D’où vient le mouvement Movember ?
Tout commence en 2003 à Melbourne, en Australie. Deux amis cherchent alors à remettre la moustache au goût du jour et convainquent leur entourage de relever le défi avec eux. Inspirés par une collecte organisée autour du cancer du sein, ils décident rapidement d’associer cette initiative à une cause : la santé masculine et, à l’origine, le cancer de la prostate.
Le nom "Movember" est ainsi construit autour de "Mo", diminutif australien de moustache, et de November.
Plus de vingt ans plus tard, le mouvement a largement dépassé la simple tendance capillaire. Il utilise ce symbole visible pour faire parler de sujets de santé parfois peu abordés.
La moustache, mais pas seulement...
Le principe historique de Movember reste simple : commencer le mois rasé de près et laisser pousser sa moustache pendant novembre. L’objectif est qu’elle se remarque, suscite une question et permette d’engager la conversation autour de la santé masculine. Mais il n’est pas nécessaire de porter la moustache pour participer. Movember propose aujourd’hui plusieurs façons de prendre part au mouvement. Il est notamment possible de :
- laisser pousser sa moustache pendant le mois ;
- marcher ou courir 60 kilomètres en novembre ;
- organiser un événement avec ses proches, ses collègues ou son association ;
- imaginer son propre défi ;
- participer à une collecte de fonds.
Les participants peuvent s’inscrire sur le site de Movember et créer leur propre espace pour suivre leur défi ou leur collecte.
Pourquoi 60 kilomètres ?
Le défi "Move for Movember" consiste à marcher ou courir 60 kilomètres au cours du mois, à son rythme et en autant de sorties que nécessaire. Ce nombre n’a pas été choisi au hasard : selon Movember, il symbolise les 60 hommes qui meurent par suicide chaque heure dans le monde. Le défi permet ainsi de remettre la santé mentale au cœur du mouvement. L’enjeu n’est donc pas la performance sportive. Quelques kilomètres de marche peuvent être cumulés progressivement tout au long du mois.
Participer, c’est aussi simplement en parler
Pour participer, courir ou se tailler une moustache ne sont pas obligatoires. Il suffit d'ouvrir la discussion autour de la santé masculine, prendre des nouvelles d’un proche, ne pas laisser traîner une question de santé ou consulter lorsqu’un symptôme inhabituel persiste. Le mois de novembre sert ainsi de point de départ pour parler plus facilement de sujets qui restent parfois difficiles à aborder.
Quels sujets de santé sont concernés ?
Derrière Movember, trois sujets sont principalement mis en avant : le cancer de la prostate, le cancer des testicules et la santé mentale, dont notamment la prévention du suicide.
En France, il n’existe pas de dépistage systématique du cancer de la prostate recommandé à tous les hommes sans symptôme. La question du dépistage peut être abordée individuellement avec son médecin. Pour le cancer des testicules, une masse, un gonflement ou une gêne qui persiste plusieurs jours doit amener à consulter. Enfin, la santé mentale constitue une part importante du message porté par Movember : parler de ses difficultés et demander de l’aide lorsque cela devient nécessaire font aussi partie des réflexes de prévention.
Dans les Alpes-Maritimes, vers qui se tourner ?
Pour toute question concernant sa santé, le médecin traitant reste le premier interlocuteur. Il peut effectuer un premier bilan et orienter vers un spécialiste si nécessaire.
Le service d’urologie-andrologie du CHU de Nice prend notamment en charge les cancers urologiques, dont les cancers de la prostate et des testicules, en lien avec le Centre Antoine Lacassagne. Le CHU dispose également d’une filière de prise en charge rapide pour les cancers des testicules.
Le Centre Antoine Lacassagne prend en charge les cancers uro-néphrologiques à différents stades de la maladie, notamment en partenariat avec le CHU de Nice.
L’Institut Mozart accueille également les personnes touchées par un cancer et leurs proches. Il propose gratuitement des soins de support et différents accompagnements : soutien psychologique, activité physique adaptée, diététique ou encore accompagnement social et professionnel.
Enfin, en cas de souffrance psychique ou d’idées suicidaires, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible gratuitement 24 h/24 et 7 j/7, pour la personne concernée comme pour son entourage. En cas de danger immédiat, il faut contacter le 15 ou le 112. En savoir plus sur le 3114.
Movember, et après ?
Movember ne se résume finalement ni à une moustache ni à un défi sprotif. Le mouvement utilise ces codes pour faire passer un message simple : parler davantage de santé masculine et encourager chacun à être attentif à sa santé comme à celle de ses proches.
Un réflexe qui, lui, ne s’arrête pas au 30 novembre.