Guerre de 39-45

70e anniversaire de la libération des Alpes-Maritimes

Cette année marque le 70e anniversaire des combats oubliés de 1945 pour la libération totale des Alpes-Maritimes en avril 1945 par les troupes françaises. C'est cet oubli dans un devoir de mémoire que le Département des Alpes-Maritimes souhaite combler.

En avril 1945 dans les derniers jours de la guerre alors que se précise la chute de Berlin, une partie de la France est encore occupée notamment les poches de l'Atlantique et une partie des Alpes de la frontière suisse jusqu'au département des Alpes-Maritimes.

Afin de pouvoir négocier le futur traité de paix entre l'Allemagne et l'Italie et être en meilleure position diplomatique, le général de Gaulle décida d'entreprendre la libération totale du territoire français.

Le général de Gaulle se rendit à  Nice voulant donner à l’opération une résonance nationale où il prononça un discours le 9 avril 1945 devant la foule niçoise massée sur la place Masséna. : « Le vent de la victoire s’est levé (…) ce vent de la victoire que j’ai senti autour de nos drapeaux sur le Rhin, qui flottent maintenant sur les Alpes, sur nos Alpes, sur vos Alpes, et qui va les dépasser. »

Le lendemain 10 avril commença l'offensive française généralisée sur l'ensemble du front des Alpes.

Discours prononcé par le général de Gaulle place Masséna

“Nice libérée, Nice fière, Nice glorieuse, vient d’exprimer magnifiquement les sentiments de la population tout entière et ces sentiments-là, je vous le dis, ce sont ceux de toute la France. D’abord, ce que vous exprimez, c’est la fierté de la libération, tout ce qui a été souffert ici, tout ce qui a été souffert matériellement avec tant de privations et qui continue de l’être, mais surtout tout ce qui a été souffert moralement dans ces quatre années atroces où dans le fond de l’abîme, Nice comme la Patrie entière se demandait si jamais allait reparaître le soleil de la liberté.

Nice n’a jamais renoncé à elle-même, ni renoncé à la France. Ah ! qu’ils étaient naïfs en même temps qu’insolents ceux qui avaient prétendu qu’on pourrait l’arracher à la France.

Nos armes avec celles de nos alliés ont fait pour toujours justice et maintenant les règlements se font entre peuples. Ils ne se font pas entre individus. Il serait indigne de la France, il serait en particulier indigne de Nice, n’est-ce pas, que le peuple français vainqueur aille s’en prendre à tel ou tel individu. Mais non, c’est bien davantage qu’il faut faire, c’est un règlement entre deux peuples, un règlement qui doit durer.

Oui, la fierté de la Libération, mais bien plus encore, maintenant ce qui anime Nice comme la France entière, c’est l’esprit de la Victoire, le vent de la victoire.

Le vent de la victoire s’est levé et la France l’a reconnu, car il y a tant de siècles qu’elle en a la coutume et la tradition. Ce vent de la victoire que j’ai vu souffler autour de nos drapeaux sur le Rhin. Que dis-je ? Bien au-delà du Rhin, ce vent de la victoire qui souffle maintenant sur les Alpes, sur nos Alpes, sur vos Alpes et qui va les dépasser.

Ce vent de la victoire qui souffle sur l’Europe entière, qui fait sortir peu à peu du tombeau où l’ennemi avait prétendu les enfermer, les peuples qui, l’un après l’autre, sont maintenant libérés par les armes de la liberté, c’est-à-dire celles de nos Alliés et, naturellement, celles de la France.

Et puis ce qui anime Nice, comme la France entière, c’est l’esprit de rénovation. Nous avons connu tous et toutes ce qu’il en avait coûté de nous être abandonnés trop longtemps avant cette affreuse guerre, d’avoir renoncé à être nous-mêmes, c’est-à-dire un peuple fier et grand, et nous avons reconnu qu’elle était la voie qui devait nous conduire au but que nous nous sommes tracés.

Nous avons reconnu que nous n’y parviendrions pas sans une union complète entre nous. Que nous soyons petits ou grands, riches ou pauvres, que nous soyons des ouvriers, des paysans, des bourgeois, des fonctionnaires ou des soldats, nous sommes les fils et filles d’une même patrie, au même rang.

Et c’est fraternellement unis, les mains dans les mains, que nous irons au but, qui nous est commun. Nous passerons par-dessus les obstacles, qu’ils s’appellent les privilèges ou les surenchères des partis ou les disputes des personnes.

Bien sûr, nous avons entre nous des diversités traditionnelles. Nous saurons les exprimer, nous saurons les faire valoir, même quand nous allons voter, mais nous le ferons comme des hommes et des femmes qui se respectent les uns et les autres, qui sont conscients de faire partie d’un tout magnifique et immortel qui s’appelle la France et qui savent bien qu’ils ont en commun un immense passé, un présent dur et un magnifique avenir. La France est fière, d’une juste fierté, de la libération, d’autant plus qu’elle nous a coûté.

