Villa Masséna

Parmi les anciennes demeures privées qui s’élèvent le long de la Promenade des Anglais, la villa Masséna devenue musée d’art et d’histoire locale, est repérable par le jardin qui l’encadre. Villa, ou plutôt palais vu son importance, édifiée par Victor Masséna, duc de Rivoli et prince d’Essling, petit-fils du maréchal niçois André Masséna.

Image en taille réelle, .JPG 838Ko (fenêtre modale)|Route des jardins - Villa Masséna - Nice © CG06

André Masséna reçut ses titres de noblesse de Napoléon Ier, qui l’appelait “l’enfant chéri de la Victoire”. Victor Masséna s’adressa à Aaron Messiah, architecte du roi des Belges Léopold II à Saint-Jean- Cap-Ferrat. En collaboration avec Georg Tersling (Rotonde de Beaulieu) furent établis les plans d’un palais du style des résidences princières transalpines au XVIIIe siècle. Du côté de la rue de France, le porche abrité qui permet de monter ou de descendre de voiture sans se mouiller en cas de pluie, est une composante “moderne” liée à la recherche du confort – les attelages des Masséna étaient réputés à Nice pour leur élégance. En fait, la villa présente deux visages. Au nord, l’aspect classique de la façade de l’entrée correspond au caractère rigoureux de Victor Masséna, militaire de carrière ; l’urbanité tout italienne de la large loggia et de la rotonde formant péristyle du côté du midi, traduit son sens de la sociabilité que marquait son intérêt pour la vie culturelle. Il fonda en effet l’Academia Nissarda où l’on ne devait s’exprimer qu’en dialecte niçois.

Élaboré par le grand paysagiste Édouard André (1840-1911) le jardin présente deux parties : à l’est de la villa, un étroit parterre géométrique que dominent de grands palmiers Pritchardias ; au sud, une ample composition irrégulière dont les grandes masses végétales à feuillages persistants s’équilibrent, comprend un ensemble de palmiers tel que le rare Livistona chinensis à palmes ondoyantes.

À l’origine, le jardin se terminait du côté de la mer par un promenoir surélevé continu. Un portail pour accéder au jardin depuis la Promenade des Anglais y fut aménagé par la suite. Cette modification ainsi que l’installation au centre du jardin d’un buste en marbre du Maréchal Masséna par Cordier, commémorent la prise de possession de la villa Masséna par la Ville de Nice en 1919. Jugeant très lourde la charge de ce “palais” – qui comptait à ses débuts un personnel d’une soixantaine de personnes, logé rue de France. André, fils de Victor Masséna, céda sa propriété à la Ville de Nice, sous condition qu’y fut établi un musée de l’histoire locale et que le jardin soit ouvert au public. Au musée, s’est ajoutée au rez-de-chaussée de la villa, une importante bibliothèque, léguée à la municipalité par le chevalier Victor de Cessole.