Le nom de Valdeblore désigne à la fois la vallée d'origine glaciaire reliant perpendiculairement les vallées de la Vésubie et de la Tinée, et la commune aujourd'hui constituée de trois agglomérations, La Bolline, La Roche et Saint-Dalmas, et d'un hameau, Mollières. Le nom est composé du substantif val, de la racine prélatine bl (bal, bel ou bol : hauteur, rocher) et du suffixe celtique ora (pente herbeuse). Le territoire communal est vaste, 9 416 ha, et montagneux, compris entre des altitudes allant de 399 à 2 880 m (la Pointe du Geign). Le vallon de Bramafan collecte les eaux du Val de Blore et les amène jusqu'à la Tinée. La vallée, fertile, permettait toutes les cultures: froment, seigle, pomme de terre, vignes, oliviers, châtaigniers. Le domaine montagneux offrait de vastes pâturages d'altitude, exploités sous forme de vacheries estivales, et d'épaisses forêts de coniferes. Depuis la fin du Moyen Âge, l'histoire de la communauté est liée à l'existence du prieuré bénédictin de Saint-Dalmas. Entre 1656 et 1716, les trois hameaux se séparèrent, mais durent finalement se réunir en raison de la difficulté à organiser la division des pâturages communaux. En 1860, l'annexion du comté de Nice à la France ne fut obtenue que moyennant un nouveau tracé de la frontière laissant à l'Italie une partie des territoires des communes du haut-pays, ce qui fut le cas de Valdeblore. En 1947, le traité franco-italien permit de régulariser la frontière. Entre-temps, la commune avait connu un début d'essor touristique, comme station d'été mais aussi dans le domaine des sports d'hiver avec la Colmiane. À partir de 1960, l'importance économique de la station grandit, compensant en partie l'exode des populations rurales vers le littoral.