Esprit de la victoire et volonté de la rénovation, voici là, n’est-ce-pas, ce que nous pensons tous et ce que nous allons exprimer en chantant tous ensemble l’hymne national La Marseillaise .
Vive Nice, vive la France !”

Les combats de l'Authion

Dans les Alpes-Maritimes le fer de lance des troupes était constitué par les soldats de la 1ère division française libre.

Les opérations principales se déroulèrent dans le secteur de l'Authion avec des actions de contournement sur le col de Raus au nord et par l'attaque du col de Brouis plus au sud.

Les combats les plus intenses eurent lieu lors de la prise du massif de l'Authion du 10 au 12 avril et furent particulièrement sanglants du côté français.

Après la prise du massif, les troupes françaises ne purent exploiter ensuite leur avantage tactique en raison d'un manque de moyens et par une solide résistance des troupes allemandes.

La situation se débloqua le 24 avril lorsqu'à la suite de l'offensive alliée en Italie, le commandement allemand ordonna la retraite des troupes allemandes présentes sur le front  des Alpes.

Le bilan des combats de l’offensive française dans les Alpes-Maritimes s’établira à 284 morts dont 273 appartenant à la 1re D.F.L., 728 blessés dont 644 mutilés.

Le général de Gaulle fut bien conscient du sacrifice qu’il demanda à la 1re D.F.L. Il écrira dans ses mémoires: « la tâche est rude, ingrate aussi, car il est pénible aux officiers et aux soldats de cette exemplaire division de laisser à d’autres les lauriers de la victoire qui jonchent le sol de l’Allemagne et de finir, dans un secteur isolé, l’épopée qu’ils ont vécue depuis les jours les plus sombres sur les champs les plus éclatants ».

La libération des Alpes-Maritimes et l'occupation de Tende et La Brigue

Le 26 avril, les deux derniers villages français Fontan et Saorge furent libérés par les troupes françaises ce qui marqua la libération totale des Alpes-Maritimes.

A la suite de leur avance les troupes françaises occupèrent Tende et La Brigue, alors villages italiens, dans le but de récupérer des territoires italiens afin de se venger de l'attaque italienne de 1940 sur les Alpes.

Plus à l'ouest, le 30 avril, après des travaux de déneigement, les troupes françaises purent alors pénétrer en Italie par le col de la Lombarde par une route carrossable.

Le 8 mai 1945 marqua la fin de la guerre en Europe, à Nice après le défilé militaire, les cloches sonnèrent dans toute la ville et les 101 coups de la victoire furent tirés depuis le jardin Albert 1er au milieu d’une foule nombreuse.

Agenda des commémorations

Du 26 avril au 2 mai 2015

Voyage de la mémoire d’une délégation d’anciens combattants organisé par l’Amicale de la 1ère DFL et la Fondation France Libre de Paris.

Le 27 avril 2015 à 14h30

  • Accueil de la délégation par le Président du Conseil départemental au Palais des rois sardes (10 rue de la préfecture – Nice)
  • Conférences sur les combats de l’Authion présentées par Jean-Louis Panicacci   
    • Pierre-Emmanuel Klingbeil « Aspect stratégique de la bataille »
    • Colonel Pierre Robedat (président national de l’ADFL) : « Mes combats dans l’Authion » par un Chef de Section
    • Colonel Martin : « Les combats dans les Alpes du Nord et celles du Sud : comparaison »
    • Pascal Diana « Le char de Cabanes Vieilles»

Remerciements

  • à Jean-Louis Panicacci, maître de conférences honoraire de l’Université de Nice-Sophia Antipolis, président des amis du musée de la Résistance azuréenne,
  • à Pierre-Emmanuel Klingbeil, historien.

Consultez l'intervention de Mr Panicacci

Introduction au colloque du 27 avril 2015 au Palais sarde

Avril 1945 - avril 2015, en commémorant la fin des combats libérateurs, lesquels durèrent 33 semaines dans notre département maralpin, il était incontournable d'évoquer les combats dits de l'Authion (lesquels se sont déroulés en réalité depuis le Pas de Barbacane, dans la Haute-Tinée, jusqu'à l'agglomération mentonnaise et ont également concerné, aux côtés de la 1e DFL, le 3e RIA et le bataillon étranger 21/XV, le 29e RTA et le 18e RTS) pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, par l'importance de " l'impôt du sang versé ". En effet, depuis le début des " années noires ", les épisodes les plus meurtriers avaient été la campagne franco-italienne de juin 1940 (226 tués et 984 blessés parmi les militaires du XVe Corps et ceux de la 1e Armée italienne), le bombardement aérien américain ayant frappé Nice le 26 mai 1944 (324 tués et 499 blessés), l'insurrection du chef-lieu le 28 août 1944 (68 tués et 295 blessés parmi les FFI, les grenadiers de la 148e Ersatz division et les miliciens fascistes-républicains du bataillon Nizza), les combats pour la libération de la cuvette de Sospel entre le 3 septembre et le 28 octobre 1944 (241 tués et 382 blessés parmi les parachutistes américains de la 1° Air Borne Task Force et les grenadiers de la 90e Panzer puis de la 34e ID, sans compter les 67 civils ayant péri   au cours des duels d'artillerie). Or, les combats s'étant déroulés du 10 au 25 avril 1945 coûtèrent la vie à 413 militaires de la 1e DFL, volontaires du 3e RIA et du bataillon 21/XV, grenadiers de la 34e ID et de la 3e division  Littorio, 1284 autres étant plus ou moins sérieusement blessés dont 644 mutilés dans la division la plus Free French.

