Musée des beaux arts Jules Chéret

À l’ouest du centre de la ville, dans un lacet de la montueuse avenue des Baumettes, on découvre une architecture de type privé et de caractère néoclassique, dont l’aspect hautain est tempéré par de chaudes couleurs.

Image en taille réelle, .JPG 552Ko (fenêtre modale)|Route des jardins - Musée des beaux arts Jules Chéret© CG06

Il s’agit d’une résidence princière, le palais d’hiver d’aristocrates slaves (le quartier investi vers 1860 par les Russes n’est pas loin) transformé en palais de la peinture et de la sculpture, bref en musée des Beaux-Arts de Nice. Le jardin quoique fort réduit, contient des curiosités botaniques et architecturales qui méritent que l’on contourne ledit palais.


En effet, sur la première terrasse de ce qui fut un parc irrégulier de style anglais d’environ un hectare, on a suffisamment de recul pour apprécier la façade au midi de l’édifice. Construit en 1878 par le prince Léon Kotschoubey, conseiller du tsar Alexandre II, ce serait la réplique d’un château en Ukraine.

Architecture rythmée par des pilastres cannelés qui se répètent de part et d’autre des ouvertures à fronton de l’étage, en lui conférant une sorte de raideur, qu’humanise une loggia à péristyle à laquelle on accède par des escaliers opposés “à l’italienne”, et qu’adoucissent médaillons et guirlandes propres aux ornements de la fin du XVIIIe siècle.

La terrasse, plus à présent lieu de passage que jardin, est ombragée de variétés de palmiers dont une rare cépée de Phœnix dactylifera, le dattier acclimaté sur la Riviera depuis le XVIe siècle. On est intrigué par un arceau de pierre portant à son faîte un visage mythologique, soutenu de chaque côté par des tritons encadrant une margelle renflée, décorée d’attributs aquatiques. 

La municipalité de Nice a fait l’acquisition en 1925 du palais alors appelé « villa Thomson », du nom de son propriétaire américain. L’architecte Philippe Randon (temple du parc Chambrun) adapta l’habitation à ses nouvelles fonctions.

L’ancien jardin d’hiver intérieur devint le point de rencontre et la salle de concert du musée. Le premier conservateur fut le peintre niçois Gustav Adolf Mossa. Outre des artistes de la période classique dont les plus célèbres sont les membres de la famille Van Loo, on trouve au musée un éventail de sculptures et de peintures académiques du XIXe siècle, ainsi qu’un ensemble de ce que l’on appelle à présent le “pompiérisme”.

Les impressionnistes, post-impressionnistes, nabis, fauves y sont représentés, ainsi que par le truchement d’importantes donations, des œuvres de Ziem, Dufy et surtout Jules Chéret, peintre et affichiste incontournable de la Belle Époque.