Pleins et déliés : histoire de l'écriture

L'écriture gothique

Au début du XIIIe siècle l’écriture se différencie en écriture calligraphique et écriture cursive. La première est réservée aux manuscrits prestigieux (livres, actes importants). L’écriture gothique calligraphique est anguleuse et régulière. C’est dans les textes gothiques qu’apparaissent pour la première fois ensemble les lettres majuscules et les lettres minuscules.

Les lettres majuscules sont fréquemment décorées et ornées. Ces lettrines présentent des aspects variés, de la lettre colorée à des personnages mis en scènes, en passant par des formes florales, animales ou abstraites.

A partir du XIIIe siècle ou du XIVe siècle selon les régions, dans les textes courants où la langue parlée commence à remplacer le latin, on pratique l’écriture gothique cursive qui permet aux clercs de gagner du temps en ne levant plus la main entre chaque lettre. Les liaisons se font désormais de pieds en tête.

Les abréviations par contractions se généralisent à partir du XIVe siècle. Signalées par un tilde (trait au-dessus du mot abrégé) elles atteignent jusqu’à la moitié % d’un texte d’où un gain de place et de temps.

L’emploi courant de l’écrit et les déformations de l’écriture gothique cursive aboutissent à la fin du XVe des écritures difficilement lisibles.

Les humanistes de Florence en Italie, réagissent face à l’évolution de la cursive gothique. L’un d’eux, Pétrarque (1304-1374), le célèbre humaniste florentin, fut particulièrement sensible à cette crise des écritures gothiques et il en a laissé une analyse brève et précise dans un texte célèbre, il parle de « cette écriture relâchée et exubérante qui est l’apanage des scribes ou, pour mieux dire, des peintres de notre temps et qui brouille les yeux de loin, les fatigue de près, comme si elle avait été inventée pour tout autre chose que pour être lue". Il prône l’utilisation d’ "un autre type d’écriture, soignée celle-là, claire, s’adaptant de soi-même à l’œil et dans laquelle on a respecté à la fois les règles de l’orthographe et de la grammaire ».

En s’inspirant de l’écriture onciale et caroline, ils créent vers 1500 une écriture ronde, l’humanistique, ancêtre de l’italique d’imprimerie. En France cependant la cursive gothique demeure l’écriture courante des notaires, des greffiers et des particuliers.

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Cartulaire de l'abbaye de Lérins :

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Ecriture gothique avec lettrine :

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Inventaire des reliques de l'église Saint-Dominique :

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Comptes du receveur général des droits de Nice :

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Page d'antiphonaire avec lettrines :

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Parchemin avec sceau, intervention de Charles VIII en faveur d'Honoré de Beuil :

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Ecriture gothique, statut de la gabelle de Nice :

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