Deuxièmement, par l'importance de la médiatisation de l'événement par la venue à Nice du chef du GPRF, le général de Gaulle, le 9 avril 1945 avec ce grand discours sur la place Masséna devant au moins 60 000 spectateurs dans lequel il prononça quelques phrases percutantes reprises par la presse locale et nationale au cours des jours suivants, du type " Le vent de la Victoire souffle maintenant sur les Alpes, sur nos Alpes, sur vos Alpes et va les dépasser ". Le chef du GPRF déclara au préfet Escande, juste avant de monter dans l'avion devant le ramener dans la capitale, que c'était à Nice qu'il avait reçu l'accueil le plus enthousiaste depuis sa descente des Champs-Elysées le 26 août 1944.

Troisièmement, et 70 ans après les événements on dispose de suffisamment de recul et de documentation afin d'aborder ces questions avec sérénité, la brouille entre le chef de la France libre et ses soldats les plus fidèles suscitée par leur départ d'Alsace à la veille du franchissement du Rhin et de l'invasion de l'Allemagne pour rejoindre un département lointain et montagneux pour y libérer quelques portions de territoire apparaissant comme une opération de second ordre, pour ne pas dire de troisième ordre, d'où les débats nourris au PC de la division le 8 avril au cours duquel, pour reprendre l'ascendant sur ses troupes désabusées, le général de Gaulle leur laissa miroiter l'invasion de la plaine du Pô et la course au Brenner (une nouvelle version de la prestigieuse campagne d'Italie menée par le général Bonaparte en 1796-1797), voire la prise du nid d'aigle du Führer alors que les moyens logistiques mis à leur disposition ne le leur permettaient pas, sans compter l'opposition à ce projet des alliés anglo-américains. En fait, cette opération " secondaire " fut, ironie de l'histoire, la plus meurtrière qu'ait subie la 1e DFL depuis 1941

Quatrièmement, cette offensive finalement réduite dans sa phase d'exploitation par la présence militaire américaine au Piémont à partir du 29 avril joua un rôle considérable dans les débats de la Conférence des Quatre à Paris (25 avril - 27 juin 1946) afin que la France puisse obtenir satisfaction sur des gains territoriaux certes modestes obtenus lors du traité de Paris du 10 février 1947 (les hameaux de Libre, Piene et Mollières, les villages de La Brigue et Tende, plus des secteurs inhabités mais considérés comme stratégiques (Mont Thabor-Chaberton, plateau du Mont Cenis, Petit Saint-Bernard) par rapport à l'importance des visées gaulliennes (Val d'Aoste, vallées occitanes du Piémont, Basse-Roya) mais reposant sur un principe incontestable, celui des " frontières naturelles " (fut-ce au détriment du territoire brigasque qui perdit plusieurs hameaux sur les versants piémontais et ligure) et assorti de l'organisation d'un plébiscite contrôlé par des observateurs internationaux (fut-ce a posteriori).

Ce colloque présente quatre brèves interventions couvrant l'aspect stratégique de la bataille avec Pierre-Emmanuel Klingbeil, proposant le témoignage d'un officier alors subalterne sur les opérations du BM 4 avec le colonel Pierre Robédat, évoquant une utile comparaison entre le front maralpin et les combats intervenus de l'Ubaye à la Tarentaise avec le colonel Jean-Pierre Martin, enfin un aperçu à la fois mémoriel et patrimonial concernant le site de Cabanes Vieilles et la commune de Moulinet, titulaire de la croix de guerre avec étoile de bronze, avec Pascal Diana.

 Jean-Louis PANICACCI

Consultez l'intervention de Mr Klingbeil

Intervention du 27 avril 2015 au Palais des rois sardes de Pierre-Emmanuel Klingbeil sur les « les aspects stratégiques de la bataille » dans le cadre de la conférence sur les combats de l'Authion.


Bonjour Mesdames et Messieurs,

Trois remerciements avant de commencer cette courte intervention de vingt minutes.

