Jardin botanique Val Rahmeh

À quelques centaines de mètres de la frontière italienne, niché au fond d’une impasse pentue, signalé sur le front de mer par la chapelle Saint-Jacques, le jardin botanique exotique Val Rahmeh est un des derniers témoins des grandes heures mentonnaises”.

Image en taille réelle, .JPG 703Ko (fenêtre modale)|Route des jardins - Jardin botanique Val Rahmeh© CG06

C’est ainsi que nous le présente le professeur Yves Monnier, “l’actuel directeur de laboratoire d’ethnobiologie-biogéographie au Muséum d’Histoire Naturelle à Paris et auteur de l’ouvrage “À Val Rahmeh, les plantes m’ont raconté des histoires d’homme.” C’est en effet une histoire exemplaire, qui s’étend sur un siècle, que celle de cette parcelle de campagne d’un hectare devenue jardin botanique de renommée internationale. Elle fut acquise en 1905 par un Anglais, sir Percy Radcliffe, gouverneur de l’île de Malte qui souhaitait, à l’issue de ses fonctions, habiter sur la Riviera. Il y fit construire une maison de style méditerranéen en 1926 et transforma les terrasses agricoles en jardin paysager d’agrément, tout en conservant les arbres de production qui s’y trouvaient (oliviers, agrumes, figuiers) et en y adjoignant les essences acclimatées en vogue à l’époque (mimosas, eucalyptus, palmiers et “plantes grasses”, comme on appelait alors les plantes succulentes).

Ce ne fut que dans les années 50, avec l’arrivée de l’avant-dernière propriétaire, Miss Campbell, que le jardin prit son orientation botanique. Celle-ci, botaniste de formation, ayant longtemps travaillé au British Museum, se livra à une frénésie de plantation d’espèces subtropicales et même tropicales dont une collection de daturas.

Elle rajouta toutes les plantes qu’elle aimait à la liste qu’avait établi Lawrence Johnston (le créateur de la Serre de la Madone) locataire de Val Rahmeh pendant une saison, juste avant la guerre de 1939-1945. Elle agrandit d’ailleurs le jardin en achetant un terrain au sud de la propriété. Mais quinze ans plus tard, se souciant du meilleur devenir pour le jardin, elle se résolut à le céder en 1966 à l’État français qui le remit au Muséum d’Histoire Naturelle.

On procéda à l’identification de l’ensemble des plantes et on poursuivit l’acclimatation d’espèces nouvelles. En 1973, la collection était passée de 400 espèces trouvées sur place, à 700 parfaitement cataloguées et étiquetées.

Outre l’acclimatation des plantes exotiques rares et leur multiplication, l’objectif que se donne le Muséum à Val Rahmeh est de créer un terrain d’investigation pour les spécialistes du monde entier. Et comme cet univers est immense, la perspective est de privilégier la culture des plantes comestibles et odoriférantes ; c’est aussi l’une des finalités de l’institution, que d’intéresser à ce sujet passionnant, mais mal connu du grand public, le domaine des plantes venues d’ailleurs.