Ilonse

Un habitat fortifié dénommé Ilonse est mentionné durant la première moitié du XIIIe siècle.

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Le village d’Ilonse occupe un splendide site perché, à 1250 mètres d’altitude. On y accède par une route spectaculaire, inaugurée en 1948.

L’origine d’Ilonse est fort ancienne.
La racine celtique de son nom, Ille, signifie hauteur boisée. Une famille portant le nom d’Ilonse est connue à Nice à partir de 1141 et un habitat fortifié est mentionné sur place durant la première moitié du XIIIe siècle puis, en 1351, une église dédiée à saint Michel.

Le fief a successivement appartenu aux barons de Beuil (XIIe), à la famille des Féraud de Thorame (XIIIe), à la famille des Glandèves et à nouveau à la famille des Beuil jusqu’au début du XVIIe , puis durant un siècle à la famille Badat.

À un kilomètre en contrebas de l’agglomération actuelle se trouvent les ruines d’un prieuré (appelé aujourd’hui chapelle Saint-Joseph) ayant appartenu au monastère de Lérins. La première trace de l’existence de ce prieuré remonte au XIe siècle, dans le cartulaire du monastère de Lérins, lorsque le moine Jean donna à l’abbaye une vigne située sous l’église Saint-Laurent.

À partir du milieu du XIIIe siècle, il passa sous l’autorité de l’abbaye de Saint-Dalmas-de-Pedona. Ilonse est connu grâce au poète Raymond Féraud, né vers 1245, fils du seigneur d’Ilonse, auteur de la Vida de San Honorat qui fait partie des trésors de la langue provençale.

Le village conserve aujourd’hui un aspect fortifié avec ses maisons serrées sur un piton. Outre les édifices religieux précédemment mentionnés, Ilonse possède de nombreux lieux de culte : chapelle Saint-Grat, dite chapelle des pénitents (dans l’agglomération), chapelle Saint-Pons (au col Saint-Pons), chapelle Saint-Maur (hameau d’Irougne), chapelle Saint-Antoine de Padoue (en contrebas du village), chapelle Sainte-Marie (hameau d’Abéliéra), chapelle Sainte-Barbe (hameau du Pous).

Les hameaux d’Irougne, d’Abéliéra et du Pous permettaient d’exploiter les différentes parties d’un vaste terroir, d’une superficie de 4 000 ha, en partie boisé

Église paroissiale Saint-Michel, début XVIe-XVIIIe siècle

Mentionnée en 1351, elle appartenait alors à la mense capitulaire de Clans et se trouvait à l’intérieur du château, démantelé en 1621 à la suite de la condamnation à mort du comte Annibal de Grimaldi par le duc Charles-Emmanuel Ier.

Elle fut alors agrandie une première fois dans la seconde moitié du XVIIe siècle et obtint le titre de paroissiale, puis une seconde fois au XVIIIe siècle, et flanquée d’un clocher.

Ce dernier sera reconstruit au XIXe siècle.

Derrière l’église, une table d’orientation offre au visiteur un panorama exceptionnel sur la Tinée et le Val de Blore

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L’intérieur de l’église paroissiale Saint-Michel

L’église est formée d’un seul vaisseau divisé en quatre travées. Les trois premières travées en voûtes d’arêtes sont séparées par des arcs-doubleaux plein-cintre.

La travée de chœur, voûtée sous croisée d’ogives à nervures apparentes et à clef plate gravée d’un IHS, est une partie au moins de la chapelle castrale et remonte au début du XVIe siècle.

Le chevet de l’église fut orné vers 1520-30 d’un décor en l’honneur de saint Michel, peint par Andrea da Cella, artiste ligure fixé à Roquebrune près de Menton. Ces peintures, découvertes en 1975, sont aujourd’hui masquées par le retable du maître-autel.

Le visiteur pourra aussi s’attarder sur les deux autels de la troisième travée : celui du sud est dédié à Notre-Dame du Rosaire, celui du nord, à saint Grat.

La sacristie expose un trésor surtout constitué des ornements liturgiques portant les armes des Pasquale, comtes d’Ilonse en 1729, et des Lovera di Maria

 

Chapelle Saint-Grat, dite chapelle des Pénitents

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Située sur l’ancienne entrée du village médiéval, c’est un édifice simple, de petites dimensions, au plan presque carré.
La première travée, la nef, est couverte en voûtes d’arêtes, la deuxième, le chœur, a une voûte en berceau brisé.

À l’origine, chapelle de porte ou d’enceinte, la chapelle Saint-Grat a été transformée à l’époque moderne. Elle accueillait les pénitents blancs dont on peut encore voir les stalles. Le mobilier provient d’autres chapelles.

On remarquera une toile peinte à la manière d’un polyptique provenant de la chapelle Saint-Pons, daté du XVIIe, présentant saint Pons en abbé, entouré de saint Roch et de saint Sébastien, et une statue de saint Antoine, datée de 1867.

Il est possible que la chapelle ait eu plusieurs patrons : saint Grat, Notre-Dame de Miséricorde ou saint Jean-Baptiste.
En effet, l’ancien retable de la chapelle, conservé dans l’église Saint-Michel, montre saint Grat encadré de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l’évangéliste.

 

Chapelle Saint-Antoine-de-Padoue

Elle est située en contrebas du village, à environ 5 km en direction du sud-est, sur le chemin qui remonte depuis la Tinée jusqu’à Ilonse, sur lequel on admirera de remarquables petits ponts en pierres sèches.

La chapelle est implantée sur un promontoire rocheux sur une fourche qui offre le choix de trois itinéraires pour rejoindre le fond de la vallée de la Tinée.
De petites dimensions, avec un auvent saillant et un petit clocher-mur muni de sa cloche, l’édifice est rectangulaire à l’intérieur, couvert par une voûte d’arêtes.

Les murs étaient autrefois recouverts de motifs floraux qui apparaissent à certains endroits sous le badigeon.

L’autel est de très belle facture. Il était accompagné d’un retable montrant saint Antoine entouré de saint Pons et saint Laurent, aujourd’hui conservé dans l’église Saint-Michel.

 

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Fontaine-lavoir

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Alimentés par une conduite longue de plusieurs centaines de mètres, la fontaine et le lavoir d’Ilonse furent construits en 1854-1855, sous l’administration sarde.

Ils présentèrent, à l’origine, de nombreux défauts qui retardèrent leur mise en service.

Le bâtiment qui abrite les bassins est en pierre de Saint-Sauveur.

Dans les années 1860, il jouxtait un moulin à huile et une chapelle

 

Four et rempart

Four à pain communal

La présence du four à pain dans ce bâtiment est attestée depuis le XIXe siècle. À côté, se trouvait l’ancienne mairie.

Le four fut rénové en 1855 puis entièrement reconstruit en pierre réfractaire de Biot en 1925.

Il est toujours en activité.

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Rempart

Sur le piton, jouxtant l’église, se trouvait un château appartenant aux comtes de Beuil.

Le village était protégé par des murailles dont on voit les vestiges du côté nord de l’église

 

Chapelle Saint-Maur, hameau d’Irougne

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Situé dans la zone de culture de l’olivier, le hameau est composé d’une dizaine de maisons.

Non loin de là, a été découverte, en 1939, une sépulture datée du Ve siècle. À l’origine, l’édifice fut une chapelle-porche dont la façade a été comblée.

La chapelle a été entièrement réhabilitée en 2001.