Plus haute commune de la vallée qui porte son nom, Entraunes s'étend sur une superficie de 8 145 ha. Son territoire, qui culmine à 2 916 m à la Pointe de l'âne, s'inscrit dans un vaste cirque montagneux. C'est dans ce domaine alpestre que le fleuve var prend sa source, au pied du col de la Cayolle. La ligne de crête, entre ce dernier col et le col des Champs, a servi de frontière entre l'État de Savoie, à qui appartenait Entraunes depuis 1388, et la Provence puis la France, jusqu'en 1860. Le village, à 1260 m d'altitude, est posé, tel un îlot, au confluent du Var et de son affluent le Bourdous. Situation, sans doute, à l'origine du nom d'Entraunes, du latin inter amnes qui signifie entre deux cours d'eau. Entraunes est mentionné pour la première fois en 1154. Son château fut détruit à la fin du Moyen Âge. Rattachés à la v iguerie de Barcelonnette, Entraunes et Saint-Martin souffrirent de leur isolement jusqu'à leur rattachement à la viguerie de Puget-Théniers, en 1718. Au XVIIIe siècle, Entraunes était la commune la plus peuplée de la vallée, avec une population entre 600 et 700 habitants, répartie entre le bourg, les écarts et le hameau d'Estenc. Tirant parti de la moindre parcelle de terre, les villageois pratiquaient la culture des céréales et l'élevage ovin. La production lainière permit, alors, de développer une industrie du drap de laine assez prospère. Au XIXe siècle, les inondations et les incendies, notamment celui de 1875, le déclin de la production drapière, provoquèrent le départ de beaucoup d'Entraunois. Malgré l'arrivée de la route, en 1890, et l'essor du tourisme estival sous l'impulsion de Victor de Cessole, érudit et alpiniste émérite, l'impact de la Grande Guerre fut très lourd et amplifia l'exode rural. Aujourd'hui la commune compte 116 habitants et développe avec énergie son patrimoine touristique, favorisée par la proximité du parc national du Mercantour, créé en 1979.