À qui s’adresse le dépistage organisé du cancer du sein ? Que se passe-t-il après une mammographie ? Quels accompagnements existent pendant les traitements et après la maladie ? À l’occasion d’Octobre Rose, faisons le point sur les principaux repères à connaître, des premiers gestes de prévention au suivi après cancer.

Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez la femme en France. En 2023, plus de 61 000 nouveaux cas ont été estimés. Près de 80 % des cancers du sein surviennent après 50 ans, ce qui explique notamment la mise en place d’un programme national de dépistage organisé pour les femmes de 50 à 74 ans.

Dans les Alpes-Maritimes, 475 cancers du sein ont été détectés dans le cadre de ce programme en 2024 et 2025. Sur la même période, le taux de participation au dépistage organisé s’établit à 33,6 % dans le département, contre 45,7 % au niveau national.

Tout savoir sur le dépistage

Qui est concerné ?

Le dépistage du cancer du sein s’adresse aux femmes âgées de 50 à 74 ans qui ne présentent pas de symptôme et qui n’ont pas de facteur de risque particulier autre que leur âge.

Les femmes présentant un risque élevé ou très élevé bénéficient, elles, d’un suivi adapté à leur situation avec leur médecin.

Comment ça marche ?

La mammographie est une radiographie des seins réalisée avec des rayons X à faible dose. Le radiologue examine les clichés et communique un premier résultat. Dans le cadre du dépistage organisé, une seconde lecture des mammographies est prévue afin d’améliorer la détection d’éventuelles anomalies. Si une anomalie est repérée, des examens complémentaires peuvent être prescrits pour établir ou écarter un diagnostic.

  • Tous les deux ans, les femmes concernées sont invitées par l’Assurance Maladie à réaliser une mammographie de dépistage. Dans le cadre de ce programme, l’examen est pris en charge à 100 % sans avance de frais. Les relances sont également assurées par l’Assurance Maladie lorsqu’aucune mammographie n’a été réalisée après l’invitation.

Quand faut-il consulter sans attendre ?

L’Assurance Maladie recommande notamment de consulter en présence :

  • d’une grosseur dans un sein ou au niveau d’une aisselle ;
  • d’une modification récente de la forme du sein ;
  • d’une rétraction ou d’une modification du mamelon ;
  • d’une rougeur, d’un œdème ou d’une chaleur inhabituelle d’une zone du sein ;
  • d’un aspect de peau d’orange ;
  • d’une douleur mammaire localisée ;
  • d’un écoulement anormal par le mamelon.

Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer, mais ils nécessitent un avis médical afin d’en rechercher la cause.

Dépistage du cancer du sein : 5 idées reçues à écarter

"Je n’ai aucun symptôme, je n’ai donc pas besoin de faire de mammographie"
C’est précisément lorsque la femme ne présente pas de symptôme que le dépistage intervient. Son objectif est de repérer d’éventuelles anomalies avant l’apparition de signes cliniques.

"Sans antécédent familial, je ne suis pas concernée"
Le dépistage proposé entre 50 et 74 ans concerne également les femmes sans antécédent particulier. À l’inverse, certaines situations familiales, génétiques ou médicales peuvent justifier une surveillance spécifique : elles doivent être discutées avec un professionnel de santé.

"Une mammographie normale suffit pour les années à venir"
Le programme prévoit un dépistage tous les deux ans entre 50 et 74 ans. Une mammographie précédente sans anomalie ne dispense donc pas des examens suivants.

"Le dépistage organisé concerne toutes les femmes, quel que soit leur âge"
Le programme national cible les femmes âgées de 50 à 74 ans présentant un niveau de risque considéré comme moyen. Avant 50 ans, après 74 ans ou en présence de facteurs de risque particuliers, la surveillance est déterminée avec le médecin en fonction de la situation individuelle.

"Si une anomalie apparaît, je peux attendre ma prochaine mammographie"
Non. Une modification inhabituelle du sein doit conduire à consulter un professionnel de santé, quel que soit l’âge et sans attendre la prochaine invitation au dépistage.

