Route du Baroque

Chapelle de la Miséricorde

Située à l’angle sud-ouest de la vieille ville, place Jules Lisnard, ou place du portail, la chapelle fut construite en 1664 par la confrérie des pénitents noirs à qui elle appartient jusqu’à la révolution. Elle est ensuite achetée en 1793, lors de la vente des biens nationaux, par des particuliers, Jean-Antoine Cevoule et Antoine Laty, qui en font don, en 1807, à la paroisse de Vallauris. Depuis 1980, elle est mise à la disposition de la commune pour des activités culturelles.

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L’intérieur dévoile, au fond d’une nef voûtée en plein cintre, un magnifique autel galbé avec son retable baroque, datant de 1724 et classé Monument Historique.

Le retable architecturé en bois, partiellement peint en « faux marbre », comporte quatre tableaux. Le tableau central représente une déposition, entourée de treize scènes de la Passion du Christ ; le cadre est sculpté de petites fleurs et guirlandes et au-dessus du tableau, des fleurs ont été également sculptées. À droite et à gauche de cette composition, les deux représentations de Saint-François-de-Salles et de Saint-Blaise sont surmontées d’une dédicace, peinte sur des cartouches sculptées : Mater misericordiæ (mère de miséricorde).

Deux colonnes, polychromes et dorées, encadrent chacun des tableaux. Leurs bases et leurs chapiteaux corinthiens sont dorés tandis que leurs fûts sont composés de deux décors sculptés, séparés par une ligne dorée : sur le bas, des putti aux ailes dorées et des motifs floraux et sur le haut, des rinceaux de feuillage. Des pilastres, placés derrière ces colonnes, reproduisent le même décor. Des ailerons en volutes, peints de rinceaux de feuillage, bordent ce premier ensemble.

Au-dessus du panneau central, l’entablement à ressaut, qui se compose d’une frise ornementée de rinceaux de feuillages et putti, et d’une corniche à denticules, modillons et fleurs, supporte un fronton curviligne avec de part et d’autre des statues en mouvement et dans le tympan une statue de Jésus, située à l’avant d’un cartouche.

Le Couronnement de la Vierge par la Trinité, quatrième tableau du retable, placé au-dessus de cet ensemble et soutenu par deux ailerons en volutes, est souligné par deux colonnes en bois, similaires à celles du niveau inférieur pour la base et le chapiteau, cependant le fût est plus simplement sculpté de rinceaux de feuillage. Un fronton triangulaire, dont le tympan est décoré en son centre d’un putti, rehaussé d’or, couronne le retable.

Les deux bancs du « Prieur et du Sous-Prieur de la Confrérie » (début XIXe siècle) avec leurs pupitres, placés de part et d’autre de l’autel dans le prolongement des stalles des Pénitents, en bois de noyer et résineux sont inscrits sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, ainsi que les lambris des stalles des Pénitents (XVIIIe et XIXe siècles) en bois de résineux, situés contre les murs latéraux nord et sud de la chapelle. Ces lambris étaient autrefois peints « en faux marbre» et sont aujourd’hui recouverts de peinture « couleur bois ».