Le 8 novembre 2026, les coureurs de la 18e édition du Marathon des Alpes-Maritimes Nice-Cannes prendront le départ à Nice avant de rejoindre Cannes. Entre les deux, le tracé longe la Méditerranée et traverse successivement Saint-Laurent-du-Var, Cagnes-sur-Mer, Villeneuve-Loubet, Antibes Juan-les-Pins et Vallauris Golfe-Juan. Une succession de paysages qui fait aussi du parcours un véritable condensé du patrimoine azuréen.
La Promenade des Anglais : un lieu de départ chargé d'histoire
C’est ici que tout commence. Face au Théâtre de Verdure, les coureurs s’élancent sur l'une des promenades les plus connues au monde. La Promenade des Anglais doit son nom aux britanniques installés à Nice au XIXe siècle. Dès 1822, le révérend Lewis Way collecte auprès de cette communauté les fonds nécessaires à l’aménagement d’un chemin en bord de mer. Les Niçois le surnomment alors le "Camin dei Inglés". Il prend officiellement le nom de Promenade des Anglais en 1844.
Aujourd'hui, la "Prom'" est foulées par des millions de visiteurs et de locaux et attire les sportifs les plus chevronnés à l'occasion de compétitions internationales telles que le Marathon des Alpes-Maritimes Nice-Cannes ou encore l'Ironman.
Au delà d'être un terrain de jeu pour les sportifs internationaux et les Niçois, la Promenade des Anglais a contribué à inscrire la ville sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO au titre de "Nice, la ville de la villégiature d’hiver de Riviera", en 2021.
Le Cros-de-Cagnes : quand le littoral vivait au rythme des pêcheurs
Dans le prolongement de la Promenade des Anglais, Cagnes-sur-Mer conserve encore les traces d’un tout autre rapport à la Méditerranée.
Le Cros-de-Cagnes n’était, au lendemain de la Révolution française, qu’un rivage de marécages et de galets fréquenté par des pêcheurs venus notamment de Menton. Certains décident progressivement de s’y installer. Le village se structure autour de cette activité maritime et, en 1866, les pêcheurs font édifier une chapelle placée sous la protection de Saint-Pierre.
La pêche atteint son apogée entre les années 1920 et 1930 : le Cros compte alors une centaine de bateaux et environ 200 pêcheurs. Aujourd’hui encore, pointus, port-abri et maisons typiques rappellent ce passé.
Marina Baie des Anges : une prouesse architecturale
Difficile de la manquer. À Villeneuve-Loubet, les quatre grandes silhouettes blanches de Marina Baie des Anges apparaissent sur le littoral comme l’un des grands repères visuels du parcours. Le 20 km Nice–Villeneuve-Loubet, organisé en parallèle du marathon, se termine d’ailleurs face à ces quatre bâtiments.
L'Amiral (livré en 1970), Le Commodore (livré en 1972), Le Ducal (livré en 1976) et Le Baronnet (achevé en 1993) font de Marine Baie des Anges une référence du patrimoine maralpin. Avec leurs gradins et leurs formes ondulées tournées vers la Méditerranée, ces immeubles constituent l’un des ensembles architecturaux les plus reconnaissables de la Côte d’Azur. Le site est aujourd’hui labellisé au titre du patrimoine architectural du XXe siècle.
Les remparts d’Antibes : les traces d’une ancienne ville frontière
En arrivant à Antibes, le paysage change. Le Vieil Antibes et ses fortifications rappellent que la ville fut pendant plusieurs siècles une place stratégique. Avant 1860, le Var marque la frontière entre la France et le royaume de Piémont-Sardaigne. Antibes joue alors un rôle de verrou défensif sur cette frontière. Ses fortifications sont renforcées au fil du temps, notamment à l’époque de Vauban.
À la fin du XIXe siècle, une partie des remparts est démolie pour permettre son développement. Ceux tournés vers la mer ont en revanche traversé les siècles et composent aujourd’hui l’un des panoramas les plus caractéristiques d’Antibes.
Le passage sur les remparts d’Antibes compte parmi les temps forts de la course. Entre les vieilles pierres et la Méditerranée, le décor offre l’un des points de vue les plus saisissants de la course, souvent immortalisé par les participants au fil de leur passage.
Juan-les-Pins : des Années folles au jazz
Après les vieilles pierres d’Antibes, place à l’ambiance balnéaire de Juan-les-Pins. Créée comme station balnéaire à la fin du XIXe siècle, Juan-les-Pins connaît un véritable essor dans les années 1920.
La Côte d’Azur attire alors une clientèle internationale et la station devient notamment un lieu fréquenté par la société américaine.
Quelques décennies plus tard, son histoire se lie étroitement au jazz. Duke Ellington, Ella Fitzgerald ou encore Charles Mingus font partie des artistes qui ont marqué les grandes heures de la Pinède.
Le parcours du marathon longe ainsi un littoral où se rencontrent plage, architecture de villégiature et culture musicale.
Golfe-Juan : ici commença le retour de Napoléon
Aux environs du 36e kilomètre, les coureurs atteignent Vallauris Golfe-Juan. Le parcours continue sur le bord de mer avant de faire un crochet dans la ville où Napoléon y a laissé une trace indélébile.
Derrière son port méditerranéen se cache l’un des épisodes les plus célèbres de l’histoire de France : le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan après son exil sur l’île d’Elbe. Cet épisode marque le début de son retour au pouvoir, connu sous le nom des "Cent-Jours", qui s’achèvera quelques mois plus tard après la défaite de Waterloo.
C’est également de Golfe-Juan que part aujourd’hui la Route Napoléon, qui retrace son itinéraire vers Grenoble puis Paris. Sur le port, une stèle rappelle toujours ce fait historique : "Ici débarqua Napoléon le 1er mars 1815".
La Croisette : d’un chemin de sable à une avenue mondialement connue
Après plus de 42 kilomètres, la ligne d’arrivée attend les marathoniens à Cannes, sur le mythique boulevard de la Croisette.
Avant son aménagement dans les années 1850, la Croisette n’était qu’un chemin sinueux et sableux. Des dunes recouvraient alors le rivage et pouvaient atteindre jusqu’à quinze mètres de hauteur.
L'arrivée de visiteurs étrangers, le développement du chemin de fer et celui de la villégiature transforment progressivement le littoral cannois.
Palaces, promenade et établissements de loisirs donnent au boulevard le visage qu’on lui connaît aujourd’hui, avant que le Festival de Cannes ne contribue à sa renommée internationale.
42,195 kilomètres… et plusieurs siècles d’histoire
Promenade née sous l’impulsion des hivernants britanniques, ancien village de pêcheurs, architecture du XXe siècle, ville fortifiée, station des Années folles, débarquement napoléonien puis boulevard du cinéma : le parcours entre Nice et Cannes traverse bien plus qu’un décor de bord de mer.
Le 8 novembre, certains mettront quelques heures à parcourir ces 42,195 kilomètres. Mais rien n’empêche de reprendre ensuite le même itinéraire plus lentement, en train, à vélo ou à pied par portions, pour s’arrêter là où les marathoniens n’auront fait que passer.