Je voudrai d'abord remercier Monsieur Ciotti, président du Conseil Général ensuite toute l'équipe du conseil général qui a preparé cette commemoration et surtout  les vétérans de la 1ère Division Française Libre qui nous honorent de leur présence exceptionnelle.

Il ne faut pas oublier qu'une partie des membres de cette prestigieuse division ont été parmi les premiers à avoir rejoint le général de Gaulle dans son combat pour la libération de la France et qui ont été de tous les combats pendant les années de guerre.

Je citerai (Bir hakeim, la campagne d'Italie, de Provence, d'Alsace et de l'Authion) afin se battre pour la libération du territoire et contre l'idéologie nazie par abnégation par patriotisme et pour une France libre et démocratique avec un sens exceptionnel du sacrifice pour défendre leurs valeurs.

Pourquoi j'emploie le terme de sacrifice, car un ancien combattant de la 1ère  D.F.L. le général Magendie qui était en 1945 commandant du B.I.M.P. s'est interrogé après coup sur l'utilité de ces combats dans un article intitulé : "l'Authion signification d'un sacrifice." C'est à quoi nous allons essayer de répondre aujourd'hui.

Il faut revenir au contexte, il y a soixante dix ans le printemps arrive sur la Côte d'Azur, l'armée américaine a transformé la région de Nice en un centre de divertissement pour ses soldats en permission. La libération de Nice intervenue en août 1944 est loin plus de sept mois se sont écoulés le front est stabilisé sur les Alpes à une trentaine de kilomètres de Nice. Berlin est presque encerclé la capitulation est proche. Il fut alors décidé une offensive générale sur le front des Alpes et sur les poches de l'Atlantique.

Cela nous amène à poser quatre questions :

  • Pourquoi cette offensive?
  • Comment cela s'est déroulé ?
  • Où attaquer?
  • Et quelles en furent les conséquences?

Pourquoi?  

Le général de Gaulle dès le mois de janvier 1945 devant le repli du front allemand décida de mener une offensive sur le front des Alpes afin de ne pas se faire surprendre par la fin de la guerre en vue de mener une opération de représailles pour se venger de l'attaque italienne de 1940 contre les Français dans le but de récupérer le maximum de territoires frontaliers sur les Alpes et plus spécialement dans notre région les territoires de Tende et de la Brigue.

C'est donc une opération à visée politique pour que la France puisse obtenir des gages et être en position de force dans les négociations entre les vainqueurs après le conflit. Pour cela il était essentiel que l'ensemble du territoire soit libéré et mieux obtenir une zone d'occupation en Allemagne et en Italie pour être pleinement à côté des vainqueurs à la fin de la guerre.

Comment les opérations se déroulèrent?

Le secteur des Alpes était alors divisé en trois ensembles dont le secteur nord et centre et le secteur sud qui correspond à peu près au département des Alpes-Maritimes objet de notre étude.

Dans l'ensemble des secteurs le commandant en chef était le général Doyen, dans le secteur sud, le front fut tenu au cours de l'hiver par une unité américaine chargée de défendre la Côte d'Azur d'une éventuelle attaque allemande. Tout changea avec l'arrivée du printemps où la 1ère D.F.L en provenance d'Alsace arriva dans le but de mener une offensive sur le front avec à leur tête le général Garbay

Troisième interrogation : Où attaquer ?

Dans la préparation de l'offensive l'état major de la 1ère D.F.L. s'est vu assigner un front de quatre vingts kilomètres exclusivement montagneux divisé en trois secteurs: nord, centre et sud.

D'un point de vue strictement militaire pour passer en italie il faut tenir les cols carrosables.

Dans le secteur nord du département il existe le col de la Lombarde pour descendre vers la plaine du Pô mais recouvert de neige et dont le secteur est tenu par des unités italiennes de la République Sociale Italienne.

Dans le secteur centre il faut tout d'abord tenir le col de Brouis pour ensuite songer à passer par le col de Tende pour pouvoir descendre dans la plaine du Pô.

Dans le secteur sud ou  littorale le long de la mer la route avait été détruite et infranchissable sans de gros moyens matériels et avec du temps. Mais où la présence militaire allemande était faible et une progression ultérieure aurait été facilitée le long de la côte. Cette solution ne fut pas retenue.

La proposition d'une attaque dans le secteur nord ne fut pas retenue non plus malgré la proposition du chef d'état major de la 1ère D.F.L. qui était à l'époque le lieutenant colonel Saint-Hillier qui par un curieux hasard connaissait parfaitement le secteur nord et notamment le col de la Lombarde  pour y avoir été avant guerre. Pour passer en Italie, il fallait pour lui attaquer une voie de passage là où l'ennemi est le plus faible mais le col était alors bloqué par la neige et des congères (4 mètres) et surtout cette zone était alors en territoire italien.

Pourquoi ces deux solutions ne furent pas retenues?

