Son vaste et beau territoire de moyenne montagne (6 259 ha), à la limite de la frontière italienne, est entièrement inscrit dans le bassin versant de la Bévéra. Au nord, le relief s'élève progressivement à 1 605 m à la Cime du Ters (point culminant), à l'est se trouve la frontière italienne et sa ligne de crête s'élevant du sud au nord. Plusieurs cols permettent d'accéder aux vallées limitrophes : à l'ouest le col de Braus, à l'est les cols de Pérus et de Brouis, au sud le col de Castillon. L'agglomération occupe, à 348 m d'altitude, le centre d'un riche bassin alluvionnaire au confluent du Merlanson et de la Bévéra. Le nom de Sospel apparaît en 1095 sous la forme de Cespedelli. Ce dernier aurait pour origine le latin caespes, pitis (motte de gazon), cespitellum, c'est-à- dire, par extension, petit domaine cultivé. En 1262, l'agglomération de Sospel, déjà importante, fut choisie comme chef- lieu de la viguerie de Vintimille et du Val de Lantosque. Lors du Grand Schisme d'Occident, en 1378, un évêque partisan du pape d'Avignon s'installa à Sospel dont l'église Saint-Michel devint alors cathédrale jusqu'en 1411. Par la suite, au-delà du Moyen Âge, l'agglomération ne se développa plus en surface et on se contenta de surélever ou de reconstruire les maisons sur place. Cependant, la prospérité de la ville resta considérable jusqu'au début du XIXe siècle, grâce au passage de la route Royale reliant Nice au Piémont, et à la richesse de son agriculture. En 1754, ses 4 100 habitants faisaient de Sospel la deuxième ville du comté après Nice. L'arrivée du chemin de fer, en 1928, et l'essor touristique observé avant 1914, ne parvinrent pas à freiner l'exode rural massif et l'abandon des campagnes sospelloises. De plus, Sospel sortit meurtri des épreuves de la deuxième guerre mondiale. Partiellement désenclavé par le rétablissement de la voie ferrée en 1979 et la pénétrante de Menton, Sospel est aujourd'hui un important centre touristique et de séjour qui a su mettre en valeur son patrimoine architectural et naturel.