Après le diagnostic : les soins ne se limitent pas aux traitements du cancer

Chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie ou thérapies ciblées peuvent intervenir dans la prise en charge d’un cancer du sein, selon les caractéristiques de la maladie et la situation de chaque patiente. Le traitement est défini par une équipe médicale pluridisciplinaire.

Mais le parcours de soins ne s’arrête pas aux traitements directement dirigés contre le cancer. Les soins oncologiques de support regroupent les accompagnements destinés à préserver autant que possible la qualité de vie physique, psychologique et sociale pendant et après la maladie. Ils font partie intégrante du parcours de soins.

Ils peuvent notamment concerner :
  • la prise en charge de la douleur et de la fatigue ;
  • l’accompagnement nutritionnel ;
  • le soutien psychologique ;
  • les difficultés sociales, familiales ou professionnelles ;
  • l’activité physique adaptée ;
  • la santé sexuelle ;
  • l’image de soi ;
  • le soutien aux proches et aux aidants.

Dans les Alpes-Maritimes, où trouver un accompagnement ?

Le Centre Antoine Lacassagne

À Nice, le Centre Antoine Lacassagne assure une prise en charge spécialisée des cancers du sein au sein de son Institut Universitaire du Sein et de Cancérologie Gynécologique. Son parcours associe notamment diagnostic, chirurgie, oncologie médicale, radiothérapie, oncogénétique et soins de support. Le Centre dispose également d’un Département interdisciplinaire de soins de support en oncologie (DISSPO).

L'Institut Mozart

Également situé à Nice, il propose un accompagnement complémentaire aux personnes atteintes d’un cancer et à leurs proches : soutien psychologique, activité physique adaptée, diététique, socio-esthétique, informations sociales ou professionnelles et orientation dans le parcours. Certaines de ses interventions sont également délocalisées dans différentes communes du département afin de faciliter l’accès aux soins de support des personnes qui rencontrent des difficultés géographiques ou médicales pour se déplacer jusqu’à Nice.

Après les traitements, retrouver progressivement ses repères

La fin des traitements actifs ne signifie pas nécessairement la fin des difficultés liées à la maladie. Fatigue, effets secondaires persistants, reprise d’une activité physique, alimentation, image de soi, retour au travail ou inquiétude face à une éventuelle récidive peuvent continuer à avoir un impact sur le quotidien.

Le suivi après cancer permet donc à la fois d’assurer une surveillance médicale et d’identifier les besoins qui persistent. Des bilans et consultations d’activité physique adaptée, de nutrition ou de soutien psychologique peuvent notamment être prescrits dans certaines situations après la fin des traitements.

L’activité physique adaptée peut par exemple contribuer à améliorer la qualité de vie et à réduire la fatigue pendant et après le cancer, à condition qu’elle soit adaptée à la situation médicale et aux capacités de la personne.

Les proches aussi peuvent avoir besoin de soutien

Un cancer bouleverse la vie de la personne malade, mais aussi souvent celle de son entourage. Accompagner les rendez-vous médicaux, réorganiser le quotidien, gérer les inquiétudes ou concilier le rôle d’aidant avec sa propre vie peuvent devenir difficiles sur la durée.

Les soins de support prennent donc également en compte les besoins des proches et des aidants. Le soutien psychologique des proches fait notamment partie des soins de support identifiés au niveau national.

Dans les Alpes-Maritimes, l’Institut Mozart propose par exemple un accompagnement psychologique destiné aux proches et aux aidants.

Un parcours qui ne se résume pas au dépistage

Le dépistage constitue une étape importante dans la lutte contre le cancer du sein, mais il s’inscrit dans un parcours plus large : repérer une éventuelle anomalie, établir un diagnostic, proposer un traitement adapté, accompagner les conséquences de la maladie puis assurer le suivi après les traitements. À chaque étape, le médecin traitant, le gynécologue ou l’équipe qui assure la prise en charge du cancer peuvent orienter vers les examens, les professionnels et les dispositifs adaptés à chaque situation.