Route du Baroque

Miséricorde

Église Saint-Gaétan dite chapelle de la Miséricorde. 1740-1786. Située au centre du cours Saleya, dans une zone "tampon" entre la cité médiévale et l’extension de la Ville Neuve, l’église reflète cette séparation urbaine et joue le rôle de volume de résolution.

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Son plan est adapté à un espace restreint. L’église est intégrée, imbriquée dans le couvent. En fait, les deux unités architecturales se superposent. La seule possibilité de différenciation des deux espaces est donnée par les oculi.
Ils sont de biais et trèflés pour la zone conventuelle, ovales pour la zone ecclésiale.

La façade se développe sur deux niveaux d’élévation.

  • Le premier niveau correspond au développement de l’espace intérieur.La travée centrale se gonfle, adoptant une courbure convexe, seule véritable animation "décorative" de ce niveau, annonçant un plan centré en ellipse.
  • Le second niveau propre aux deux espaces (conventuel et ecclésial) ne coïncide avec le premier niveau que pour la zone médiane marquée par un oculus ovale qui correspond avec les tribunes de l’église. Toute la façade s’articule sur l’expansion verticale d’un espace centralisé.

A l’intérieur s’ouvre un espace elliptique dont le grand axe est celui de la nef. Tout autour se distribuent, deux à deux, des chapelles, elles aussi de plan elliptique. Un vestibule très court s’inscrit, débordant légèrement en imprimant le bombement extérieur de la façade. Symétriquement au vestibule, on note le développement du chœur circulaire plus vaste.

Tout l’édifice se détermine vis-à-vis d’un rythme ternaire. Trois ellipses sont opposées à trois autres. Elles sont toutes sécantes à l’ellipse principale. Cette construction provoque un effet tourbillonnant, accentué par le fait que l’édifice ne présente aucune ligne droite (même les pilastres sont incurvés). Le décor ascendant reprend cette organisation tripartite.

Sur chaque chapelle, deux culs-de-four et un arc aveugle convergent vers la voûte centrale qui repose sur six pendentifs.

La coupole apaise le mouvement, peinte "à ciel ouvert", elle redonne la lecture du plan ovale de base.