Maria Serena

Maria Séréna est un type parfait de grande demeure d’hivernant, édifiée dans la partie orientale de la Riviera, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.Les végétaux des zones chaudes non désertiques du monde prospèrent particulièrement bien dans ce site préservé de toute gelée par les falaises de la frontière.

Propriété de la ville de Menton, Maria Séréna sert de cadre aux réceptions municipales. La maison fut construite en 1886 pour la famille mentonnaise Foucher de Careï, apparentée à Ferdinand de Lesseps, l’homme du canal de Suez; c’est pourquoi on a cru longtemps qu’elle avait été bâtie pour ce dernier. Le style éclectique de cet édifice à belvédère, très proche de celui des villas créées par Charles Garnier (Eilen Roc, opéras de Paris et de Monte-Carlo) à Bordighera pour le financier Bischoffsheim et pour lui-même, incline à supposer qu’il est l’œuvre d’un architecte de son atelier.

Garnier gratifiait en effet les maisons de plaisance qu’il bâtissait dans le midi, de belvédères empruntant leurs éléments de composition aux campaniles italiens, tout autant qu’aux tours de guets mauresques. Il est difficile de se prononcer sur celui de Maria Séréna, tronqué d’un ou deux niveaux après avoir été en partie détruit au cours de la guerre de 1939-1945 ; également sinistré, le troisième étage de la maison a été supprimé. L’avant dernier propriétaire, Henry König, citoyen britannique qui fit l’acquisition de Maria Séréna en 1930, en fit don à Menton après “avoir passé dix-sept ans heureux dans cette belle ville”.

Une fois restaurée, Maria Séréna est devenue un lieu de fêtes de la municipalité de Menton. Le jardin, d’un peu plus d’un hectare, est un feu d’artifice végétal. On y admire une collection d’imposants palmiers, des cycas, des dracænas et des sujets de dimensions exceptionnelles comme la gerbe de Strelitzia augusta d’Afrique du Sud qui dépasse les douze mètres de haut, ainsi que des curiosités comme le Chorisia speciosa dont le tronc est recouvert d’épines. En été, on y apprécie la floraison très parfumée, d’un bleu soutenu, des jacarandas du Brésil. Assez peu visible lorsqu’on parcourt le jardin, une étroite pièce d’eau à nymphéas s’étend au pied des rochers artificiels qui habillent la butte où s’élève la maison.