Cascade de Gairaut

Monument au sens réel du mot car elle commémore l’arrivée à Nice des eaux de la Vésubie en 1883, la Cascade de Gairaut et son pavillon- chalet font partie des manifestations architecturales des compagnies fêtant la mise en fonction de nouvelles alimentations en eau des villes à la fin du XIXe siècle.Son site bénéficie d’un panorama sensationnel que l’on peut apprécier, ainsi que la cascade, sans descendre de voiture.

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Route des jardins - Cascade de Gairaut - Nice ©CG06

Ici, chalet et cascade forment un ensemble d’inspiration autrichienne très prisé à la Belle Époque, qui s’explique par la vogue des villes d’eau du centre de l’Europe comme Baden où l’hydrothérapie se conjuguait avec des distractions estivales dans une atmosphère folklorique. Le pavillon de la Compagnie Générale des Eaux se dresse au centre d’un socle de rochers artificiels de connotation alpestre, qui structure une large chute d’eau à ressaut aboutissant à un bassin dans une symétrie parfaite, mais non géométrique. Ailleurs dans Nice, ce caractère “rustique” est illustré par la cabane en trompe-l’œil de ciment imitant des rondins qui jouxte la villa Beau Site sur le boulevard du Mont-Boron.

À Grasse, cette tendance stylistique de la Belle Époque est présente avec l’ancien Pavillon de Thé bavarois de la baronne Alice de Rothschild, que l’on peut apercevoir depuis la route Napoléon à un rond-point au-dessus de la ville. Justement, la Cascade de Gairaut a un homologue à Grasse : la cascade du canal du Foulon, une succession de chutes d’eau marquant l’arrivée dans la ville de l’eau d’une source de Gréolières.

L’idée de cette construction est due au médecin-agronome François Fodéré qui diagnostiqua en 1803 les capacités de la Vésubie à remplir cet office (Voyage dans les Alpes-Maritimes, Paris, 1821). Puis le projet progresse par étapes pour être confirmé par une loi en 1878 déclarant “d’utilité publique” le canal de la Vésubie. À son rôle symbolique de performance industrielle, la cascade de Gairaut joint une fonction technique : l’oxygénation de l’eau amenée par pompage jusqu’à cet emplacement avant sa distribution dans la ville.