Palais Carnoles

Depuis le XIe siècle, la plaine côtière de Carnolès était une possession des moines de Lérins. Une curieuse construction hexagonale, la tour Saint-Ambroise, ornée de reliefs grotesques est le seul vestige d’une abbaye édifiée en ce lieu au XVIe siècle.

Image en taille réelle, .JPG 1.0Mo (fenêtre modale)|Route des jardins - Palais Carnoles - Menton © CG06

À sa majorité en 1640, le prince Honoré II Grimaldi quitta Monaco et se fit édifier un palais dans la cité de Menton qui faisait partie de ses territoires. Il bénéficiait également d’une petite maison de plaisance dans les “jardins de Carnolès”. En 1717, son arrière petit-fils, Antoine Ier, acheta un terrain de Carnolès aux moines, afin d’y bâtir une véritable résidence pour les mois d’été, réputés brûlants sur le rocher monégasque. La tradition raconte que ce prince rapporta de Paris des plans auxquels collaborèrent Jacques Gabriel et Robert de Cotte, architectes de Louis XIV au début du XVIIIe siècle. Une fois élevé, le trianon fut orné de peintures murales d’artistes mentonnais : Bressan, Puppo et les frèresVento. La résidence princière comportait du côté sud de nombreuses dépendances et même une petite ferme, qui ont disparu.

Un plan de 1725 encadré d’indications manuscrites, mentionne un “jardin fleuriste” devant la façade ouest du palais, celle par laquelle on y pénètre aujourd’hui. La plus grande part du terrain qui s’étend vers l’est, comportait des allées en étoile pour parcourir ce “jardin potager magnifique”, rafraîchi par deux bassins asymétriques à jet d’eau, et entouré d’une haute muraille garnie d’un “bel espalier de raisins” protégeant des rapines et des embruns – la mer est proche – les plantations “d’orangers du Portugal”. Au cours des événements politiques qui survinrent à partir de 1793, le domaine de Carnolès fut confisqué et restitué plusieurs fois aux princes de Monaco.

Acheté par un entrepreneur en 1863, il fit office de casino jusqu’en 1876. Entre temps, le verger d’orangers avait été converti en parc boisé irrégulier. Enfin un Américain, Edwards Philips Allis, fit l’acquisition du palais en 1896, dans l’intention de lui rendre son lustre d’antan. Sur sa demande, Georg Tersling l’architecte danois installé à Menton, adapta l’édifice à des fonctions plus modernes d’habitation. En modifiant les escaliers, l’épaisseur du bâtiment fut augmentée ; deux petits avant-corps furent ajoutés du côté du parc.

Le pavillon garda néanmoins son caractère classique. La ville de Menton et le département des Alpes-Maritimes sont propriétaires du palais Carnolès depuis 1961. Celui-ci est devenu la pinacothèque de Menton en réceptionnant la collection de peintures Wakefield-Mori (XIIIe-XVIIIe siècle). Une autre collection, végétale celle-ci, rassemble une cinquantaine de variétés d’agrumes dans le jardin aux allées de tracé à présent rectiligne.