Car l'état major français devait présenter un plan d'attaque au commandement américain pour délivrer exclusivement le territoire français car le secteur des Alpes était alors sous commandement du VIème groupe d'armée américain avec sa tête le général Devers qui fournissait les approvisionnements français. Le général de Gaulle avait bien précisé au général Doyen commandant les troupes françaises sur l'ensemble des Alpes que ce plan devait rester secret et que les Américains ne soient au courant de rien.

On présenta donc aux américains un plan d'offensive qui ne visait pas à attaquer les territoires italiens mais dont l'objectif militaire visait la libération totale des Alpes Maritimes soit deux villages Breil et Fontan aux mains des troupes allemandes afin de cacher les véritables intentions françaises sur les finalités de l'offensive.

C'est pour cette raison que le secteur centre fut choisi par une attaque sur le col de Brouis, voie de passage obligée vers le col de Tende, mais par un concours de circonstance le plan fut modifié, il avait été décidé d'attaquer en plus du col de Brouis menant à Breil sur Roya le massif puissamment fortifié de l'Authion sur le territoire français en raison des conseils d'un officier français de réserve qui avait vécu dans la région de Fontan et qui avait défendu victorieusement le secteur en 1940 lors de l'attaque italienne.

Le secteur avait été considéré à l'époque comme au centre du dispositif de défense français. Mais là il ne s'agissait plus du tout de défendre le secteur contre une attaque venant de l'Italie mais de l' attaquer sans qu'aucune raison militaire ne puisse la justifier pour progresser plus en avant car il n' existait aucune route carrosable descendant vers la vallée de la Roya.

Mais l'avantage du choix de l'Authion était ainsi presenté au commandement américain comme la justification de la libération du territoire français et pouvait être considéré en plus comme un objectif militaire: la prise de fortifications.

Cependant  il exista des dissensions au sein de l'état major de la 1ère D.F.L. sur le choix du lieu de l'attaque car d'après le rapport de renseignement rédigé après les premières patrouilles de reconnaisance française sur l'Authion et sur la possibilité d'attaque du massif, celui ci  fut jugé particuilèrement difficile et la conclusion du service de renseignement français  fut sans équivoque je cite : « terrain très dur, impraticable souvent même aux mulets, absolument dénudé. » Il était clair que, dans ces conditions, sur les 80 kilomètres du secteur imparti à la 1ère D.F.L. l’attaque ne serait concentrée que sur 500 mètres dans le secteur le mieux défendu et le plus difficile de tout le front.

Ainsi les conclusions du 2e bureau de la 1ère D.F.L. sur le projet d’attaque sur l’Authion furent sans appel :«  une attaque frontale sur l’Authion semble vouée à l’insuccès ou tout au moins entraînerait de très fortes pertes pour les unités attaquantes. »

Mais malgré des conclusions « militaires » très défavorables, le choix de l’Authion s’imposa très vite à l’état-major comme un choix politique parfait pour l’offensive de printemps.

Et cela réussit même parfaitement car à la lecture du plan d attaque français celui ci fut immédiatement validé par le général Devers. Ce plan fut tellement minimaliste dans les Alpes-Maritimes, une cinquantaine de kilomètres carrés de rocailles occupés par les Allemands ainsi que deux villages que celui-ci jugea bon d’autoriser le 31 mars 1945, à la grande surprise du général Doyen, une avance et même un franchissement de la frontière jusqu’à une distance de 20 kilomètres à l’est!

Pour le général Devers, il était en effet aberrant de mobiliser une division entière pour la libération de quelques kilomètres ne présentant aucun intérêt stratégique. Il confirma cette limite le 4 avril, en précisant que les troupes françaises ne devaient pas aller au-delà de Cuneo dans la plaine du Pô et d’Imperia sur la côte ligure. Cette limite correspondait, à peu près, à la zone d’occupation française maximale qu’avait réclamée le général de Gaulle en Italie, à l’exception majeure de la ville de Turin.

Mais la véritable raison pour laquelle ce plan fut accepté était que les Britanniques désiraient la présence des troupes françaises pour faire pression à la frontière franco-italienne afin de faciliter l'offensive alliée en Italie, prévue pour le 9 avril sous le nom d’opération « Grapeshot. » Le général Clark, par l’intermédiaire du commandement américain du VIe G.A., avait demandé aux troupes françaises stationnées le long de la frontière franco-italienne, « de feindre une attaque (...) afin de nous aider dans notre progression » à travers la plaine du Pô.

En conséquence, l’assaut sur l’Authion fut prévu pour le 9 avril 1945, jour du début de l’offensive en Italie mais fut reporté au lendemain non pas pour des conditions météos mais en raison de l'attente d'arrivée de munitions d'artillerie supplémentaires qui manquaient à la 1ère D.F.L.

