Route du Baroque

Citadelle Saint Elme 1556

C’est en 1388 que Nice et son comté deviennent partie intégrante des domaines savoyards avec lesquels ils auront une histoire commune de quatre siècles. Grâce à cette annexion, les États savoyards ont enfin une fenêtre sur le monde méditerranéen, un petit port et une grande rade. Cette position va les placer au coeur des conflits entre souverains car désormais, du lac de Genève à la mer, personne ne peut plus traverser les Alpes sans avoir à passer chez eux.

Image en taille réelle, .JPG 72Ko (fenêtre modale)|© CG06

Tirant les enseignements des tragiques événements du siège de Nice (1543) où aucun dispositif n’a pu être opposé à l’ennemi (Barberousse et la flotte turque alliés à François Ier, venus par la mer et par la rade de Villefranche en particulier), le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert décide de fortifier celle-ci pour assurer la sécurité de ce port vital et du pays niçois.

En 1566, Emmanuel-Philibert confie cette tâche à André Provana de Leyni. La citadelle Saint-Elme et le mont Alban sont construits selon les nouvelles normes de la fortification.

L’usage de la poudre se développe à partir de 1350. À partir de 1430 intervient un fait déterminant et révolutionnaire pour la construction des forteresses : l’apparition presque simultanée des pièces d’artillerie légères et puissantes, d’affûts plus maniables et surtout de projectiles en fonte ou en bronze capables de disloquer la maçonnerie des murailles.

Les ingénieurs se trouvent obligés de trouver une parade à l’évolution de l’artillerie.
Après de nombreux tâtonnements, ils élaborent un nouveau type de fortification reposant sur deux grands principes : le rempart rempli de terre et le tracé bastionné sans angle mort. Ces deux principes s’illustrent parfaitement dans la citadelle de Villefranche.

Son plan est irrégulier à cause de la configuration naturelle du terrain : un noyau rocheux à proximité de la mer.

La partie centrale est composée d’un grand trapèze dont les fronts perpendiculaires à la mer mesurent 208 m et 176 m (les autres mesurant 148 m et 108 m). Deux grands bastions aux angles flanqués aigus se développent côté terre, et, côté mer, les bastions sont plus larges.
Un fossé maçonné et taluté fait le tour de l’édifice, impliquant un pont face au portail d’entrée.
C’est sans doute cet imposant fossé qui confère le plus au bâtiment son aspect de forteresse.