Guillaumes s’étend sur un territoire d’une superficie de 8 702 ha dans un environnement montagneux culminant à 2 581 m d’altitude, au sommet de la Peyre de Vic. L’habitat autrefois très dispersé, avec de nombreux hameaux et écarts, témoins de l’ancienne activité agro-pastorale, s’est regroupé dans le chef-lieu, en fond de vallée, au confluent du Var et du Tuébi. Le nom de Guillaumes vient du prénom d’origine germanique Guillaumes ou Guilhem, de will (volonté) et de helm (casque), sans doute en mémoire de Guillaume le Libérateur, comte de Provence, dans la deuxième moitié du Xe siècle. Mais la fondation du village semble dater de Raymond-Bérenger V, comte catalan de Provence, durant la première moitié du XIIIe siècle, date à laquelle un château et un village, à leurs emplacements actuels, sont cités. Guillaumes dépendait directement du comte de Provence et jouissait d’importantes libertés communales. En 1388, la communauté ne fit pas partie des terres concernées par la Dédition de Nice à la Savoie. Désormais, enclave provençale, puis française à partir de 1481, au milieu de terres savoyardes, elle devint le siège d’une garnison. Guillaumes bénéficiait d’un régime communal et était dirigée par quatre consuls, élus une fois par an par le conseil communal. Sa prospérité fut favorisée par son statut de « ville royale » et de chef-lieu de viguerie et par ses privilèges, accordés par les comtes de Provence. Important centre de foire dès le Moyen Âge, c’est encore, de nos jours, un important marché aux bestiaux en Provence. En 1682, le village subit un terrible incendie. En 1760, le traité de Turin rectifia la frontière ; Guillaumes fut rattachée au royaume de Piémont-Sardaigne et sa place forte démantelée. Son histoire sera désormais liée à celle du comté de Nice. L’arrivée de la route en 1884, la Première guerre mondiale et la construction du tramway en 1923, n’entrainèrent pas d’exode rural massif. Seule la population des nombreux hameaux a diminué au profit du chef-lieu.