La Villa Santo Sospir

Construite en 1931 face à la mer, sur le côté Est du Cap Ferrat, la villa Santo Sospir est couverte de fresques d’un des plus grands écrivains, peintre, sculpteur et cinéaste du XX°s : Jean Cocteau ! Un jardin et un patio enserrent cette villa dans un écrin de verdure et de fleurs ; la nature y apporte cette touche ineffable de paix et d’intemporalité qui fait écho aux mythologies du poète.

En 1949, le poète Jean Cocteau au cours du tournage des Enfants Terribles, film réalisé d’après son célèbre roman par un tout jeune cinéaste de l’époque, Jean Pierre Melville, fit la connaissance de Francine Weisweiller. Nicole Stéphane (de son vrai nom Nicole de Rothschild), l’actrice principale du film, cousine d’Alec Weisweiller, présenta le poète à Francine ; il y eut entre eux un véritable coup de foudre d’amitié.

Au Printemps 1950, après le montage des « Enfants Terribles »,  Francine invita Jean Cocteau, ainsi que son fils adoptif Edouard Dermit (interprète du rôle de Paul dans le film), à venir passer une petite semaine de vacances dans sa maison de St Jean Cap Ferrat surplombant la baie de Villefranche.

Quelques jours après son arrivée, il demanda à Francine s'il pouvait dessiner au fusain la tête d’Apollon au-dessus de la cheminée du salon. De fil en aiguille, il tatoua de fresques tous les murs de la maison. Matisse lui avait dit : « Quand on décore un mur on décore les autres, il avait raison ». Cocteau disait également : « Picasso a ouvert et fermé toutes les portes, restait de peindre sur les portes, c’est ce que j’ai essayé de faire.  Mais les portes donnent dans les chambres, les chambres ont des murs et si les portes sont peintes les murs ont l’air vides… »

Tout l’été de 1950, Jean Cocteau a travaillé sur des échelles, sans aucune maquette préalable. Après avoir dessiné au fusain, le poète a rehaussé ses dessins de couleurs : un ouvrier italien lui préparait des poudres de couleur délayées dans du lait cru. C'est ce qu’on appelle des fresques a tempera. Cocteau écrira : « il ne fallait pas habiller les murs, il fallait dessiner sur leur peau, c'est pourquoi j'ai traité les fresques linéairement avec le peu de couleurs qui rehaussent les tatouages. Santo Sospir est une villa tatouée ».