À l’état-major français, l’angoisse d’une offensive stoppée à la frontière franco-italienne s’estompa pour faire place à une période d’euphorie. Le général Doyen s’empressa de répondre qu’il avait très bien compris la mission demandée qui était de soutenir le XVe G.A. dans son offensive en Italie. Il fit alors part au général Devers que son objectif n’était plus du tout de libérer le territoire français, mais de menacer les arrières ennemis en préparant « son attaque principale en direction de Turin. » Dès lors, le prétexte d’une libération du territoire français pour dissimuler aux Américains les objectifs politiques de la France en Italie devenait complètement caduc.

Dans l’optimisme généralisé, le plan d’attaque dans les Alpes-Maritimes, à l’Authion fut maintenu, alors que celui-ci n’avait plus aucun objectif militaire, ni surtout politique. Le général Doyen devait maintenant donner une raison à la prise de l’Authion, au moins comme « objectif militaire » pour les hommes de la 1ère D.F.L. Le problème était qu’il n’en existait aucune pour ces quelques kilomètres de rochers stériles. Il fut alors décidé que l’objectif de l’opération serait de « reprendre le massif de l’Authion qui commande les deux directions principales de pénétration qui convergent vers Nice ce qui est un non sens car il ne s'agissait pas du tout de se défendre d'une éventuelle attaque allemande vers la ville de Nice mais bien d'attaquer.

Quoi qu'il en soit l'arrivée du général de Gaulle le 9 avril à Nice coupa court à toute discussion tactique, il voulait donner à l'offensive une portée nationale et après un discours sur la place Masséna à Nice, il fut décidé d'attaquer le lendemain dans l'urgence de peur que la guerre se finisse sans qu'une partie du territoire italien fut occupée.

Il annonça que la division devait libérer le territoire national, puis descendrait dans la plaine du Pô afin de terminer la guerre dans le Tyrol: « messieurs, je suis au courant des sacrifices que je vous demande. La campagne qui s’ouvre sera pénible, je le sais. Elle vous ouvrira les portes du Piémont et vous conduira au Tyrol. Tout ce que vous pouvez faire n’est pas inutile et vous me donnez des arguments pour parler au nom de la France. Nous voulons reconquérir les frontières naturelles de notre pays. J’ai confié cette mission à la 1ère D.F.L. Demain, vous allez attaquer. Bonne chance! »

L'assaut sur l'Authion se déroula donc le lendemain matin à l'aube.

Le massif de l’Authion est un massif qui culmine à 2.000 mètres. Deux forts construits en pierre au XIXe siècle, la Forca et Mille Fourches, La redoute des Trois communes et Plan Caval, un ouvrage de la ligne Maginot protège cet observateur naturel entre les vallées de la Vésubie et de la Roya.

Les Allemands ne furent aucunement surpris de l'assaut des français, ils avaient posé sur l'ensemble du front des réseaux de fil barbelé mais surtout plus de 10 000 mines de toutes types anti chars et anti personnel. Ils avaient victorieusement repoussé au cours de l'hiver les patrouilles de reconnaissances américaines qui avait tenté de s'approcher du massif. Les angles de tirs avaient été longuement étudiés depuis huit mois, et le camouflage fut particulièrement soigné, le plan de tir des mortiers avait été préparé et la discipline de feu fut suivi de façon très stricte attendant le dernier moment pour tirer, ils disposaient d'armes individuelles anti chars et de nombreux tireurs d'élite.
Je n'ai malheureusement pas le temps de vous décrire en détail les combats mais les soldats français montant à l'assaut furent immédiatement stoppés à l’approche du fort de la Forca où les Français avançaient sur une pente étroite et dénudée, sans aucune possibilité de manœuvre. Le terrain fut totalement miné, la préparation d'artillerie fut inefficace sur les fortifications de plusieurs mètres d'épaisseur et insuffisante par manque d'obus, en outre le bombardement aérien fut jugé inefficace faut d'objectif visible.

Le bilan se solda après trois jours de combat par la prise de l’Authion ce qui causa pour la 1ère D.F.L. 110 morts et 220 blessés. La moitié des pertes furent causées par les mines et les blessés furent souvent amputés.

Si les forces allemandes « furent affaiblies » suivant les conclusion de l'état major de la 1ère D.F.L.  les « dispositions défensives n’ont pas été considérablement modifiées. »Le bilan des pertes allemandes pouvait apparaître pour le moins dérisoire : destruction et capture des 5e et 6e compagnie du 2e bataillon du 107e régiment dont 31 prisonniers.

L’Authion fut cependant, incontestablement une victoire française mais qui avait été payée à un prix exorbitant.

Après deux jours de combat, l’offensive fut pratiquement interrompue par manque d’obus !

Les attaques sur le col de Raus au nord de l'Authion ont été un succès car au prix d'un long contournement les troupes françaises sont arrivés à surplomber les positions allemandes ce qui les força à se rendre.

