Château de la Napoule

En 1918, Henry et Marie Clews louèrent ce qui restait du château médiéval de La Napoule : trois tours délabrées, une chapelle qui servait de bergerie, une maison banale occupant l’emplacement du logis seigneurial.

Image en taille réelle, .JPG 509Ko (fenêtre modale)|Route des jardins - Château de La Napoule - Mandelieu-La Napoule© CG06

Or les Clews se complurent dans ce site romantique, hanté disait-on, par une comtesse de Villeneuve assassinée par son époux. L’année suivante, ils firent l’acquisition de l’ancienne forteresse et décidèrent de la reconstituer à leur manière. Ce programme impliquait d’importants moyens que résolvait la fortune d’Henry, fils d’un banquier new-yorkais. L’habitation fut agrandie, la chapelle et les tours (l’une d’elles serait d’origine romaine) furent restaurées, le pavillon de l’entrée créé de toutes pièces.

Au centre des bâtiments s’étendait un jardin irrégulier, comportant un tennis, dont subsiste aujourd’hui le grand cèdre. Ce vaste enclos fut entièrement recomposé par Marie Clews. De chaque côté d’une allée rectiligne qui mène à la cour d’honneur, elle organisa des espaces différents, tous de tracé géométrique, délimités par des haies taillées. Ainsi du côté est, à une esplanade ornée de sarcophages sculptés par Clews (l’ancien tennis) succède un jardin mauresque ouvrant par d’étroites arcades sur le port de La Napoule. En continuant, on découvre le petit jardin vénitien centré sur un puits monolithe. De l’autre côté, à l’ouest de l’allée, s’étend le jardin romain avec ses piliers et son bassin autour duquel s’ébattaient autrefois des paons, des flamants et divers échassiers qui servirent de modèles à Clews : grue, ibis, marabout…

Dans la cour d’honneur, la statuaire et les chapiteaux d’inspiration fantastique donnent la mesure de son talent.Admirateur de Rodin et ami de Bartoldi qui créa la statue de la liberté aujourd’hui à New York, Henry Clews (1876-1937) était un sculpteur inclassable dont les œuvres d’esprit plutôt symboliste, semblent influencées par l’art précolombien. La visite de son atelier permet d’apprécier ses recherches. Du côté de la mer, des terrasses jardinées s’étagent au pied du château et plus à l’ouest, s’élève la tour mausolée où reposent les Clews. Fascinés l’un par l’autre, ces esthètes passèrent leur existence à l’écart de toute relation mondaine. On raconte que certains soirs, ils dînaient aux bougies, seuls, en habits médiévaux, devant la grande cheminée de la salle gothique, tandis que des musiciens dissimulés sur une mezzanine leur jouaient de vieux airs provençaux.

Fondée en 1951 par Marie Clews, l’Association d’Art de La Napoule Mémorial Henry Clews a fait du château un lieu d’échanges culturels international comprenant l’organisation de colloques, d’expositions, de concerts et de spectacles auxquels s’ajoute un programme de résidence d’artistes.

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