Observatoire de la Côte d'Azur

Pour la première fois en Europe, l’implantation de l’Observatoire de Nice, comme on le nommait alors, donna lieu à une recherche de site sur le littoral méditerranéen : “Un ciel toujours beau, une position élevée au-dessus de la mer, l’éloignement de la ville et de ses distractions, le calme et la stabilité qu’exigent les études astronomiques”.

Image en taille réelle, .JPG 420Ko (fenêtre modale)|Route des jardins - Observatoire de la Côte d'Azur - Nice © CG06

Ces critères qui fixèrent le choix de l’installation au mont Gros sur un terrain de 35 hectares environ acheté aux Trinitaires, des Religieux de Nice.

À première vue, quatre dômes ainsi que plusieurs constructions scientifiques ou non se succèdent sans lien apparent sur la crête. Charles Garnier s’en est expliqué dans une monographie sur le sujet en 1892 :“On pourrait croire en examinant le plan d’ensemble que tous ces bâtiments ont été semés au hasard ; il n’en est rien [...] chaque emplacement a été longuement discuté, chaque dimension indiquée, chaque niveau établi [...] toutes les questions ont été soumises à un minutieux examen [...] ce qui peut sembler un peu incohérent dans la plantation des bâtiments n’est que la réalisation des desiderata formulés [...] éloignement le plus grand possible des constructions les unes des autres ; orientations mathématiques pour quelques-unes d’entre elles [...] administration et bibliothèque à peu près à égale distance de tous les locaux d’observation...”.

À la fin du XIXe siècle, la programmation d’un projet de Garnier n’avait donc rien à envier, sur le plan de la rationalité, à celles des agences d’architectes actuelles.

Depuis Nice, on voit surtout la coupole du grand équatorial et l’ensemble d’esprit néoclassique de la bibliothèque, encadrée par des pavillons symétriques, implantés par Garnier sur une large terrasse. On est frappé par le style épuré dont fait preuve ici cet architecte de la Belle Époque, qui ne redoutait pas la surcharge décorative dans le cadre d’autres programmes. Le temps fort de la visite se produit à l’approche du grand dôme, mis en scène au sommet de la crête par un parterre géométrique planté d’arbustes toujours verts. Le porche de l’édifice, auquel des colonnes ioniques donnent une certaine solennité, est surmonté d’une étonnante sculpture de bronze se détachant sur la pierre blanche de La Turbie, le buste d’un personnage ailé aux bras dressés comme pour prendre son envol : Apollon sortant du zodiaque (Bayard de la Vingterie), figure allégorique procurant l’impression de pénétrer dans quelque sanctuaire. Le seuil franchi, c’est la surprise de l’espace intérieur du dôme lambrissé d’éléments de bois à nervures concentriques, au centre duquel trône la grande lunette.

En 1885, c’était la coupole mobile la plus importante au monde, pivotant sur elle-même grâce au flotteur annulaire inventé par Eiffel. Ancien élève de l’École centrale, Bischoffsheim mit lui-même au point le système de déplacement du plancher permettant à l’astronome de suivre la lunette pointée sur un astre.