Plus au sud au col de Brouis ce fut aussi un échec de l'assaut dont nous parlera tout à l heure le colonel Robedat qui participa à l'assaut en tant que sous lieutenant au B.M..4.

Devant le bilan très lourd.  La phase d’exploitation prévue fut inexistante et se limita à la réduction des dernières positions allemandes le long de la ligne de crète surplombant la Roya. Une nouvelle attaque sur le massif de l'Arpette fut annulée et les français subirent même des contre attaque allemandes sur la cime de Pesourbe, à Colla Bassa et sur le plateau de la Ceva

Dernière question : Quelles en furent les conséquences?

Je laisse la conclusion au général Magendie (un des vôtres)  : il se demanda si le « massif de l’Authion malgré ses ouvrages fortifiés (…) n’était pas déjà dans la stratégie générale qu'une minuscule enclave. » Il reste que, selon lui, le bilan fut « dérisoire dans cette aventure sanglante des Alpes où l’audacieuse manœuvre sur Turin a tourné au plus court. » où « seule la valeur morale collective des unités (et) un engagement total (…) a pu éviter une issue regrettable pour l’honneur militaire de la nouvelle armée française.

Elle a permis de tenir pour une modeste victoire, un échec limité par les sacrifices et l’abnégation des combattants. »
Le bilan des pertes françaises sur l'ensemble des Alpes Maritimes s’établit à 292 morts dont 273 appartenant à la 1ère D.F.L., 728 blessés dont 644 mutilés et 33 prisonniers.

Le bilan des pertes germano-italiennes fut moins lourd dans les Alpes-Maritimes au cours de l’offensive de printemps du 10 au 24 avril 1945 : 120 tués, 480 blessés, 242 prisonniers allemands et de 5 tués et 155 prisonniers pour les italiens de la division « Littorio. »

Néanmoins l'offensive se solda par une victoire française pour deux raisons:

La première fut que les Allemands reçurent l'ordre d évacuer le secteur le 24 avril et les Français purent occuper le secteur à cette date sans tirer un seul coup de feu et la deuxième raison fut l'ouverture du col de la Lombarde par le génie de la 1ère DFL, le général Garbay sans solution militaire sur le terrain adopta alors le plan du lieutenant-colonel Saint-Hillier pour un passage en Italie par ce col mais il est vrai qu'à cette date la retraite allemande et italienne avaient déjà eu lieu.

Si l'on veut faire un bilan sur le long terme de la campagne de 1944-1945, celle ci marquait la fin de plusieurs siècles de combats pour imposer la présence de la France sur la frontière des Alpes par le traité de paix de Paris de 1947, avantageux pour la France grâce aux sacrifices des troupes sur le front des Alpes qui a permis d'avoir un poids supplémentaire dans la négociation du traité de paix avec l Italie.

Non votre sacrifice ne fut pas vain, ce fut une victoire diplomatique de la France grâce à votre action.
Je vous remercie de m'avoir écouté et je laisse la parole aux prochains intervenants.

Consultez l'intervention du colonel Martin

27 avril 2015
Conférence 1ère DFL
Les combats dans les Alpes du Nord et celles du Sud : comparaison 

1)      Rappel historique

Le 1er mars 1945 est créé le DAA. Il s'agit de répondre à la demande du général Devers de faire diversion sur le front des Alpes afin de favoriser l'offensive finale en Italie du Nord, prévue pour le 10 avril.

Mais les Américains ne consentent à aucun appui, renforts, ou octroi de munitions et d'équipements au profit du DAA.

Le général Doyen, dans l'impossibilité où il se trouve d'agir simultanément sur l'ensemble du front, est contraint à des actions partielles et successives, avec déplacement des seuls moyens lourds, ceux de la DFL.

Quatre opérations sont alors décidées :

 

  • Vers le col du Petit-saint-Bernard (5e DBCA) du 23 au 31 mars ;
  • Vers le Mont Cenis du 5 au 7 avril (7e DBCA) ;
  • Vers le col de Tende du 10 au 18 avril (1ère DFL, 3e RIA) ;
  • Vers le col de Larche du 22 au 26 avril (5e dragons, 99e RIA).

 

La règle étant que si les objectifs n'étaient pas atteints, l'offensive serait stoppée faute d'appuis disponibles. 

2)      Les points communs à ces différentes offensives

 

  • Le premier est évidemment le caractère très montagneux des différents théâtres. L'Authion culmine à plus de 2000 mètres, les sommets dominant les cols de Larche, Mont Cenis, saint-Bernard dépassent fréquemment les 2800 mètres. Cette difficulté est aggravée par les contraintes liées à la saison, froid, neige, intempéries. On rappellera que le col de la Lombarde avait encore une couche de neige de deux mètres d'épaisseur. Or la neige réduit considérablement l'efficacité des projectiles d'artillerie et l'emploi des mines.
  • Le second est la présence de nombreuses fortifications de différentes générations, mais exploitées avec l'efficacité qu'on leur connait par les soldats allemands :
    • Redoute des Trois-Communes, La Forca, Mille-Fourches, ouvrages Maginot du col de Raus et de Saint-Véran à l'Authion ;
    • Ouvrages de Roche la Croix et de Saint-Ours à Larche ;
    • Forts de la Turra et du Mont Froid au Mont Cenis ;
    • Redoute Ruinée et Roc Noir au Petit-saint-Bernard.

