La Côte d’Azur, une terre de cinéma mondialement reconnue
Le lien entre la Côte d’Azur et le cinéma remonte aux origines mêmes du 7e art. Dès le début du XXe siècle, réalisateurs et producteurs sont attirés par une lumière naturelle exceptionnelle et une diversité de paysages rare en Europe. Très vite, Nice s’impose comme un centre de production majeur, capable d’accueillir des tournages ambitieux.
Plus de 500 films y ont été tournés, de Nice à Cannes, en passant par Menton, Èze ou Grasse. Porté par des conditions de tournage idéales et le rayonnement du Festival International du Film de Cannes, le département des Alpes-Maritimes s’est imposé comme un haut lieu du cinéma international, souvent qualifié de “Hollywood méditerranéen”.
Les studios de la Victorine, un Hollywood à la niçoise
Les Studios de la Victorine occupent une place centrale. Créés au début du XXe siècle par le producteur Louis Nalpas avec l’appui de Serge Sandberg, ces studios voient le jour sur une vaste propriété de sept hectares sur les hauteurs de Nice. Conçus par l’architecte Édouard Niermans, déjà à l’origine du Negresco, ils ambitionnent dès l’origine de devenir le plus grand complexe cinématographique d’Europe.
Très rapidement, les plus grands cinéastes s’y pressent. Abel Gance y tourne La Roue, tandis que les productions s’enchaînent, attirant des figures majeures comme Marcel Pagnol, Luis Buñuel ou encore François Truffaut. Pendant plusieurs décennies, la Victorine rivalise avec Hollywood, tant par l’ampleur de ses productions que par la créativité de ses équipes. L’un des épisodes les plus marquants reste le tournage Les Enfants du Paradis de Marcel Carné en 1943.
Quelques années plus tard, La Nuit américaine, tourné à la Victorine, met en abyme le cinéma lui-même. Inspiré par les décors laissés à l’abandon dans les studios, le film remporte l’Oscar du meilleur film étranger et contribue à renforcer la légende du lieu.
Dans les années 1980, les studios continuent d’attirer des productions internationales, rivalisant avec Cinecittà à Rome ou Pinewood à Londres.
Aujourd’hui rebaptisés “Studios Riviera”, ils ont accueilli plus de 500 films parlants et 200 films muets, et continuent de recevoir tournages de films, séries, publicités et clips.
Une carte postale devenue mythe au cinéma
Parmi les œuvres fondatrices, difficile de ne pas citer La Main au collet, réalisé par Alfred Hitchcock. Avec Cary Grant et Grace Kelly, le film offre une vitrine spectaculaire de la Côte d’Azur. Hitchcock y exploite la Grande Corniche, entre Nice et Monaco, pour des scènes de poursuite devenues mythiques. Le Vieux-Nice, notamment le Cours Saleya, apparaît également à l’écran.
À partir des années 1990, le territoire change de registre. Avec Ronin, réalisé par John Frankenheimer, la Côte d’Azur devient un terrain d’action. Robert De Niro et Jean Reno y évoluent dans une ville de Nice transformée pour les besoins du tournage.
Dans un registre plus léger, Brice de Nice, réalisé par James Huth, inscrit définitivement la ville dans la culture populaire grâce à Jean Dujardin.
Dans une vision plus contemporaine, Mascarade, réalisé par Nicolas Bedos, propose une lecture renouvelée de la Riviera, avec Pierre Niney, Marine Vacth et Isabelle Adjani. Dans la même logique, Mea Culpa de Fred Cavayé, avec Vincent Lindon et Gilles Lellouche, explore une Côte d’Azur plus brute, tournée vers l’arrière-pays.
Un territoire qui se réinvente à l’écran
Au fil du temps, les Alpes-Maritimes ont évolué dans leur représentation cinématographique. D’un décor de carte postale, elles sont devenues un terrain d’expression plus nuancé, capable d’accueillir des récits modernes et variés.
Aujourd’hui, au-delà du cinéma, clips, documentaires et formats courts participent à renouveler cette image, notamment à Nice et Cannes, confirmant le rôle du territoire comme un espace de création en constante évolution.