Parc Valrose

L’acquisition en 1866 de terrains, par un hivernant russe, le baron Paul Georgevitch von Derwies, créa le domaine de Valrose dans un vallon orienté à l’ouest au pied de la colline de Cimiez, au nord de Nice. La construction du grand et du petit château, de la salle de théâtre, du jardin d’hiver (disparu) et des nombreuses fabriques du parc fut achevée en 1869.

Les jardins, serres et roseraie comprises, les voies de circulation sinueuses tracées en fonction de la topographie ainsi que divers aménagements paysagers : étang, cascades, fausses ruines, rochers artificiels, grottes, kiosque, fontaines et statuaire sont en place en 1873.

C’est ainsi que l’on peut observer de grands végétaux introduits lors de la création du parc que des botanistes de la faculté des sciences, le professeur G. Lapraz ainsi que C. Allier ont identifié : cyprès américain à petits cônes, casuarina et yucca d’Australie, pin des Canaries, ginkgo de Chine, albizia désigné aussi sous le nom d’acacia de Constantinople ou d’arbre de soie, araucaria des îles du Pacifique et plusieurs sortes de palmiers. Le vallon boisé et son étang constituent une entité écologique suffisante pour y observer trente cinq variétés d’oiseaux indigènes, dont une vingtaine sont nicheurs à Valrose. Certains migrateurs y font étape : héron, huppe, martin-pêcheur, pipit et bergeronnette. Au temps de la splendeur du château, le lac était peuplé de carpes et de cygnes blancs ou noirs, tandis qu’un vautour occupait une volière sur l’une des petites îles. Mais aujourd’hui, il n’est pas question de rétablir le parc dans son état d’origine. Là où il avait fallu cent jardiniers pour le créer et l’entretenir, l’équipe actuelle maintient l’existant : élagage des arbres, taille des haies, fauchage des prairies.

Les idées de von Derwies, qu’on pourrait aujourd’hui qualifier de mondialistes, se manifestèrent quand il en appela aux compétences. Ainsi, pour le grand château il s’adressa aussi bien à un architecte russe, Grimm, qu’à son homologue Crocci qui était suisse ; le petit château est l’œuvre d’un Français, Béranger ; le Russe Makaroff fut l’architecte du théâtre tandis que Béranger et Biasini (le Palais de Marbre) s’associaient pour dessiner le portail du haut dont les tours jumelles se dressent de part et d’autre d’une imposante arche de pierre ; un véritable décor d’opéra. Le parc fut réalisé par un horticulteur niçois, Joseph Carlès, qui avait planté auparavant les jardins du casino de Monte Carlo dessinés par Édouard André (Villa Masséna). Il fit venir la majorité des végétaux d’Italie (Bordighera, Gênes, Florence). La provenance des fabriques et des sculptures disposées dans toutes les parties du parc est aussi cosmopolite.