      Beaucoup de ces fortifications, dirigées initialement vers l'Italie, ont été " retournées " vers la France par les Allemands.
  • Le dernier point commun est l'extrême pugnacité des forces allemandes qui tenaient la frontière alpine. Dans les Alpes du Nord, la défense est confiée à la 5e Gebirgs-Division composée de montagnards du Tyrol et de Bavière. Elle s'est battue en Grèce, en Crète, à Leningrad, à Monte Cassino. C'est l'une des plus solides unités de la Wehrmacht. Elle compte un bataillon de haute montagne composée d'alpinistes chevronnés, le Lehrbataillon Mittenwald. Dans les Alpes-Maritimes, c'est la 34e Infanterie Division du général Lieb. Elle a combattu trois années durant sur le Front de l'Est.
    Jusqu'aux tout derniers jours, ces deux grandes unités ne lâcheront rien. Ainsi, le 20 avril, deux compagnies bavaroises parviennent à arracher aux légionnaires le sommet de Pesourbe, au-dessus de la Roya, tandis que les Gebirgsjäger reprennent de haute lutte la pointe de Belleface, à 2856 mètres, après avoir emprunté de nuit des pentes verglacées à plus de 50°.

 

3)      Les limites de la comparaison

Pour autant, les théâtres Nord et Sud ne sont pas similaires à bien d'autres égards. La première divergence tient à la morphologie. Si le massif de l'Authion est une montagne élevée, ce n'est pas pour autant de la haute montagne. La proximité de la mer, par ailleurs, atténue les effets de l'altitude, qui dépasse à peine les 2.000 mètres.

Il en va tout autrement dans les Alpes savoyardes. Les sommets qu'il va falloir conquérir dépassent fréquemment les 2.800 mètres, et sont encore enneigés dès 1.500 mètres.

Sans parler même des combats du col du Midi, livrés en février à plus de 3.500 mètres d'altitude, qui relèvent davantage de l'accrochage, les opérations conduites en Tarentaise et en Maurienne ont nécessité des techniques d'alpinisme souvent poussées, comme la prise de Bellecombe (2.755m) le 5 avril par une section d'éclaireurs du 11e BCA, avec le passage d'une barre rocheuse ayant nécessité la pose de cordes fixes. Où la conquête de l'aiguille de Belleface (2.857m) par la SES/7e BCA, avec l'escalade de nuit d'un couloir à 45°.

On soulignera aussi l'importance des dénivelées. La compagnie Branche du 11e BCA qui a pris le Mont Froid (2.819m) le 5 avril a dû gravir une crête enneigée sur 1.600 mètres de dénivellation. Du reste on trouve à la division alpine l'élite de l'alpinisme de l'époque, Lionel Terray, Jacques Boell, Maurice Herzog, Honoré Bonnet...

La deuxième divergence a trait à l'origine des forces engagées. Dans le secteur Sud, la grande unité est la 1ère DFL, qui baroude depuis des années contre la Wehrmacht, et qui est parfaitement entraînée et équipée, solidement encadrée. Dans le secteur Nord il en va autrement. La 27e division alpine provient exclusivement des maquis dauphinois et savoyards. Si les jeunes gens qui la composent sont pleins de fougue et d'allant, ils sont loin de posséder les qualités techniques des Gebirgsjäger, et sont dramatiquement sous-équipés, les Américains ayant refusé d'assurer leur logistique. De sorte que leurs exploits authentiques en haute montagne, prise du Roc Noir, du Mont Froid, de Bellecombe, seront des succès éphémères, n'ayant pas l'armement et l'équipement pour les conserver dans la durée.

Il existe enfin une différence majeure dans le dimensionnement et les objectifs affectés aux différents théâtres. 30.000 hommes sont massés dans les Alpes-Maritimes sous les ordres du général Garbay, contre à peine quelques milliers dans les Alpes du Nord. C'est que c'est dans le sud que se trouvent les objectifs politiques les moins inaccessibles. Si les revendications sur la haute-Roya paraissent en effet légitimes, celles sur le val d'Aoste ou les vallées francophones du Piémont le sont beaucoup moins. En tout cas beaucoup plus difficiles à faire admettre à la communauté internationale.

En définitive, et pour conclure, ce qui relie profondément les vétérans de l'Authion aux " Marie-Louise " des Alpes du Nord, c'est le patriotisme et la générosité dans l'action. Honorons leur mémoire sans autre distinction.