Le patrimoine Préhistorique

Les nombreux sites préhistoriques des Alpes-Maritimes permettent de retracer un million d’années d’évolution des civilisations préhistoriques, du Paléolithique inférieur à la Protohistoire, qui vont mener l’homme à perfectionner l’outil, à maîtriser l’énergie en domestiquant le feu, à conceptualiser, à ritualiser et également à se sédentariser.

Image en taille réelle, .JPG 704Ko (fenêtre modale)|Reconstitution d'Homo sapiens par Bernard MAGNALDI© DR

A ce jour, les plus anciennes occupations humaines des Alpes-Maritimes, qui ont été mises en évidence dès 1958 dans la grotte du Vallonnet à Roquebrune-Cap-Martin, datent d’un million d’années. Cette petite cavité, qui figure parmi les plus anciens sites préhistoriques de France méridionale, a en effet été occupée en alternance par des grands mammifères (ours, loup, lynx, renard, guépard et hyène notamment) et des hominidés (Homo antecessor). La découverte récente d’outils lithiques archaïques à Saint-Isidore (commune de Nice), dans la localité dite du Vallon obscur, confirme la présence d’hommes préhistoriques sur le littoral des Alpes-Maritimes dès le Paléolithique inférieur ancien.

Découvert en 1966 à l’occasion d’une fouille de sauvetage, le site Paléolithique inférieur de Terra Amata, à Nice, témoigne de l’installation périodique de groupes de chasseurs préhistoriques (Homo heidelbergensis) sur le littoral niçois, non loin de l’embouchure originelle du Paillon, il y a 400 000 ans environ. L’outillage lithique est essentiellement constitué de galets aménagés (choppers et plus rarement chopping-tools). La présence de pics, de hachereaux et de quelques bifaces est remarquable et permet d’attribuer le gisement à l’Acheuléen. Les restes paléontologiques indiquent que les hommes préhistoriques  chassaient principalement le cerf, l’éléphant, l’aurochs le daim et le sanglier. Enfin, le site de Terra Amata a livré des foyers qui figurent parmi les plus anciens connus à ce jour.

Propriété du Département des Alpes-Maritimes et site classé Monument historique depuis 1963, la grotte du Lazaret, à Nice, renferme des dépôts témoignant d’une occupation périodique par des groupes humains, de – 200 000 à – 130 000 ans. La grotte du Lazaret est un gisement préhistorique d’intérêt scientifique et culturel international qui permet d’appréhender de façon détaillée, non seulement la transition entre deux périodes culturelles majeures des temps préhistoriques que sont le Paléolithique inférieur et le Paléolithique moyen, mais également de comprendre l’émergence de l’Homme de Néandertal (Homo neanderthalensis) qui demeure l’un des processus les plus fascinants de l’évolution humaine, grâce aux nombreux restes anthropiques découverts dans le site.

Les civilisations de l’Homme de Néandertal (Homo neanderthalensis) sont connues à Pié Lombard (Tourrettes-sur-Loup) et à la grotte du Merle (Tourrette-Levens). Ces deux gisements apportent des données inédites sur l’évolution des environnements et des climats au cours de la première moitié du Pléistocène supérieur. Ils permettent également d’appréhender le comportement et le mode vie d’Homo neanderthalensis à l’interface des Alpes les plus méridionales et de l’étroite bande côtière liguro-provençale

Les civilisations du Paléolithique supérieur sont notamment documentées grâce à la Baume Périgaud, à Tourrette-Levens, qui a livré des informations précieuses sur l’arrivée et l’installation de l’Homme moderne (Homo sapiens) sur les rivages méditerranéens de France, à partir de - 34 000 ans, à l’issue de la disparition de l’Homme de Néandertal.

Il y a 10 000 ans environ, le Néolithique des agriculteurs et pasteurs sédentaires a succédé au Paléolithique des nomades chasseurs-cueilleurs. A Nice, le site de Caucade constitue un des plus anciens établissements néolithiques du littoral français (5 600 – 3 650 av. J.-C). A Castellar, les fouilles effectuées au cours des dernières décennies dans l’abri Pendimoun ont permis de mettre au jour plus de trente niveaux archéologiques datant de 5 500 à 2 000 av. J.-C.

Enfin, dans la région du mont Bego, à Tende, les gravures rupestres du Chalcolithique et de l’âge du Bronze ancien (2 800 à 1 500 av. J.-C) de la vallée des Merveilles et du val de Fontanalba livrent des informations essentielles pour la compréhension de la vie quotidienne, des cultes et des croyances des premières civilisations protohistoriques agro-pastorales des hautes vallées alpines.