : couverture du Paillon (1884) et prolongement de la Promenade des Anglais jusqu'à l'hippodrome du Var.

Cannes et Menton connaissent également une croissance rapide et sont transformées par la création de boulevards et de promenades (la Croisette à Cannes ou la Promenade du Midi à Menton). À Antibes, l’arasement des remparts à la fin du XIXème siècle permet la création d’une nouvelle ville sur les surfaces libérées.

Les quartiers ruraux disparaissent : olivettes, vignes ou jardins d'orangers cèdent la place à des villas, des immeubles ou des hôtels. De 1891 à 1911, le nombre de maisons s'accroît à Nice de 50 %, à Cannes de 40 %, à Menton de 60 %.

Des villes nouvelles apparaissent comme les stations touristiques de Juan-les-Pins et de Beaulieu-sur-Mer ou Beausoleil, où logent ouvriers et employés travaillant à Monaco. La spéculation est le moteur de l’agrandissement des villes. Elle est le fait de sociétés immobilières, créées par les banques, qui établissent la voirie puis vendent par lots pour y édifier des immeubles. Ainsi, Henri Germain, directeur du Crédit Lyonnais, s'intéresse à la Côte d'Azur dès 1879. Une de ses filiales, la Société foncière lyonnaise, est l'organisme promoteur du boulevard de Cimiez à Nice.

Nice en 1848 - Image en taille réelle, .JPG 130Ko (fenêtre modale)|

 

Nice vers 1920 - Image en taille réelle, .JPG 96Ko (fenêtre modale)|

 

L'expansion urbaine de Nice au 19ème siècle (1856-1914) - Image en taille réelle, .JPG 142Ko (fenêtre modale)|

 

Plan de Nice en 1882 - Image en taille réelle, .JPG 194Ko (fenêtre modale)|

 

Plan d'aménagement de la rive droite du Paillon à Nice, 1858 - Image en taille réelle, .JPG 175Ko (fenêtre modale)|

 

Plan du lotissement de Juan-les-Pins, 1891 - Image en taille réelle, .JPG 150Ko (fenêtre modale)|

 

L'embouchure du Paillon et le jardin public de Nice, 1864 - Image en taille réelle, .JPG 172Ko (fenêtre modale)|

 

La promenade des Anglais, vers 1865 - Image en taille réelle, .JPG 90Ko (fenêtre modale)|

 

La promenade de la Croisette à Cannes, vers 1880 - Image en taille réelle, .JPG 146Ko (fenêtre modale)|

 

La promenade du Midi à Menton, vers 1910 - Image en taille réelle, .JPG 172Ko (fenêtre modale)|